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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Donald Trump, le caïd du bac à sable

Publié par Gilles Munier sur 2 Novembre 2025, 05:58am

Catégories : #Trump, #Gaza, #Ukraine, #Chine, #Venezuela, #Iran

Par Philip Giraldi,(revue de presse : Unz.com - 31 octobre 2025)*

“Testons” nos “armes nucléaires”, pourquoi pas sur l’Iran ?

Maintenant que Donald Trump est président des États-Unis et s’acharne à affirmer son droit de faire “tout ce qu’il veut” aux quatre coins du monde, on oublie que ses prédécesseurs souffraient du même délire, en plus de l’incapacité à articuler une phrase cohérente. George W. Bush a appelé à une guerre mondiale contre le terrorisme et s’est proclamé “le nouveau shérif en ville”, une prétention qui a coûté la vie à des millions de personnes en Afghanistan et en Irak. Barack Obama, quant à lui, a envahi la Libye et, un jeudi matin, s’est assis avec ses

“conseillers à la sécurité pour dresser la liste des citoyens américains à l’étranger susceptibles d’être tués”.

Même Joe Biden, atteint de déficits cognitifs, a vanté sa gestion de l’État dans un discours prononcé au département d’État, une semaine avant de transmettre le pouvoir à Trump lors de l’investiture présidentielle du 20 janvier. Dans son discours, il a affirmé transmettre au président Trump une présence forte sur la scène internationale, en plaidant pour la poursuite des initiatives américaines contre les “menaces” que représentent les ambitions mondiales de la Chine et l’agressivité de la Russie.

Le président Biden a cherché à défendre son héritage “exemplaire” en matière de politique étrangère dans ses propos au département d’État, alors que Trump, encore absent de la scène gouvernementale, promettait déjà quelque chose de différent, menaçant les alliés et appelant à l’expansion territoriale des États-Unis, sans parler de la façon dont il comptait rebaptiser les étendues d’eau internationales, les monuments et les sites nationaux, souvent en leur apposant son nom.

Biden s’est lancé dans une longue tirade vantant ses réalisations, dépourvue de toute véritable substance, déclarant :

“Mon administration laisse au prochain gouvernement des bases très solides. En quatre ans, les États-Unis ont gagné en puissance sur la scène internationale. L’Amérique est plus forte. Nos alliances sont plus fortes, nos adversaires et concurrents sont affaiblis. Et nous n’avons pas eu à faire la guerre pour y parvenir”.

Biden a commodément omis de mentionner que, sous sa direction, les États-Unis ont été fortement impliqués dans deux conflits majeurs, en Ukraine et à Gaza. Sans oublier le retrait désastreux d’Afghanistan, après vingt ans voués à l’échec, des centaines de milliers de morts et des milliers de milliards de dollars engloutis. Pas un mot non plus sur le génocide perpétré par ses bons amis israéliens grâce au soutien indéfectible de Washington. Des rapports récents suggèrent que les membres du personnel de la Maison Blanche impliqués dans la politique moyen-orientale sous l’administration Biden ont parfois suggéré que les États-Unis tenteraient de limiter le massacre des Palestiniens par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, car les critiques internationales sur le rôle facilitateur de Washington ne cessaient de s’intensifier. Mais Biden a refusé de discuter de la question, répondant sobrement : “Je suis sioniste !”

Quelqu’un aurait peut-être dû suggérer à Biden que sa tendance à servir les intérêts des milliardaires juifs, s’il en est, aurait dû passer après son serment solennel d’investiture, et son devoir de servir le peuple américain plutôt que ses amis sionistes, comme le secrétaire d’État Anthony Blinken et consorts. Ce dernier s’est notamment précipité en Israël immédiatement après l’attaque du Hamas du 7 octobre et a déclaré à son arrivée à l’aéroport : “Je suis ici en tant que Juif !” Si Biden avait fait preuve ne serait-ce qu’une once d’intégrité et de bon sens, il aurait immédiatement viré Blinken, mais évidemment, il ne l’a pas fait, à l’instar des agissements de Trump, sous le mandat duquel deux Juifs new-yorkais, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont de facto négocié avec Israël et les Arabes sans rien connaître d’autre que leur domaine de compétence : l’immobilier. Conséquence, le feu vert donné à Israël pour continuer à tuer afin de nettoyer Gaza en vue de sa reconstruction en un genre de Trump Riviera. On aurait pu s’en douter lorsque les deux hommes ont déclaré ne pas constater de génocide à Gaza, alors que l’évidence saute aux yeux de 90 % des habitants de la planète.

