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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


L’exfiltré d’Ankara

Publié par Gilles Munier sur 16 Août 2026, 03:24am

Catégories : #Trump, #OTAN

Par Philip Giraldi (revue de presse : Unz.com - 13 août 2026)*

Que s’est-il réellement passé et qui a fait quoi à qui ?

Il ne s’écoule pratiquement pas une semaine sans que Donald Trump ne soit au centre d’un mensonge si extravagant ou d’une accusation si odieuse qu’on en reste bouche bée devant son écran d’ordinateur, sidéré par tant d’audace, à en secouer la tête d’incrédulité. Mais même après plus d’un an et demi de Trumpisme, il arrive parfois qu’une insulte, un petit geste ou un récit insensé nous fasse réagir davantage, au point de réaliser avec effarement que notre pays, et même une grande partie du monde, subit les conséquences de ce cirque grotesque. La révélation, la semaine dernière, de l’échange d’avions présidentiels survenu il y a un mois à Ankara en Turquie, est l’un de ces moments de prise de conscience qui, par son absurdité même, révèle tout ce qui a déraillé au-delà de l’imaginable au cours de l’année écoulée.

Malgré l’ignorance crasse de Trump et son absence totale d’empathie envers quiconque d’autre que sa personne, cette évasion digne du “Prisonnier de Zenda” depuis l’Air Force One à l’aide d’un chariot de livraisons de repas nous rappelle la voix grave de Rod Serling qui déclarait : “Nous sommes désormais entrés dans la Quatrième Dimension”. Cette évasion aurait donc été organisée pour éviter ce qui a été qualifié de tentative d’assassinat potentielle de l’Iran. Les détails de cet événement qui s’est bel et bien produit poussent toutefois à revoir à la baisse – et même considérablement – le niveau de crédulité accordé à tout ce qui concerne “DT”.

Le récit des événements survenus à Ankara est encore en train de se préciser, mais les grandes lignes sont les suivantes : en bref, selon un rapport des services du renseignement, un complot aurait été échafaudé pour assassiner le président Donald Trump en utilisant une sorte de missile pour faire exploser Air Force One alors que Trump et sa délégation quittaient une conférence de l’OTAN à Ankara. Plusieurs sources affirment qu’il existait des “preuves crédibles” et plausibles indiquant que l’Iran aurait été à l’origine de ce complot, en guise de vengeance de l’assassinat de son propre Guide suprême, Ali Khamenei en février. Quoi qu’il en soit, l’Iran et la Turquie partagent une longue frontière largement incontrôlée, à travers laquelle faire passer clandestinement un ou plusieurs missiles n’aurait posé pratiquement aucun problème si l’on avait tenté de faire passer des armes.

Le rapport des services du renseignement que la CIA a jugé “peu fiable” a néanmoins inévitablement généré une alerte de sécurité et à une mise en garde concernant le décollage de la délégation américaine. Pour compliquer la situation, il semble, comme certains l’ont affirmé, que les renseignements à l’origine de l’alerte provenaient d’Israël. Les responsables turcs soupçonnent que ce rapport du renseignement n’aurait été en réalité qu’un bobard israélien, une ruse essentiellement destinée à suffisamment terroriser le président pour faire dérailler la diplomatie entre les États-Unis et l’Iran. Israël a bien d’autres motifs pour chercher à assassiner Trump, notamment son accord récent de vendre à la Turquie des chasseurs F-35 de fabrication américaine, à quoi Israël, considérant Ankara comme un futur ennemi, s’est évidemment opposé. De plus, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le lobby pro-israélien américain ont exercé beaucoup de pression sur Trump, craignant qu’il ne se “montre trop conciliant” quant à la poursuite de la guerre d’agression contre l’Iran,

Il existe donc plusieurs pistes envisageables quant à l’origine de la “menace” d’attentat sur l’avion présidentiel américain. Compte tenu de l’implication possible d’Israël — si elle était démontrée — on pourrait supposer que, même si le complot était “réel”, il ne s’agissait finalement pas d’une initiative iranienne, mais plutôt d’une opération sous faux drapeau conçue par Israël pour faire s’écraser l’avion et faire porter le chapeau aux Iraniens. Mais ce qui suit est ce que beaucoup considèrent comme inadmissible. Comme on pouvait s’y attendre, Trump persiste à attribuer la responsabilité de ce qui s’est passé à une décision “de sécurité” prise par les services secrets, mais on peut aussi penser qu’il s’agit d’une “opération de diversion” sous contrôle présidentiel. On ne comprend pas clairement pourquoi la solution logique pour éliminer la menace n’a pas été appliquée, à savoir évacuer l’avion et mettre les passagers et l’équipage à l’abri à bonne distance. Les nombreux journalistes, membres d’équipage et autres voyageurs qui avaient déjà embarqué à bord de l’avion ignoraient la situation et, non informés de la menace, se sont installés et préparés à décoller pour le Royaume-Uni, ce qui s’est apparemment produit ensuite. Certains d’entre eux se sont demandé où se trouvait le président Trump, car il a pour habitude de déambuler dans l’avion avant le décollage pour débiter son habituel baratin.

