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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


93,5% des cimetières de Gaza détruits : l’ONG Euro-Med dénonce un ciblage délibéré

Publié par Gilles Munier sur 18 Mars 2026, 06:56am

Catégories : #Gaza, #Netanyahou, #Sionisme

Un rapport de l’organisme Euro-Med Monitor démontre que 93,5% des cimetières de Gaza ont été détruits par Israël, un chiffre qui vient souligner l’intention génocidaire de la campagne militaire israélienne en cours depuis 29 mois à Gaza.

Par l’Agence Média Palestine (revue de presse - 17 mars 2026)*

L’équipe d’Euro-Med Monitor a analysé les données de 62 cimetières officiels répartis dans les cinq gouvernorats de la bande de Gaza. Elle a constaté que l’armée israélienne avait entièrement rasé et détruit les tombes de 39 cimetières (environ 62,9 % du total) et partiellement endommagé 19 autres (environ 30,6 %). Seuls quatre cimetières, soit 6,4 %, sont restés intacts.

Dans ce rapport glaçant, Euro-Med souligne l’intention génocidaire israélienne qui se dévoile dans cette pratique délibérée de destruction des lieux de sépulture palestiniens, qui prive les familles de leur droit humain et religieux de connaître le sort et le lieu d’inhumation de leurs proches, et de leur rendre visite, causant un préjudice psychologique et spirituel profond et durable.

“Transformer les cimetières en cibles militaires, les raser au bulldozer, mélanger les restes et retirer les pierres tombales ne se contente pas de violer le caractère sacré des morts. Cela touche trois sphères interdépendantes”, détaille le rapport d’Euro-Med :
Premièrement, cela compromet les preuves en entravant l’identification des victimes, la détermination des causes de décès et la conservation des preuves nécessaires à l’établissement des responsabilités.
Deuxièmement, cela perpétue la perte en privant les familles d’un enterrement et d’un deuil dignes tout en laissant le sort des victimes en suspens.
Troisièmement, cela efface la mémoire et l’identité en supprimant les signes matériels qui incarnent la continuité générationnelle et le lien du groupe avec sa terre.”

Destruction délibérée

En droit international, les lieux de sépulture sont considérés comme des biens communs et sont protégés contre les attaques ou la destruction, à moins que cette protection ne soit exceptionnellement et manifestement perdue en raison d’une utilisation militaire, ce que les faits largement documentés ne corroborent pas.

Les bombardements massivement menés par Israël au cours des 29 mois écoulés de génocide ont concerné l’ensemble des bâtiments, infrastructures, terres agricoles de la bande de Gaza, provoquant des dégats généralisés. Mais la proportion de cimetières endommagés est sensiblement plus élevée que celle des bâtiments touchés (93,5% des cimetières contre 80% des bâtiments), ce qui témoigne qu’Israël n’a pas seulement failli à les protéger, mais qu’il ont bien été délibérément ciblés.

Euro-Med affirme que la destruction généralisée et directe des cimetières dans la bande de Gaza n’était ni accessoire aux opérations militaires, ni justifiée par une “nécessité militaire”. 

“ll s’agissait plutôt d’un effort délibéré et planifié visant à entraver l’identification et la documentation des dépouilles et à perturber toute procédure ultérieure d’identification, d’examen ou d’exhumation légale”, explique Euro-Med, qui rappelle que “cela constitue une violation manifeste du droit international humanitaire, qui exige le traitement respectueux des morts, la protection et l’entretien des tombes, l’enregistrement des données d’identité et le marquage clair des lieux d’inhumation afin de permettre une identification ultérieure.”

Outre des destructions par frappes aériennes, l’armée israélienne a délibérément exhumé des tombes sous prétexte de rechercher les corps de détenus israéliens. Ces actions ont été menées sans procédures documentées et vérifiables, sans contrôle indépendant, sans chaîne de conservation claire ni processus de remise, dénonce Euro-Med.

Les forces israéliennes ont retiré des centaines de corps de leurs lieux de sépulture, mélangé les restes, omis de les restituer à leurs emplacements d’origine et n’ont fourni aucune donnée d’identification ou biologique permettant la vérification ou la documentation, rendant ainsi la récupération et l’identification des restes extrêmement difficiles et soulignant l’apartheid pratiqué jusque dans la mort à l’encontre des Palestinien-nes.

Intention génocidaire

Ces pratiques reflètent une intention de déshumanisation, traitant les corps palestiniens comme des objets à confisquer, à mélanger et à dissimuler plutôt que comme les restes d’êtres humains dotés d’un nom, d’une dignité et de droits. 

Pour Euro-Med, cela constitue “une violation aggravée qui prive les morts de leur dignité, les réduit à l’état de cadavres non identifiés, prive les familles de leur droit humanitaire et religieux de connaître le sort de leurs proches et d’accomplir les rites de deuil et d’inhumation, et compromet la préservation des archives historiques et civiles liées à l’identité et à l’inhumation.”

L’organisation souligne que cette pratique est indissociable du génocide dans lequel elle s’inscrit, en ce qu’elle témoigne d’une volonté d’effacement et vise un groupe et les conditions matérielles et morales de sa survie.

Elle ajoute que “ce schéma a des précédents dans les génocides et les massacres. Les archives historiques montrent que les autorités nazies ont tenté d’effacer les preuves en exhumant et en brûlant les corps et en dissimulant les lieux d’inhumation. Les enquêtes internationales menées à la suite du massacre de Srebrenica en Bosnie ont révélé que le transfert des dépouilles et la création de ‘fosses secondaires’ compliquaient l’identification et la documentation.”

Euro-Med appelle dans son rapport la Cour de justice internationale (ICJ) à s’emparer de ces chiffres pour appuyer la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud en décembre 2023, affirmant qu’ils constituent “des indicateurs concrets d’un schéma systématique de conduite visant le groupe palestinien et attestant d’une intention génocidaire spécifique.”

Outre la destruction des sépultures de Gaza, Israël a une pratique de rétention et d’anonymisation des corps Palestiniens, comme nous l’expliquions dans cet article de l’Agence Média Palestine.

La déshumanisation des Palestinien-nes les poursuit jusque dans la mort, de la difficulté d’identifier les corps à la destruction dess cimetières jusqu’au silence des médias occidentaux.

*Source : Agence Média Palestine

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