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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Après sa condamnation, François Burgat dénonce une décision à la fois « politique » et «sous influence »

Publié par Gilles Munier sur 30 Mai 2026, 05:40am

Catégories : #François Burgat, #liberté d"expression, #terrorisme intellectuel, #Gaza

Le politologue annonce un pourvoi en cassation pour tenter de faire annuler sa condamnation pour apologie du terrorisme prononcée mercredi par la cour d’appel d’Aix-en-Provence

Par Feiza Ben Mohamed (revue de presse : Anadolu – 28 mai 2026)*

Condamné en appel à 5 000 euros d’amende pour « apologie du terrorisme », ainsi qu’au versement de 4 000 euros aux parties civiles, le politologue François Burgat conteste une décision qu’il estime guidée par des considérations extérieures aux faits.

L’ancien directeur de recherche au CNRS, poursuivi pour plusieurs publications liées à la guerre à Gaza, avait été relaxé en première instance dans une décision rendue en mai 2025 par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence. La cour d’appel a finalement infirmé cette décision.

Dans un entretien à Anadolu au lendemain du verdict, François Burgat a annoncé son intention de se pourvoir en cassation, avant d’envisager un éventuel recours devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

« On va vraisemblablement aller en cassation parce que c’est la condition pour pouvoir aller ensuite à la CEDH. Sur la cassation il y a assez peu d’optimisme parce que le détournement grossier de la législation sur l’apologie du terrorisme dont je suis la victime a déjà été cautionné à une ou deux reprises par la cour de cassation qui n’a pas joué son rôle de limiter les dérapages dans l’interprétation du droit mais a ajouté sa propre caution », a-t-il déclaré.

François Burgat affirme ne pas avoir été surpris par sa condamnation, expliquant s’être montré « très pessimiste au délibéré ».

« Je n’ai pas été surpris j’étais très pessimiste au délibéré, seulement je croyais qu’ils allaient m’attaquer sur l’affaire corolaire de l’affaire Paty, parce que c’est un terrain sur lequel l’opinion publique est quasiment unanime et un terrain sur lequel je n’avais absolument aucun soutien même si ma position était très très argumentée juridiquement », a-t-il expliqué.

Le politologue estime que cette affaire dépasse le seul cadre judiciaire et s’inscrit dans un contexte politique plus large.

« Donc je n’ai pas été surpris que ceux qui sont actuellement au pouvoir et qui sont intimement liés aux parties civiles et voulaient avoir ma peau, l’ont obtenue », a-t-il poursuivi.

François Burgat considère toutefois que cette condamnation « ne démontre en aucune façon » sa culpabilité.

« Ce jugement ne démontre en aucune façon ma culpabilité, en revanche il démontre que le système judiciaire évolue en France sous influence du pouvoir politique et que le pouvoir politique évolue en France sous influence étrangère », a-t-il soutenu.

Depuis le début de la procédure, François Burgat et ses soutiens dénoncent une utilisation extensive de l’incrimination d’« apologie du terrorisme » dans le traitement judiciaire des prises de position relatives à la guerre à Gaza.

L’universitaire indique désormais vouloir poursuivre la bataille judiciaire devant les juridictions européennes après l’épuisement des voies de recours internes en France.

Malgré la condamnation, François Burgat affirme recevoir de nombreux soutiens depuis l’annonce du verdict.

« Ce qui me permet de tenir en souriant c’est le nombre ahurissant de témoignages de solidarité qui me tombe dessus depuis hier », a-t-il confié.

L’affaire continue de susciter des débats dans les milieux universitaires, politiques et associatifs autour des limites de la liberté d’expression et de l’usage de l’incrimination d’« apologie du terrorisme » dans le contexte des discussions liées à Gaza.

Pour rappel, les poursuites reposent notamment sur deux prises de position : des déclarations dans lesquelles François Burgat affirmait avoir « infiniment plus de respect pour les dirigeants du Hamas que pour leurs homologues israéliens », et un message publié après la condamnation d’Abdelhakim Sefrioui dans le procès de l’attentat contre Samuel Paty, message par lequel il entendait dénoncer l’extension excessive, de la responsabilité pénale sous la qualification d’association de malfaiteurs.

*Source : Anadolu

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