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Aurore Bergé présente en Conseil des ministres ce jeudi 9 juillet son projet de loi contre l’antisémitisme et le racisme. Ce texte est une réécriture de la loi Yadan, députée des Français de l’étranger, loi qui avait provoqué une levée de boucliers.
Revue de presse : TRT en français (9 juillet 2026)*
La proposition de loi de Caroline Yadan n’a finalement pas été examinée par les députés. Son texte avait suscité de vives critiques. Ses détracteurs estimaient qu’il portait atteinte à la liberté d’expression et qu’il risquait de rendre certaines critiques d’Israël passibles de poursuites. Selon eux, il répondait aux attentes d’organisations de soutien à Israël en France désireuses de limiter les critiques de la politique israélienne.
Le gouvernement a finalement repris l’initiative. Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, a présenté son projet de loi à la presse avant son examen en Conseil des ministres. Elle affirme que ce nouveau texte est plus consensuel et transpartisan.
La ministre estime qu’un nouveau texte est nécessaire face à la recrudescence des actes antisémites. Selon elle, dès lors qu’un mobile raciste ou antisémite est établi, la circonstance aggravante doit systématiquement être retenue afin de lutter contre le sentiment d’impunité.
Aurore Bergé avance plusieurs chiffres pour justifier cette initiative : 1 320 actes antisémites et trois homicides à caractère raciste ont été recensés en France en 2025, selon elle.
Mais quelles sont ses sources ?
Aurore Bergé s’appuie régulièrement, dans le débat public, sur les données publiées par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) ou par le Service de protection de la communauté juive pour alerter sur la situation en France. Les chiffres du ministère de l’Intérieur sont généralement inférieurs.
La ministre insiste sur le fait que son texte n’a rien à voir avec celui de Caroline Yadan, contre lequel une pétition avait recueilli 700 000 signatures. Malgré ce seuil atteint, la commission des Lois de l’Assemblée nationale avait rejeté la pétition et refusé l’organisation d’un débat dans l’hémicycle.
Selon Aurore Bergé, une large concertation a été menée avec les associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, ainsi qu’avec l’ensemble des groupes politiques représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat. Le texte prévoit notamment que les associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme puissent systématiquement se constituer partie civile, quelle que soit la gravité des faits.
Ce nouveau texte bloque-t-il toute critique d’Israël ?
La ministre affirme que ce n’est pas l’objectif de cette loi. Selon elle, le gouvernement entend renforcer la lutte contre l’antisémitisme.
Le projet ne reprend plus la notion de propos « implicites » constitutifs d’apologie du terrorisme qui figurait dans le texte de Caroline Yadan et qui, selon ses opposants, ouvrait la voie à des interprétations très larges.
*Source : TRT en français