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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Qui sont Smotrich & Ben-Gvir, les ministres sanctionnés pour incitation à la violence contre les Palestiniens ?

Publié par Gilles Munier sur 14 Septembre 2025, 08:06am

Catégories : #Bezalel Smotrich, #Itamar Ben-Gvir, #Génocide, #Netanyahou, #Trump

Par Quds News Network (revue de presse - 11 septembre 2025)*

Palestine occupée - Les Pays-Bas ont déclaré mercredi le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, persona non grata dans les 29 pays de l'espace Schengen européen pour avoir encouragé la violence des colons contre les Palestiniens et prôné le “nettoyage ethnique à Gaza”.

Qui sont ces deux ministres ?

En 2022, Netanyahu a formé le gouvernement le plus à droite de l'histoire d’ Israël, en négociant une coalition avec Bezalel Smotrich, dont le parti sioniste religieux détient 14 sièges sur les 120 que compte la Knesset, et Itamar Ben-Gvir, dont le parti Jewish Power détient six sièges.

Ils ne représentent que 20 des 67 sièges de sa coalition au parlement, mais exercent une influence disproportionnée car s'ils démissionnent, ce qu'ils ont tous deux menacé de faire à plusieurs reprises, le gouvernement tombera.

Voici un bref profil des deux ministres :

Bezalel Smotrich, ministre des Finances

Smotrich est un colon farouche défenseur des colonies illégales. Il est né dans l'une d'elles, y a grandi et vit aujourd'hui dans une autre en Cisjordanie occupée.

En 2005, il a été arrêté par les services de sécurité du Shin Bet et interrogé pendant des semaines sur son rôle dans les manifestations contre le projet israélien de retrait de Gaza, où 21 colonies illégales ont été démantelées, soupçonné d'avoir prévu de bloquer les routes et dégrader les infrastructures pour tenter d'empêcher le retrait. Il a ensuite été libéré sans inculpation.

  • La Cisjordanie occupée et les Palestiniens

Smotrich nie l'existence d'une identité palestinienne. Il a déclaré en 2023 :

“Il n'y a pas de peuple palestinien... le peuple palestinien est une invention datant de moins de 100 ans”.

Il a à plusieurs reprises appelé à l'annexion de la Cisjordanie occupée, à y instaurer la souveraineté et à faire obstacle à la création d'un État palestinien. En 2024, il a déclaré vouloir

“faire de la Judée et de la Samarie [terme israélien désignant la Cisjordanie occupée] une partie intégrante de l'État d'Israël. Nous établirons la souveraineté... d'abord sur le terrain, puis par le biais de la législation. J'ai l'intention de légaliser les colonies récentes [avant-postes illégaux]”, a déclaré Smotrich. “La mission de ma vie est de faire en sorte qu'un État palestinien ne voie jamais le jour”.

Il a approuvé l'expansion des colonies. Récemment, il a approuvé la construction de milliers de logements dans le cadre d'un projet de colonisation illégal très controversé et longtemps retardé en Cisjordanie occupée, le projet de colonisation de la zone E1. Il a affirmé que cette mesure “sonne le glas d'un État palestinien”.

Smotrich a déjà appelé à la destruction de villes palestiniennes entières. En 2023, il a déclaré que la ville palestinienne de Huwara doit être « rayée de la carte ».

  • Génocide à Gaza

Il a affirmé que la victoire dans cette guerre passe par la « destruction totale » de Gaza.

Il a appelé à une annexion progressive de la bande de Gaza, en suggérant notamment d'annexer chaque semaine un peu plus de territoire, de déplacer de force les Palestiniens vers le sud et d'imposer un siège au nord et au centre.

Selon lui, Gaza fait partie intégrante d'Israël et il souhaite y rétablir des colonies israéliennes bien plus étendues que les anciennes colonies de Gush Katif. Il a également soutenu qu'Israël doit envisager la relance des colonies à Gaza après la guerre et encourager “l'émigration volontaire” des Palestiniens.

Il a répété à plusieurs reprises que l'aide humanitaire doit être suspendue, que pas un grain de blé ne doit entrer à Gaza et que la famine constitue un “moyen de pression”.

Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité

Ben-Gvir s'est radicalisé si jeune que les forces de sécurité israéliennes lui ont interdit de servir dans l'armée lorsqu'il était adolescent.

Né en 1976 dans une famille d'origine irakienne, il a commencé à militer dans l'extrême droite alors qu'il était encore au lycée, et a poursuivi ses activités pendant ses études.

Dans la trentaine, il a été condamné pour incitation au racisme et soutien à une organisation terroriste. Pendant des années, son salon était orné d'un portrait de Baruch Goldstein, le meurtrier de masse qui a abattu 29 Palestiniens dans une mosquée de Hébron en 1994. Goldstein, tout comme Ben-Gvir, était un grand admirateur du rabbin extrémiste Meir Kahane.

