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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Israël craint ne pas pouvoir se défendre contre l’Iran

Publié par Gilles Munier sur 20 Janvier 2026, 08:59am

Catégories : #Iran, #Netanyahou, #Trump, #Khamenei

Par Joe Lauria (revue de presse : Spécial Consortium News - 17 janvier 2026)*

Benjamin Netanyahu a appelé Donald Trump pour qu’il renonce à bombarder l’Iran car, selon certaines informations, Israël se sent vulnérable face à une riposte iranienne.

Israël craint que ses systèmes de défense aérienne, décimés par les Iraniens lors de la guerre de 12 jours en juin dernier, n’aient pas pu être suffisamment restaurées pour résister à la puissante riposte de Téhéran si les divagations publiques de Donald Trump devaient l’amener à bombarder l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donc appelé Trump mercredi pour lui demander de faire machine arrière jusqu’à ce qu’Israël soit prêt.

Le média israélien ynet Global a rapporté :

“Selon CNN, les responsables israéliens ont mis en garde contre la forte sollicitation des systèmes de défense aérienne lors du conflit direct avec l’Iran l’année dernière et ont déclaré ne pas penser que le régime iranien s’effondre sans une campagne militaire à long terme”.

CNN a écrit vendredi :

“Certains des principaux alliés des États-Unis se sont mobilisés en urgence en coulisses pour éviter une action militaire. Et Trump, réticent à prendre des mesures dont l’issue est incertaine et pourrait mettre en danger les militaires américains, s’est montré réceptif à ces arguments, ont déclaré plusieurs responsables américains.

“Mercredi après-midi, Trump s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a appelé le président à suspendre ses préparatifs de frappe, a révélé une source au fait de cet appel.

“Les Israéliens ne pensent pas que l’Iranle régime puisse s’effondrer sans un conflit prolongé, et s’inquiètent de l’état des défenses antimissiles du pays, qui ont été largement sollicitées lors du conflit entre Israël et l’Iran l’année dernière, a déclaré une autre source proche du dossier.

“Ces propos ont eu d’autant plus d’impact sur le président que M. Netanyahu a déjà appelé M. Trump à s’associer à l’action militaire israélienne contre l’Iran. Le New York Times a été le premier à rapporter cette conversation”.

En effet, le New York Times a publié jeudi un article surprenant intitulé “Israël et les pays arabes prient Trump de s’abstenir d’attaquer l’Iran”, avec un sous-titre qui dit :

“Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu demande au président de reporter toute attaque programmée. Les responsables israéliens et arabes craignent que l’Iran ne riposte en frappant leurs pays”.

L’article commence par citer un seul

“haut responsable américain” affirmant que Netanyahu “a demandé au président Trump de reporter tout projet d’attaque militaire américaine contre l’Iran”.

Mais l’article ne donne pas la raison pour laquelle Netanyahu, habituellement favorable à une frappe américaine, agirait ainsi, et ne corrobore pas non plus le sous-titre affirmant qu’Israël craint les représailles iraniennes.

Une telle révélation aurait été une bombe pour le Times, qui aurait alors pu rapporter qu’Israël n’est pas en mesure de résister à une contre-attaque iranienne après les destructions subies lors de la guerre de juin. L’article ne fournit aucune précision supplémentaire et passe à d’autres sujets sans mentionner à nouveau l’appel d’Israël à suspendre les frappes.

C’est presque comme si le Times avait peur d’admettre que la raison pour laquelle Israël a demandé à Trump de renoncer à son attaque est que, dans son état actuel d’impréparation, l’Iran lui fait peur.

Une tentative d’arnaque ?

net Global a déclaré que le président américain pense pouvoir nous rouler dans la farine :

“Trump a cherché à déclencher rapidement une frappe puissante, de préférence une action ponctuelle ou de très courte durée, avec pour objectif principal d’obtenir une issue claire, à savoir l’effondrement du régime iranien.

