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Par Yoann (revue de presse : Le Média en 4-4-2 – 31 mars 2026)*
La Knesset a scellé hier, par 62 voix contre 48, le sort des Palestiniens accusés de « terrorisme » : la potence. Portée par l’extrême droite et son ministre de la vengeance, Itamar Ben-Gvir, cette loi instaure la peine de mort par pendaison comme châtiment automatique pour tout Palestinien de Cisjordanie occupée condamné pour meurtre « terroriste » – une qualification extensible à toute violence perçue comme une menace contre l’existence d’Israël. Les tribunaux militaires, où le taux de condamnation frôle les 100 %, deviennent ainsi les chambres d’enregistrement d’une justice expéditive : 90 jours entre verdict et exécution, sans recours ni grâce possible. Les colons juifs, eux, restent à l’abri de cette « équité » législative.
Entre deux gorgées de champagne, des députés israéliens ont scellé le sort de centaines de Palestiniens.
L’euphorie macabre des députés
Dans l’hémicycle, l’adoption du texte a donné lieu à une scène surréaliste : des parlementaires d’Otzma Yehudit, verre de champagne à la main, ont fêté leur victoire comme on célèbre un mariage – ou un lynchage légalisé. Les images, virales, ont choqué jusqu’aux alliés traditionnels d’Israël. Mais pour Ben-Gvir et ses acolytes, cette loi n’est qu’un début : la normalisation de l’exécution d’État, présentée comme une réponse à la « barbarie palestinienne », masquerait mal une volonté d’épuration méthodique.
« Apartheid judiciaire » : le droit international piétiné
Amnesty International, B’Tselem, l’ONU : le chœur des condamnations est unanime. Cette loi, résolument discriminatoire, enfreint les conventions internationales et consacre l’apartheid dénoncé depuis des décennies. L’Autorité palestinienne y voit une « déclaration de guerre », tandis que l’Europe, entre gêne et impuissance, se contente de « profondes préoccupations ». Deux exécutions seulement dans l’histoire d’Israël (Eichmann en 1962, un espion en 1948) – mais demain, des dizaines, voire des centaines de Palestiniens pourraient peupler les potences de Cisjordanie.
Gaza, Cisjordanie, Knesset : la mécanique de la répression
Le timing n’est pas anodin. Alors que Gaza brûle et que la Cisjordanie s’embrase, Netanyahou offre à son électorat le spectacle d’une fermeté sans faille. Les prisons israéliennes, déjà saturées de 5 000 détenus palestiniens, préparent leurs infrastructures : des échafauds en kit, des protocoles « optimisés ». La Cour suprême, saisie par des ONG, pourrait suspendre la loi – mais son adoption suffit à envoyer un message clair : Israël ne recule plus, il exécute.
*Source : Le Média en 4-4-2