En rejoignant le gouvernement de Netanyahu, Ben-Gvir s'est vu confier le ministère de la Sécurité. Il contrôle désormais les forces de police qui l'ont autrefois arrêté ainsi que les prisons où il a été détenu.

  • La Cisjordanie occupée et les Palestiniens

Ben-Gvir est connu pour ses propos racistes. En 2023, il a notamment déclaré que son droit, ainsi que ceux de sa femme et de ses enfants, à se déplacer en toute sécurité en Cisjordanie primaient sur la liberté de mouvement des Palestiniens.

Il a également appelé à la mise en place de nouveaux checkpoints militaires israéliens permanents en Cisjordanie afin de fermer ou de limiter l'accès aux routes utilisées par les Palestiniens.

“Le droit d'Israël à exister prime sur la liberté de mouvement des résidents de l'Autorité palestinienne”.

Il a également appelé à des représailles plus sévères contre les détenus palestiniens, préconisant notamment le recours à la peine de mort.

  • Génocide à Gaza :

Ben-Gvir a déclaré :

“Il n'y aura pas d'accord, pas de cessez-le-feu, pas d'aide, juste la poursuite des combats”.

Il a précisé qu'aucune aide humanitaire ne doit entrer à Gaza, car

“rien ne justifie l'entrée de ne serait-ce qu'un gramme de nourriture ou d'aide”.

Il a plaidé en faveur d'une occupation totale de Gaza, encouragé le déplacement forcé des Palestiniens et s'est opposé à tout cessez-le-feu partiel.

Il a assuré qu'il serait “très heureux de vivre à Gaza” après l'offensive et a ajouté s'attendre à un régime militaire total permettant à Israël de contrôler l'enclave côtière. Il a également exprimé son souhait de voir les colonies revenir à Gaza, y compris celles évacuées en 2005.

Ben-Gvir et Smotrich déclarés persona non grata

“Le Conseil des ministres a décidé de déclarer ces ministres persona non grata”,

a déclaré cette semaine le gouvernement néerlandais, confirmant que la directive a été enregistrée dans le système d'information Schengen, comme le rapporte le journal Haaretz.

Cette mesure contraint les autorités frontalières de tous les États membres à refuser l'entrée aux deux ministres israéliens d'extrême droite.

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a expliqué que cette décision a été motivée par des “circonstances exceptionnelles” et a souligné que les Pays-Bas vont continuer à faire pression pour que des mesures coordonnées soient prises au niveau de l'UE.

“Cette décision fait suite à leurs incitations répétées à la violence des colons contre les Palestiniens, à leurs appels en faveur de l'expansion illégale des colonies et à leur plaidoyer en faveur du nettoyage ethnique à Gaza”,

a déclaré le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Caspar Veldkamp. Il a démissionné en août, affirmant ne pas pouvoir rester dans un gouvernement refusant de prendre des mesures plus fermes contre le génocide perpétré par Israël à Gaza et ses projets de colonisation en Cisjordanie.

Cette décision fait suite à une initiative similaire de l'Espagne, qui a également interdit l'entrée sur son territoire à Ben Gvir et Smotrich. Mardi, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a qualifié cette décision de mesure de rétorsion, après qu'Israël a interdit à deux ministres espagnols d'entrer sur son territoire la veille, en raison de leur position contre le génocide, et après que l'Espagne a annoncé des mesures radicales contre Israël, notamment un embargo total sur les armes. Le Premier ministre, Pedro Sanchez, a déclaré que cette décision vise à “mettre fin au génocide à Gaza” et à “soutenir la population palestinienne”.

Les Pays-Bas avaient précédemment annoncé leur intention d'interdire l'entrée sur leur territoire à Smotrich et Ben-Gvir, affirmant qu'ils “encouragent la violence des colons contre les Palestiniens” et qu'ils jouent un rôle majeur dans la situation “intolérable et indéfendable” à Gaza.

En juin, le Royaume-Uni, la Norvège, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada ont imposé des sanctions aux deux ministres israéliens, les accusant d'inciter publiquement à la violence contre les Palestiniens.

En juillet, la Slovénie a déclaré les deux hommes persona non grata, une première pour un pays de l'UE, invoquant

“la violence extrême et les graves violations des droits humains des Palestiniens”

commises par leurs déclarations “génocidaires”. Elle a également souligné que les deux ministres

“prônent publiquement l'expansion des colonies israéliennes illégales en Cisjordanie, les expulsions forcées des Palestiniens, et appellent à la violence contre la population civile palestinienne”.

La semaine dernière, la Belgique a annoncé sa décision d'imposer des “sanctions fermes” à Israël, notamment en désignant les deux ministres israéliens et “plusieurs colons violents” persona non grata sur son territoire.

*Source : Quds News Network

Traduit par Spirit of Free Speech

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