Le retour de Trump au pouvoir, il y a neuf mois, s’apparente plutôt à une redoutable régression : on dirait un gamin de douze ans pour qui l’estime de soi se résume à terroriser les plus petits et les plus faibles dans la cour de récrée. À l’heure actuelle, il tue des pêcheurs en mer des Caraïbes et dans l’océan Pacifique sous prétexte fallacieux qu’ils seraient des “narcoterroristes”, sans apporter la moindre preuve, cela va de soi. La volonté de Trump de tuer à plusieurs reprises sans fournir la moindre preuve de la culpabilité des victimes rappelle étrangement la pratique de rigueur dans l’armée israélienne (IDF), à savoir tirer sur des enfants.

Il n’hésite pas non plus à terroriser verbalement les chefs d’État étrangers, les ambassadeurs, les journalistes et quiconque l’aurait selon lui offensé. Tous doivent être punis, histoire de montrer à quel point il est un homme, un vrai. Malheureusement pour les États-Unis, ses frasques ne suscitent cependant que moqueries et mépris envers le pays et le système qui engendre des présidents tels que Clinton, Bush, Obama, Biden, et cerise sur le gâteau, Donald J. Trump en personne, dont la phrase la plus mémorable reste “Vous êtes viré !”, proférée du haut de sa morgue et de son index accusateur.

Car il y a toujours quelque chose de croustillant à rapporter quand Trump, qui semble en proie à de sérieux problèmes de santé, monte au créneau. Le dernier épisode en date remonte à hier, lorsque Trump a ordonné au Pentagone (aujourd’hui rebaptisé “ministère de la Guerre”) de commencer à “moderniser” l’arsenal nucléaire américain en augmentant les “essais” techniques. Il suggère ainsi que les États-Unis vont reprendre les expérimentations d’armes nucléaires pour la première fois depuis trois décennies, en déclarant simplement le faire dans un souci de “parité” avec des concurrents présumés comme la Russie et la Chine. Il pourrait même s’en prendre à l’Iran et, curieusement, préserver l’arsenal secret d’Israël, dont l’option “Samson” viserait des villes européennes, avec Rome en tête de liste.

Cet avertissement a été lancé en marge de la rencontre entre Trump et le président Xi Jinping en Chine. L’annonce concernant les essais nucléaires a ensuite été publiée sur le compte Truth Social de Trump, où le président a écrit :

“En raison des programme d’essais menés par d’autres pays, j’ai chargé le ministère de la Défense de procéder à des essais de nos armes nucléaires, parité oblige. La procédure va débuter sans délai”.

On ignore si le Pentagone prévoit de faire exploser des ogives réelles, ce sur quoi Trump n’a donné que peu de détails, semblant indiquer une évolution majeure de la politique de défense américaine. Les États-Unis procèdent déjà régulièrement à des essais de missiles à ogive nucléaire, mais ils n’ont pas procédé à ce type d’explosion depuis 1992, conformément au moratoire sur les essais.

Lorsqu’il s’est adressé aux journalistes en Chine, Trump a été quelque peu évasif, voire confus, déclarant à propos d’autres pays dotés d’armes nucléaires qu’ils

“semblent tous procéder à des essais nucléaires”, mais que les États-Unis “ont plus d’armes nucléaires que quiconque. Nous nous abstenons de procéder à des essais. Je les vois tester leurs armes et je me dis que s’ils le font, nous devons aussi nous y mettre”.

Interrogé sur la localisation potentielle dudit site, il a répondu :

“Vous en serez informés. Nous avons des sites dédiés”.

On peut supposer que Donald Trump utilisera ces armes “modernisées” pour menacer d’autres nations et les contraindre à se plier aux diktats de la Maison Blanche. Trump, homme quelque peu simpliste, ne semble pas réalisier qu’il incite d’autres gouvernements à faire de même, créant ainsi une course aux armements qui pourrait facilement déboucher sur un holocauste nucléaire si l’un d’entre eux venait à perdre la boule. Ce quelqu’un pourrait d’ailleurs être Trump lui-même, car il est clairement incapable de réfléchir aux conséquences de ses pulsions.

