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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Coup d’Etat avorté au Benin: l’AES cherchait-elle un accès à la mer ?

Publié par Gilles Munier sur 14 Décembre 2025, 08:37am

Catégories : #Bénin, #Sahel, #Macron, #AES

L'accès à la mer, un impératif pour l'AES

De même les capitales européennes ont suivi avec attention les événements, et la France a carrément mis son treillis militaire pour creuser ses tranchées et prendre part à la guerre.

Par Imad Mohamed Amine (revue de presse: Sahel Intelligence)*

Une semaine après le coup d’Etat avorté au Bénin opéré par le colonel Tigri, les analystes continuent à livrer des lectures de cet événement qui a secoué l’Afrique de l’Ouest.

De même, les capitales européennes ont suivi avec attention les événements, et la France a carrément mis son treillis militaire pour creuser ses tranchées et prendre part à la guerre.

L’intervention de la Cedeao a été interprétée par beaucoup comme une intervention de la France par le biais du Nigeria, considéré comme le maillon fort de l’organisation ouest-africaine au vu de la puissance de feu de son armée.

Coup d’Etat avorté au Bénin, l’accès à la mer prend le large

Toutefois, une lecture intéressante du coup d’Etat avorté au Benin veut que le complot était plus grand que ce qui a été rapporté; en ce sens que l’Alliance des Etats du Sahel avait besoin d’un débouché maritime, car aucune puissance ne peut être considéré comme puissance si elle ne possède pas un accès à la mer.

Et justement le Benin pouvait offrir cet espace maritime, et dans le même temps couper la Cedeao en deux, isolant de fait, le maillon fort de la Cedeao, le Nigeria.

Le coup d’Etat avorté au Bénin avait donc des objectifs, estiment des experts du Sahel, plus grands que l’opération menée par les mutions.

Une propagande qui a fait long feu

Les mutins n’avait pas un plan préparé avec rigueur, mais juste un plan de manifestations populaire. Le président mis aux arrêts, ils comptaient sur le peuple qui devait sortir par centaines de milliers dans les rues de Cotonou pour avaliser la changement par la violence.

Un enclavement difficile à porter dans un contexte économique hostile

Mais les choses n’ont pas fonctionné de la sorte et les hauts gradés de l’armée béninoise n’ont pas été impressionné par la mutinerie.

Echec cuisant pour les deux grands propagandistes de l’AES, Kemi Seba, qui ne sait plus où donner de la tête, et Nathalie Yamb, qui se fait toute petite et garde un silence très embarrassé.

Cette lecture du coup d’Etat avorté au Bénin est d’autant plus pertinente que des sources affirment que cette nécessité d’avoir un accès à la mer a été tant de fois discuté en haut lieu par les dirigeants du Mali, Niger et le Faso. Et c’est ce que les dirigeants de la Cedeao ont compris également pour dégainer aussi vite et rétablir Talon dans ses fonctions.

Conflit et divergences d’intérêts

Plus que d’autres, le Nigeria s’est senti directement menacé par ce coup d’Etat qui allait l’isoler définitivement de ses alliés de la Cédéao. Avoir autant d’Etats hostiles à ses portes incommodait Abuja, première puissance économique de la région.

La France avait également à gagner dans cette intervention militaire. Talon, de même que le Nigeria sont ces derniers alliés en Afrique de l’Ouest, et l’Elysée ne voulait pas d’une nouvelle déconvenue au Sahel.

La promesse du Maroc à l’AES? Une illusion

Depuis 2023, le Maroc propose l’Initiative Atlantique pour permettre à ces États enclavés d’accéder à l’océan via ses ports comme Tanger Med et Dakhla. Les ministres des Affaires étrangères de l’AES ont soutenu ce projet lors de rencontres à Rabat avec le roi Mohammed VI.

Mais depuis deux ans, on en est resté au stade des mots bienveillants, sans avancer dans le projet, les réalités du terrain étant tout autres. Ceci alors que les économistes sont restés sceptiques, après avoir démontré sur le papier, par des chiffres froids et sans ambiguïté, que le projet n’était pas rentable économiquement et que les coûts pour transporter des marchandises sur des milliers de kilomètres, de Tanger ou de Dakhla à Bamako, Niamey ou Ouagadougou, seraient très élevés et de ce fait les transactions non rentables financièrement.

De ce fait, le port de Cotonou était tout indiqué par les marchandises de l’AES. Comme par exemple le Niger, qui, après avoir rompu avec le français, Orano, a mis son uranium sur le marché et se trouve obligé de le transporter jusqu’au port de Lomé, avec des couts exorbitants qui diminuent sa rentabilité.

Par contre le port de Cotonou est beaucoup plus proche et plus simple d’accès si le Bénin intégrait l’AES.

Le Port Autonome de Cotonou est le principal port maritime du Bénin, vital pour son économie (90 % des échanges extérieurs) et servant de plateforme de transit pour les pays enclavés d’Afrique de l’Ouest (Niger, Mali, Burkina Faso).

Géré en partenariat avec le Port d’Anvers-Bruges depuis 2018 pour sa modernisation, il est en pleine expansion, se positionnant comme un hub logistique régional grâce à ses infrastructures en développement (nouveaux terminaux, certifications environnementales) et son ambition de devenir un leader de la connectivité en Afrique de l’Ouest. 

Imad Mohamed Amine est un journaliste spécialiste du Sahel

*Source : Sahel Intelligence

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