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Réunis samedi à Doha, les pays médiateurs et garants du cessez-le-feu à Gaza ont réclamé la mise en œuvre sans délai de la deuxième phase du plan de paix, et appelé au retrait complet des troupes israéliennes du territoire palestinien.
Revue de presse : Courrier international (7 décembre 2025)*
“Les principaux gouvernements régionaux sur lesquels se sont appuyés les États-Unis pour servir de médiateurs et promouvoir le cessez-le-feu dans la bande de Gaza ont lancé un nouvel avertissement samedi, appelant à des progrès dans la consolidation du plan avant qu’il ne s’effondre”, résume El País.
Le Qatar, la Turquie et l’Égypte, ainsi que plusieurs de leurs voisins arabes et les représentants de pays européens étaient réunis samedi au 23e Forum de Doha pour discuter de la paix dans l’enclave palestinienne, “alors que la première phase du fragile cessez-le-feu est sur le point de s’achever”, rapporte le quotidien espagnol.
Les participants, médiateurs en tête, ont mis en garde contre les risques de laisser le processus s’enliser, et appelé à lancer sans attendre la deuxième phase du plan de paix. Cette deuxième phase prévoit notamment la consolidation de la cessation des hostilités, le désarmement des milices palestiniennes et le déploiement d’une force de sécurité internationale.
“Nous sommes à un moment critique”, a déclaré le Premier ministre qatari Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, pour qui la réalité à Gaza “se résume à une simple ‘pause’ dans les hostilités plutôt qu’à un véritable cessez-le-feu”, rapporte Al-Jazeera. Selon les autorités de Gaza, 360 Palestiniens sont morts dans des frappes israéliennes depuis le début de la trêve le 10 octobre dernier.
« Retrait complet » d’Israël
Le dirigeant qatari a affirmé qu’un véritable cessez-le-feu ne pourrait être conclu “sans un retrait complet” des forces israéliennes et “le rétablissement de la stabilité et de la liberté de circulation pour les Palestiniens, ce qui n’est pas encore le cas”, ajoute la chaîne.
Le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, a déclaré en écho que “sans une intervention rapide des États-Unis, le processus de paix risquait de s’enliser” et appelé Washington à “intervenir sans délai pour que nous puissions passer à la deuxième phase, faute de quoi nous risquons de perdre notre élan”, note le média qatari. M. Fidan a estimé en outre que “le Hamas avait largement rempli ses obligations concernant la libération des otages”.
La libération de tous les otages vivants détenus à Gaza et la remise à l’État hébreu des dépouilles des otages décédés – en échange de la libération de prisonniers palestiniens – étaient l’un des points essentiels de la première phase du cessez-le-feu. À ce jour, il n’y a plus qu’une dépouille d’otage encore aux mains du Hamas.
Les appels lancés samedi depuis Doha semblent alignés avec les projets américains, note The Times of Israel, à qui un responsable américain avait confié cette semaine que Washington ambitionnait “d’annoncer dans les deux prochaines semaines une transition vers la deuxième phase”.
Désarmement du Hamas
Mais la mise en œuvre de cette deuxième étape s’annonce encore plus difficile que la première, tant les désaccords sont nombreux sur les objectifs à atteindre, en particulier le désarmement du Hamas et le déploiement de la force de sécurité internationale.
Samedi, le Hamas a affirmé qu’il était “prêt à remettre ses armes de la bande de Gaza à une autorité palestinienne administrant le territoire”, mais “à condition que l’occupation israélienne prenne fin”, relève Arab News. Le groupe armé a précisé en outre que par “autorité palestinienne”, il entendait “un État palestinien souverain et indépendant” – dont le Premier ministre Benyamin Nétanyahou ne veut pas entendre parler.
Quant à la force de sécurité internationale, “il est désormais clair que la plupart des pays arabes, ainsi que la Turquie”, souhaitent la voir déployée à Gaza, remarque The Jerusalem Post. Mais “ils ne semblent pas prêts à y envoyer leurs propres troupes”.
“La Turquie semble vouloir contribuer, mais Jérusalem s’oppose à un rôle accru d’Ankara à Gaza, craignant qu’Ankara ne soutienne le Hamas”, note le titre israélien. “Cette situation complexifie considérablement le passage à la phase suivante” et “l’administration Trump pourrait devoir s’impliquer davantage” pour convaincre ses partenaires.
*Source : Courrier international