Trump, alors absent, était occupé à ce que je qualifierais de “danse du poulet”, mais le Daily Beast préfère évoquer le “comportement lâche de la présidence”. Lui et une poignée de collaborateurs triés sur le volet, dont sa “conseillère spéciale” blonde, sexy et omniprésente Natalie Harp, ainsi que le secrétaire à la Guerre Peter Hegseth, ont été discrètement débarqués de l’avion à l’aide d’un chariot du service de restauration de l’aéroport, habituellement utilisé pour acheminer des repas et d’autres produits destinés à réapprovisionner les avions de ligne. Ils devaient être en train de livrer une cargaison de Big Macs à Air Force One. Les exfiltrés ont finalement atterri à bord d’un C32A de l’armée de l’air américaine, également stationné sur le tarmac. Quoi qu’il en soit, et bien que toute cette histoire soit truffée d’artifices et de manipulations, il est clair que le président et ses collaborateurs ont finalement été mis en sécurité, mais quid des autres passagers de l’avion ? Même le chef de cabinet de Trump, Stephen Miller, le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire au Trésor Scott Bessent, restés à bord d’Air Force One, semblaient ignorer que ce vol n’était plus qu’un “leurre” destiné à attirer de potentiels missiles sur son trajet. Même si Trump avait changé d’avion, l’illusion qu’il était encore à bord a été maintenue : Air Force One a conservé l’“indicatif d’appel” initialement utilisé malgré le départ du président – devenant ainsi un appât délibéré pour quiconque aurait pu être à l’écoute des communications, confirmant que la “cible” était toujours à bord.

Un haut responsable de l’administration Trump a, comme on pouvait s’y attendre, déclaré aux journalistes mercredi que l’Air Force One “appât” “a été protégé par des avions de chasse américains lors de son vol de retour depuis Ankara”, bien qu’aucune indication des autorités turques contrôlant l’espace aérien ne vienne confirmer que tel était le cas. Trump affirme également désormais qu’il courait lui-même un “risque plus élevé” que les passagers du vol leurre, un argument ridicule et manifestement mensonger mais qui s’inscrit dans le droit fil de tant d’autres sorties de la Maison Blanche. Peut-être devrait-il s’entretenir avec sa porte-parole Karoline Leavitt, qui a démissionné 24 heures après la révélation de l’affaire du “leurre”. Elle se trouvait à bord de l’avion et a peut-être été un peu secouée par l’expérience. Quoi qu’il en soit, et quelle que soit la manière dont on présente les choses, il semblerait que si ce plan de destruction de l’avion avait été à la fois bien réel et couronné de succès, tous les passagers encore à bord seraient désormais passés de vie à trépas.

Ainsi, cette supercherie aérienne impliquant l’Iran, la Turquie et Israël, maintenant qu’elle est terminée et fait l’objet de nombreux mensonges, s’avère n’être rien d’autre qu’un coup dans l’eau, et personne ne sera sanctionné ni interrogé à ce sujet. Nous verrons bien ce que la semaine prochaine nous réserve ! Le Pentagone, avec Donald Trump – contrôlé par Israël – le doigt sur la gâchette nucléaire, envisage différents moyens de faciliter le déclenchement de guerres nucléaires régionales, comme le rapporte The Defense Post. Selon leur version,

“des responsables affirment que ces stratégies visent à élargir les capacités de riposte crédibles dont dispose le président en cas de crise impliquant des alliés, réduisant ainsi la nécessité de recourir à une intervention nucléaire généralisée. ‘Si l’on veut réellement que la dissuasion soit crédible, il faut doter les dirigeants politiques du pays de capacités nucléaires pouvant être utilisées dans la pratique, conformément au bon sens’”,

a déclaré un initié du secteur de la défense au média.

“Sinon, on réduit les options de nos dirigeants à des choix extrêmes que l’adversaire ne trouvera pas crédibles”.

Waouh ! Des “capacités nucléaires” auxquelles nos “dirigeants… peuvent réellement recourir” ! Avec Trump aux commandes, nous sommes vraiment gâtés.

*Source : Unz.com

Traduit par Spirit of Free Speech

Philip Giraldi est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative qui milite en faveur d’une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage axée sur l’intérêt national. Son site web est https://councilforthenationalinterest.org et son adresse e-mail est inform@cnionline.org.

 

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