Pendant ce temps, le “plan de paix Trump” pour Gaza et Israël continue de prendre l’eau. Le cessez-le-feu est entré en vigueur le 11 octobre, mais Israël a continué de commettre des dizaines de violations en bombardant et en tirant sur des Palestiniens, y compris hier, lorsqu’il a pilonné des cibles dans le sud de la bande de Gaza, affirmant que ses troupes auraient été la cible de tirs de combattants du Hamas. Jeudi dernier, cinq Palestiniens ont été tués et, le lendemain, une famille de onze personnes qui tentait de regagner son ancienne maison a également été tuée par l’armée israélienne. Suite à ce massacre, où une famille de onze personnes, dont sept enfants et trois femmes, a été tuée par un obus de char tiré sur leur véhicule, des sources israéliennes ont affirmé qu’ils ont franchi ce qu’Israël a qualifié de “ligne jaune” autoproclamée. Mercredi, Israël a de nouveau violé l’accord lorsque Netanyahu a ordonné un bombardement intensif qui a tué plus de 100 Gazaouis, dont 46 enfants, à la suite d’une prétendue fusillade. Cette attaque aurait été approuvée par Trump et son équipe de négociateurs qui étaient informés des intentions d’Israël.

La “ligne jaune”, qui marque la limite du retrait des forces israéliennes, n’est ni marquée ni signalée et constitue un véritable champ de mort pour tout Palestinien qui s’en approche. Elle sépare les zones sous contrôle militaire israélien continu, décrites comme une zone de sécurité couvrant plus de 50 % de la bande de Gaza, conformément au plan de cessez-le-feu de Donald Trump pour Gaza. Après le massacre de toute cette famille, le ministre israélien de la “Défense”, Israel Katz, a ordonné aux forces israéliennes de placer une signalétique à proximité de la fameuse “ligne jaune”, mais les a également autorisées à tirer sur toute personne susceptible de l’approcher.

La situation est très inquiétante. Même si le cessez-le-feu tient, le plan suggère que le gouvernement israélien prévoit de maintenir indéfiniment son occupation militaire actuelle sur plus de 50 % du territoire de la bande de Gaza. Ce territoire comprend la grande majorité des terres cultivables de Gaza et a déjà été vidé de sa population palestinienne en raison des bombardements qui ont détruit 90 % des infrastructures. Israël sait que même si les Palestiniens veulent rentrer chez eux, ils ne trouveront ni logement, ni emploi, ni écoles, ni hôpitaux, ni édifices religieux, ni aucune source de revenus, si ce n’est la charité. Ils seront également totalement dépendants d’Israël pour l’entrée des produits de première nécessité, comme les vivres et les médicaments, dont l’accès est toujours restreint malgré l’accord de cessez-le-feu.

Selon certaines informations, plusieurs ministres israéliens auraient déclaré :

“Dès que nous aurons récupéré les otages, nous reprendrons le massacre”.

Presque tous les observateurs notent qu’Israël affiche un bilan peu reluisant en matière de respect des accords de cessez-le-feu, et que son retrait des territoires occupés est souvent reporté par divers stratagèmes. On a clairement et maintes fois démontré qu’Israël poursuit son occupation dans les zones B et C de la Cisjordanie, d’où il aurait dû commencer son retrait progressif il y a un quart de siècle, conformément aux accords d’Oslo. Des gangs de colons juifs armés continuent de tuer des agriculteurs palestiniens, de détruire leurs oliveraies et leur bétail, et de brûler leurs maisons, sans jamais être inquiétés par les soldats de l’armée israélienne qui se contentent d’observer et parfois de participer à ces actes de violence. Pour Israël, “temporaire” signifie “permanent” s’agissant du vol de terres, avec l’aide des alliés américains comme Donald Trump, qui ont approuvé l’annexion du plateau du Golan syrien et de Jérusalem-Est, ainsi que les bombardements en cours au Liban, tout en donnant carte blanche à Israël en Cisjordanie.

En réalité, les annexions officielles d’Israël ne sont ni requises ni souhaitables, car elles pourraient inciter les États occidentaux à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à l’occupation illégale de la Palestine par Israël, plutôt que de continuer à soutenir de facto cette occupation. Israël sait que la situation idéale est l’occupation et le contrôle permanents de tout le territoire de l’ancien État de Palestine sans déclaration officielle d’annexion. C’est d’ailleurs ce qui se produira inévitablement si le processus de paix suit son triste cours. Le “plan de paix Trump” permettra sans surprise de maintenir ce statu quo.

Bref, comme on dit, the show must go on. Dans l’univers trumpien, les menaces et les meurtres d’“ennemis” vont bon train, même si le véritable ennemi du peuple américain et de ses intérêts nationaux n’est autre que le bon “ami” Israël. Et pour couronner le tout, l’arsenal nucléaire américain va apparemment être “testé” pour être prêt à être déployé contre les rivaux de l’Amérique. La situation peut-elle encore empirer ? On en reparle la semaine prochaine !

Philip M. Giraldi, Ph.D., est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation qui milite pour une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage axée sur les intérêts. Son site web est councilforthenationalinterest.org et son adresse électronique est inform@cnionline.org.

*Source: Unz

Traduit par Spirit of Free Speech

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