/image%2F0932250%2F20260925%2Fob_3443bd_ouest.png)
Par Lignes de défense (revue de presse : Ouest-France – 24 septembre 2026)*
Le retrait d’Irak des troupes américaines devrait avoir lieu le 30 septembre prochain. Cet ultime contingent d’une armée qui, en 2007, déployait 170 000 soldats, rassemblerait aujourd’hui moins de 2500 hommes et femmes.
Ce départ est le second depuis le début en 2003 de la deuxième guerre américaine en Irak. Le premier départ a eu lieu sous la présidence de Barack Obama (2009-2017). Le processus, lancé en décembre 2007, avait vu le départ du dernier soldat américain le 18 décembre 2011. L’émergence du groupe terroriste Daech et ses succès en Syrie et dans le nord puis dans le centre de l’Irak avait convaincu les Américains de redéployer 5000 de leurs soldats et des contingents issus de pays otaniens (à partir de 2018). Les défaites de Daech, ses pertes territoriales et la mort de ses chefs avaient permis à Joe Biden d’envisager un nouveau retrait, le nombre de soldats officiellement présents en Irak s’établissant à 2500 en 2023. Le départ de ce 30 septembre marque donc l’aboutissement de ce second retrait.
Une fois les troupes US parties, les autorités irakiennes devront régler l’épineuse question de la démobilisation et du désarmement des groupes armés (dont certains à la botte de l’Iran). Ces groupes devront remettre leurs armes aux Forces de mobilisation populaire, structure chapeautant des milices chiites formées pour combattre l’État islamique et officiellement intégrées aux forces de sécurité irakiennes il y a dix ans. L’agenda de ce désarmement commence le 30 septembre, les groupes armés irakiens étant tenus d’observer une trêve de 90 jours sans mener d’attaques. Puis de remettre leurs armes, ce processus devant s’achever le 30 juin 2027.
Des contractors toujours présents
Le départ des militaires US ne signifie pas pour autant que les Etats-Unis vont totalement retirer toute présence officielle liée à la défense et à la sécurité en Irak. Quelques milliers de contractors sont et resteront présents pour assister, former et conseiller les forces gouvernementales irakiennes. Ces contractors dont ceux de la grande ESSD Amentum, fournissent des services dans la sécurité, la cyber-défense, les transmissions, la logistique, le soutien médical, le maintien en condition opérationnelle des aéronefs militaires irakiens…
Leurs effectifs actuels en Irak sont sans commune mesure avec ceux des années 2010. En avril 2009, 132 610 contractors étaient comptabilisés en Irak par le CENTCOM (dont 36060 étaient des civils américains). Un an plus tard, en plein retrait militaire, ils n’étaient plus que 95 461 (dont 24719 Américains). Leur nombre a ensuite chuté: 6288 en 2020 et 5455 en 2024. Le nombre des contractors tournerait actuellement autour de 6000 et il devrait se stabiliser à ce niveau puisque des entreprises américaines sous contrat avec l’Irak ou le Pentagone continuent de fournir des services aux forces irakiennes. Depuis janvier 2026, dix nouveaux contrats sont d’ailleurs venus s’ajouter à ceux précédemment signés: pour le MCO des avions F-16 et T6-A, pour la remise en état de moteurs d’avions et de radars, pour des contrat de type « advise and assist« , pour la rénovation des chars M1A1SA Abrams des dépanneurs de char M88A1/A2, pour de la formation dans le domaine du cyber…
*Source : Ouest-France