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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Le coût exorbitant de l’état de guerre permanent à Israël

Publié par Gilles Munier sur 8 Juin 2026, 07:14am

Catégories : #Israel, #Netanyahou, #Gaza, #Iran, #Liban

Revue de presse : Le journal de Montréal, avec AFP (6 juin 2026)*

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou veut faire de son pays une « super-Sparte » du Moyen-Orient, mais le coût exorbitant de la guerre gonfle le budget de la défense et fait craindre des reculs pour l’éducation ou la santé.

Déclenché par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien contre Israël le 7 octobre 2023 à partir de Gaza, le conflit affichait fin avril une facture de 405 milliards de shekels (près de 120 milliards d’euros), selon le gouverneur de la banque centrale israélienne, Amir Yaron.

 « C’est un chiffre énorme, plus de 17 % du PIB », a-t-il déclaré lors d’un récent colloque économique à Herzliya, au nord de Tel-Aviv.

À elle seule, la campagne militaire contre l’Iran – déclenchée par l’attaque américano-israélienne du 28 février contre Téhéran – a engendré un coût supplémentaire de 35 milliards de shekels (10,5 milliards d’euros) pour l’État jusqu’à l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, d’après une première estimation du ministère des Finances.

Dans la foulée de l’adoption de la loi de finances 2026 fin mars, le gouvernement a précisé que l’enveloppe allouée à la Défense avait plus que doublé par rapport à sa valeur antérieure au 7 octobre 2023.

Afin de soutenir l’effort de guerre, Israël a emprunté massivement sur les marchés internationaux en 2024 et en 2025. Cet endettement record a propulsé la dette publique à plus de 69 % du PIB – contre 60 % avant le conflit –, selon le Trésor, contraignant le gouvernement à augmenter parallèlement les impôts et les prélèvements sociaux.

« Économie du traumatisme »

Esteban Klor, professeur d’économie à l’Université de Jérusalem, explique à l’AFP que les Israéliens « paient deux fois » pour la guerre.

La première s’articule, dit-il, autour de la baisse des dépenses sociales de l’État et de la réduction des investissements dans les services publics, matérialisées par plusieurs coupes budgétaires successives « au rabot », alors même « que nous sommes [...] en train d’augmenter la dette ».

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« L’éducation va en pâtir, la qualité des infrastructures va baisser, tout comme la performance du système de santé », détaille-t-il.

Le deuxième coût est lié à la mobilisation continue de dizaines de milliers de réservistes depuis l’attaque du Hamas. « Comme [...] beaucoup de nos actifs sont dans l’armée plutôt qu’à leur poste de travail, cela affecte la production », explique M. Klor.

Selon une enquête de l’Institut israélien pour la démocratie (IDI), un groupe de réflexion indépendant, 31 % des personnes interrogées déclarent subir une baisse de leur rémunération depuis les événements du 7 octobre 2023, un phénomène qui frappe de plein fouet les travailleurs indépendants et les ménages les plus modestes.

L’économie israélienne n’en a pas moins rapidement surmonté le choc de la guerre, le PIB ayant retrouvé dès 2024 son niveau de 2022 et continuant de croître à un rythme enviable (+2,9 % en 2025 avec une accélération attendue pour 2026).

Au colloque de Herzliya, la codirectrice du budget, Tamar Levi-Boneh, a dénoncé l’émergence d’une « économie du traumatisme ». Elle craint que le choc des événements du 7 octobre 2023 et le sentiment d’échec de l’armée n’incitent l’institution militaire à exiger une hausse perpétuelle de ses crédits au nom de la sécurité nationale.

« Supériorité écrasante »

« L’appareil sécuritaire doit apprendre à pourvoir à ses besoins d’une manière qui ne portera pas atteinte au niveau de vie et assumer sa part de responsabilité », a-t-elle estimé.

Benjamin Nétanyahou défend une vision opposée : il affirmait en septembre 2025 qu’Israël n’avait d’autre choix que de devenir une « super-Sparte », cette cité grecque antique entièrement vouée à la guerre.

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Alors que ses divergences éclatent au grand jour avec le président américain Donald Trump sur la campagne militaire qu’Israël mène au Liban contre le Hezbollah, mais aussi sur la façon de mettre un terme à la guerre avec l’Iran, le dirigeant israélien défend une vision autarcique, qui affranchirait son pays de la dépendance à l’énorme aide militaire qu’il reçoit des États-Unis.

Début mai, le premier ministre ainsi confirmé son intention d’investir 350 milliards de shekels (plus de 100 milliards d’euros) au cours de la prochaine décennie dans l’industrie de la défense nationale, afin de garantir une « supériorité aérienne écrasante ».

Esteban Klor prévient que « le budget de la Défense pourrait franchir le seuil des 10 % du PIB » et plaide pour un retour rapide à un niveau « plus raisonnable ».

Israël figure parmi les pays développés où les inégalités sont les plus criantes, un constat que le conflit actuel ne fait qu’aggraver. Selon le dernier rapport de l’Institut national d’assurance maladie israélien, la proportion d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté a progressé, passant de 27,6 % à 28 % entre 2023 et 2024.

*Source : Le journal de Montréal

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