“Cependant, ses conseillers et les généraux du Pentagone n’ont pas été en mesure de garantir qu’une telle action soit exécutée rapidement. Une intervention fulgurante et massive nécessiterait des préparatifs poussés, comme ce fut le cas, par exemple, au Venezuela, préparatifs qui auraient pris des semaines.

“Quoi qu’il en soit, les généraux et les responsables du Conseil national de sécurité ont informé Trump que même une frappe contre l’Iran ne serait pas nécessairement suivie de l’effondrement du régime”.

Trump a dû être déçu d’apprendre que renverser le gouvernement iranien ne pouvait se faire en un après-midi et que l’Iran se défendrait.

“Une chose est sûre, une telle frappe déclenchera des représailles. Les bases américaines du Moyen-Orient seront attaquées, Israël sera contraint d’affronter et d’absorber des salves de missiles et de drones, et les industries énergétiques des autres alliés américains dans le Golfe pourraient elles aussi être touchées, entraînant une hausse des cours mondiaux du pétrole et du coût des produits pétroliers, y compris aux États-Unis”.

The Times of Israel a corroboré cette information :

“Les experts ont avertis qu’Israël risque d’être en moins bonne posture pour se défendre contre la menace des missiles iraniens qu’il ne l’était lors des 12 jours de combats entre les deux pays en juin, lorsque Israël a attaqué les dirigeants militaires, le programme nucléaire et la production de missiles de la République islamique”.

Stocks d’intercepteurs épuisés

Cinq jours seulement après le début de la guerre de 12 jours, The Wall Street Journal a rapporté que les stocks de missiles intercepteurs Arrow d’Israël étaient en train de s’épuiser,

“soulevant des inquiétudes quant à la capacité du pays à contrer les missiles balistiques longue portée de l’Iran si le conflit n’était pas résolu rapidement”.

La guerre a pris fin sept jours plus tard. Sans cela, Israël aurait épuisé l’ensemble de ses stocks.

Les États-Unis sont venus à la rescousse, mais ont dû tirer 150 missiles intercepteurs THAAD, soit 25 % de leur stock total, pour assister Israël. Il faut plus d’un an pour reconstituer ce stock, a rapporté le WSJ le 24 juillet 2025, un mois après la fin de la guerre. Dans cet article, le journal écrit :

“Bien qu’Israël dispose de son propre système de défense de pointe à plusieurs niveaux, qui comprend des systèmes tels que Arrow, David’s Sling et Iron Dome, le pays s’est trouvé à court de ses propres intercepteurs et a dû rationner ses ressources à la fin du conflit. Si l’Iran avait tiré quelques salves de missiles supplémentaires, Israël aurait épuisé ses stocks de munitions Arrow 3 de premier ordre, a expliqué l’un des responsables américains”.

Bien que ses systèmes de défense aérienne aient subi des destructions considérables lors des frappes aériennes israéliennes, un débat a eu lieu en Iran sur l’opportunité de poursuivre la guerre, alors que l’Iran avait mis Israël en difficulté.

Selon cet article du WSJ, l’Iran aurait détruit les principaux intercepteurs de défense aérienne d’Israël s’il avait lancé une salve de missiles supplémentaire. L’Iran ne le savait peut-être pas à l’époque et a accepté le cessez-le-feu imposé par Trump à la demande d’Israël.

Sept mois après la guerre, Israël semble toujours incapable de reconstituer ses stocks insuffisants d’intercepteurs pour repousser les missiles balistiques iraniens en cas de conflit prolongé. Et rien n’indique qu’Israël pourra y parvenir.

Les dégâts causés par l’Iran

Pendant la guerre, l’Iran a tiré 550 missiles balistiques et plus de 1 000 drones sur Israël. Tel-Aviv affirme en avoir intercepté 86 %.

Malgré l’acharnement des autorités israéliennes à censurer les informations provenant des sites bombardés, notamment en arrêtant des équipes de journalistes, l’ampleur des destructions subies par Israël pour ces prétendus quelques missiles ayant atteint leur cible a été considérable.

