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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


« Flottille pour Gaza » : le Parquet national antiterroriste ouvre une nouvelle enquête contre Israël pour « tortures »

Publié par Gilles Munier sur 29 Juillet 2026, 07:20am

Catégories : #Flottille Sumud, #Libeté d'expression

Par l’Agence Média Palestine (revue de presse - 23 juillet 2026)*

Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a confirmé, mardi 21 juillet, l’ouverture d’une enquête préliminaire sur le traitement infligé par les autorités israéliennes à deux personnes interpellées en octobre 2025 à bord de navires de la flottille pour Gaza, parmi lesquelles la députée LFI Marie Mesmeur. C’est la seconde procédure du genre en un mois et demi.

L’information a été confirmée par l’AFP le 21 juillet : le parquet national antiterroriste a ouvert en France une enquête pour tortures concernant le traitement réservé par les autorités israéliennes à deux personnes, dont la députée insoumise Marie Mesmeur, après leur arrestation à bord d’une « flottille pour Gaza », interceptée en octobre 2025.

Selon les précisions apportées par le Pnat, l’enquête préliminaire a été ouverte le 1er juillet « à la suite des plaintes de deux personnes ayant pris part à une flottille pour Gaza en octobre 2025 », une juridiction qui comprend un pôle spécialisé dans les crimes contre l’humanité. Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), et l’enquête a été ouverte du chef de tortures au sens de la convention de New York.

L’avocat de Marie Mesmeur, Raphaël Kempf, a salué cette décision tout en réclamant d’aller plus loin. « Les crimes dont a été victime Marie Mesmeur sont graves et ne doivent pas rester impunis. Elle a été arrêtée en haute mer et conduite en Israël où elle a été emprisonnée de façon parfaitement illégale », a-t-il souligné, en demandant la désignation d’un juge d’instruction.

Le témoignage de la députée

Interceptée le 2 octobre 2025 par la marine israélienne au large de Gaza alors qu’elle participait à la flottille Sumud, la députée d’Ille-et-Vilaine assure avoir passé quatre jours détenue en Israël, après près de 24 heures retenue sur le bateau.

« Je salue l’ouverture de cette enquête par le Pnat et j’espère qu’elle va faire toute la lumière sur les actes commis par l’État d’Israël, notamment en prison », a réagi Marie Mesmeur auprès de l’AFP. L’élue insoumise décrit des conditions de détention particulièrement dures. « Ben Gvir était aussi venu en nous insultant de terroristes, de tueurs d’enfants », affirme-t-elle, en référence au ministre israélien de la Sécurité nationale. Elle évoque des jours passés en détention marqués par des privations « de nourriture, d’eau, de soins », ainsi qu’une « banderole énorme » placée devant sa cellule, arborant une photo de « Gaza rasé » accompagnée d’une légende en arabe proclamant « Nouveau Gaza ».

Elle relate également qu’un écran projetait en continu, dans la cour de la prison, des images et de la musique correspondant à ce qu’elle et les autres détenues pensaient être l’attaque du Hamas contre le sud d’Israël du 7 octobre 2023. La députée affirme avoir déposé plainte dès son retour en France, avec des traces visibles sur son corps.

Une seconde procédure en un mois et demi

Cette enquête n’est pas la première ouverte par le Pnat sur ce dossier. Une première enquête préliminaire avait été ouverte début juin, pour tortures et crimes de guerre, à la suite d’un signalement du Quai d’Orsay concernant la manière dont des ressortissants français d’une autre flottille pour Gaza avaient été traités par Israël en mai dernier.

Cette précédente affaire avait été déclenchée par une vidéo choquante qu’Itamar Ben Gvir avait alors lui-même publiée montrant les militants de cette flottille, agenouillés et mains liées, provoquant un tollé international. Ce coup d’éclat lui avait valu d’être interdit de séjour en France et en Irlande fin mai.

Le cadre juridique de la procédure

En s’appuyant sur la compétence universelle prévue par la convention des Nations unies contre la torture, dite « convention de New York » de 1984, le Pnat et son pôle crimes contre l’humanité peuvent instruire des faits commis à l’étranger, y compris par des agents d’un État tiers, dès lors que des victimes ou des éléments de rattachement avec la France existent, ce qui est notamment le cas ici avec la nationalité française de Marie Mesmeur.

L’ouverture de cette seconde enquête intervient alors que plusieurs pays européens ont, ces dernières semaines, réclamé des sanctions contre certains responsables israéliens en lien avec le traitement des militants de la flottille, dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes.

*Source : Agence Média Palestine

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