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Le trafic maritime est fortement perturbé depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. L’association Robin des Bois s’inquiète pour le sort du bétail embarqué à bord de navires. Environ 70 000 animaux seraient concernés, selon l’organisation.
Par Brice Dupont (revue de presse : Ouest-France – 10 mars 2026)*
Un trafic maritime au ralenti, voire complètement gelé comme dans le détroit d’Ormuz. La guerre au Moyen-Orient perturbe sérieusement la circulation des navires transportant marchandises et matières premières.
L’association Robin des Bois alerte également sur la situation des marchandises vivantes : ces animaux (vaches, moutons, chèvres) transportés par bateaux, qui doivent rejoindre des pays comme les Émirats arabes unis, le Liban, l’Irak, Israël ou encore la Jordanie. La semaine dernière, l’association écologiste dénombrait au moins 70 000 animaux pris en otage en Méditerranée orientale et dans la mer Rouge.
Embarqués sur des bétaillères maritimes en Amérique du Sud, en Europe ou en Afrique, ces animaux devaient être débarqués dans des pays qui se retrouvent en zone de conflit. Certains navires ont pu assurer leur déchargement, au Liban, en Jordanie ou en Israël notamment, d’autres ont finalement opté pour des pays comme la Libye pour décharger.
« Des animaux à bord depuis plus d’un mois »
Mais des bateaux restent en attente d’une solution. Comme le Balha One, un cargo de 132 mètres de long battant pavillon du Liberia, à l’ancre actuellement au large de la Turquie. Partis du Brésil, les animaux sont à bord depuis plus d’un mois », signale l’association Robin des Bois.
Selon l’organisation, qui a recensé les bétaillères présentes dans les zones de conflit ou s’en approchant, entre 70 000 et 80 000 animaux seraient toujours en mer avec beaucoup d’incertitudes ce mardi 10 mars. Elle pointe le cas du Spiridon II, navire battant pavillon du Togo, qui a quitté l’Ukraine en direction du Liban avec environ 3 000 vaches à bord. Ce bateau a été impliqué dans une errance mortelle de bétail l’année dernière, s’inquiète l’association.
Faut-il privilégier la vaccination plutôt que l’abattage massif pour gérer les crises sanitaires bovines ?
« Des conditions déplorables »
Ce transport en bétaillères maritimes est régulièrement dénoncé par des associations de défense du bien-être animal. En temps normal, les conditions de parcage à bord sont déplorables. En temps de guerre, d’épidémie mondiale, d’épizootie ou de l’indisponibilité du canal de Suez à cause d’un accident (comme en mars 2021 avec l’échouement de l’Ever Given), elles sont infernales à cause des refus et retards de débarquement, alerte l’organisation de protection de l’environnement et des populations.
Les navires bétaillers, grands bateaux souvent anciens et mal équipés, transportent des milliers d’animaux sur les mers du globe. Selon un rapport de la Commission européenne datant de 2020, près de 3 millions d’animaux vivants sont exportés par bateau de l’UE chaque année (dont des bovins depuis le port de Sète en France) vers les pays du pourtour méditerranéen.
Ces animaux peuvent être destinés à la reproduction, l’engraissement, ou l’abattage une fois débarqués. Pour des raisons économiques et religieuses, les pays du Moyen-Orient privilégient l’abattage de bétail vivant, plutôt que la réception de carcasses et de viandes congelées.
*Source : Ouest-France