Le quotidien israélien Haaretz a rapporté que le système de défense aérienne israélien, pourtant tant vanté, n’a pas réussi à bloquer complètement le déluge d’armes iraniennes.

“L’administration fiscale israélienne a reçu des demandes d’aide financière pour près de 33 000 structures endommagées”, a-t-il déclaré.

Le journal a rapporté :

qu’“à Tel-Aviv, 480 bâtiments ont été touchés, dont beaucoup gravement, sur cinq sites distincts. À Ramat Gan, ce sont 237 bâtiments sur trois sites, dont une dizaine très lourdement. Dans une autre banlieue de Tel-Aviv, Bat Yam, 78 bâtiments ont été touchés par un seul tir ; 22 devront être rasés.

“L’administration fiscale israélienne a reçu des demandes d’aide financière pour près de 33 000 structures endommagées, et 4 450 autres demandes ont été déposées pour la perte de biens et d’équipements, et 4 119 autres pour des véhicules endommagés”.

Les attaques iraniennes ont tué 29 civils israéliens et, selon une carte publiée par Haaretz, 96 bâtiments ont été sérieusement endommagés.

À titre de comparaison, lors de la guerre du Golfe de 1991, l’Irak a tiré 42 missiles Scud sur Tel-Aviv et Haïfa, tuant deux Israéliens et endommageant 4 100 bâtiments, dont 28 ont été complètement détruits.

Le rapport de Haaretz n’évoquait que les bâtiments civils. L’Iran a également frappé plusieurs bases militaires israéliennes, notamment Kirya et Camp Moshe Dayan à Tel-Aviv, ainsi que la raffinerie de pétrole BAZAN à Haïfa, qui a subi d’importants dégâts, et l’Institut Weizmann des sciences à Rehovot, détruisant deux bâtiments.

Ou s’agit-il d’une ruse ?

Lorsque les États-Unis et Israël ont lancé l’attaque contre l’Iran en juin dernier, les deux pays ont prétendu que cette attaque n’était pas imminente. Les États-Unis ont fait croire à l’Iran aux négociations en cours sur un accord nucléaire. Trump a évoqué un délai de “deux semaines” pour parvenir à un accord, faute de quoi il y aurait des conséquences.

Mais il a frappé avant l’expiration de ce délai.

Ce n’était qu’une ruse délibérée pour dissimuler les préparatifs américains à une attaque. Cette ruse a été rapportée par le New York Times dans un article intitulé “Changement de cap et diversion : comment Trump a décidé de frapper l’Iran”.

Alors que le groupe aéronaval USS Abraham Lincoln continue de faire route vers le golfe Persique, certains pensent que les Israéliens et les États-Unis sont à nouveau en train de jouer un sale tour.

Vendredi, le directeur du Mossad, David Barnea, est arrivé à Washington pour un week-end de discussions. Si Trump décide de frapper, ce sera un défi lancé aux pays arabes du Golfe et à l’Égypte, dont les dirigeants lui conseillent vivement de ne pas mettre le feu à la région.

Mais il est bien plus enclin à écouter le Premier ministre israélien. Et quand Trump et Netanyahu s’allient, on peut craindre le pire.

*Source : Consortium News

Traduit par Spirit of Free Speech

Joe Lauria est rédacteur en chef de Consortium News et ancien correspondant des Nations unies pour The Wall Street Journal, Boston Globe et d’autres journaux, dont The Montreal Gazette, le Daily Mail de Londres et The Star de Johannesburg. Il a été journaliste d’investigation pour le Sunday Times de Londres, journaliste financier pour Bloomberg News et a commencé sa carrière professionnelle à l’âge de 19 ans en tant que pigiste pour The New York Times. Il est l’auteur de deux livres, A Political Odyssey, avec le sénateur Mike Gravel, préfacé par Daniel Ellsberg, et How I Lost By Hillary Clinton, préfacé par Julian Assange.

   
     
     

 

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