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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Hamas : les raisons de l’offensive du 7 octobre

Publié par Gilles Munier sur 24 Janvier 2024, 09:00am

Catégories : #Hamas, #Gaza, #Palestine

Par Al Mayadeen (revue de presse : Chronique de Palestine – 22 janvier 2024)*

L’opération « Déluge d’al-Aqsa » était une étape nécessaire et une réponse attendue pour faire face à tous les complots israéliens contre le peuple palestinien et sa cause ; c’était une action défensive dans le cadre de l’élimination de l’occupation israélienne de la Palestine, de la récupération des droits palestiniens et de la voie vers la libération et l’indépendance comme tous les peuples du monde, a déclaré le mouvement de résistance palestinien Hamas.

Téléchargez le document complet, version anglaise .pdf

Le Hamas a publié dimanche 21 janvier un mémorandum intitulé : « Notre récit… L’Opération Déluge d’Al-Aqsa », dans lequel le mouvement de la Résistance explique les raisons de l’opération du 7 octobre et les motifs qui la sous-tendent, ainsi que son contexte général concernant la cause palestinienne, tout en démystifiant le récit israélien et les accusations portées contre la Résistance palestinienne.

Le mouvement de la Résistance a expliqué qu’il y avait une multitude de raisons qui l’ont poussé à mener cette opération, notamment :

  • Les plans israéliens de juadisation de la mosquée al-Aqsa et les tentatives de la diviser.
  • Les actions du gouvernement israélien extrémiste et de droite, qui prend des mesures concrètes pour usurper la totalité de la Cisjordanie et d’Al-Qods occupée, tout en prévoyant d’expulser les Palestiniens de leurs maisons.
  • Les milliers de Palestiniens injustement détenus par l’occupation israélienne et privés de leurs droits les plus élémentaires dans un contexte d’agressions et d’humiliations extrêmes.
  • L’injuste blocus aérien, maritime et terrestre imposé à la bande de Gaza depuis 17 ans.
  • L’expansion sans précédent des colonies israéliennes en Cisjordanie.
  • Les escalades et les violences quotidiennes perpétrées par les colons contre les Palestiniens.
  • Les sept millions de Palestiniens déplacés qui vivent dans des conditions horribles dans des camps de réfugiés et qui souhaitent retourner sur leurs terres.
  • L’incapacité de la communauté internationale à créer un État palestinien et la complicité des grandes puissances pour empêcher la création d’un tel État.

Le Hamas a fait valoir qu’on ne pouvait attendre du peuple palestinien qu’il continue à rester les bras croisés et à compter sur les Nations unies, qu’il a qualifiées d’ « impuissantes », affirmant que sa seule option était de « prendre l’initiative de défendre le peuple palestinien, ses terres, ses droits et ses valeurs sacrées ».

Le Hamas a souligné que ses actions relevaient de l’autodéfense, un droit inscrit dans les lois et conventions internationales.

Un objectif de libération bien antérieur au 7 octobre

Comme le font les partisans de la résistance et de la cause palestiniennes, le Hamas a souligné que l’objectif de la libération n’est pas né le 7 octobre, « mais remonte à 105 ans, dont 30 ans de colonialisme britannique et 75 ans d’occupation sioniste ».

Le mémorandum précise qu’en 1918, le peuple palestinien possédait 98,5 % des terres palestiniennes et représentait 98 % de la population, avant que les sionistes, amenés en coordination entre les autorités coloniales britanniques et le mouvement sioniste, ne parviennent à prendre le contrôle de 6 % des terres palestiniennes, alors qu’ils représentaient 31 % de la population avant 1948, c’est-à-dire avant la création déclarée d’un « Israël ».

« À cette époque, le peuple palestinien s’est vu refuser le droit à l’autodétermination et les bandes sionistes se sont engagées dans une campagne de nettoyage ethnique contre le peuple palestinien visant à l’expulser de ses terres et de ses régions », ajoute le document.

Les bandes sionistes ont déplacé 57 % du peuple de Palestine et détruit plus de 500 villages et villes palestiniens, tout en commettant des dizaines de massacres contre le peuple palestinien jusqu’à la création d’ « Israël » en 1948. « Dans la poursuite de l’agression, les forces israéliennes ont occupé en 1967 le reste de la Palestine, y compris la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem, en plus des territoires arabes autour de la Palestine. »

Tout au long de la longue histoire de l’occupation de la Palestine, le peuple palestinien a souffert de toutes les formes d’oppression, d’injustice et de privation de ses droits fondamentaux, a souligné le Hamas, en donnant l’exemple de Gaza qui, en 2007, a été soumise à un blocus étouffant toujours en place à ce jour, la transformant en la plus grande prison à ciel ouvert du monde.

Le mouvement de résistance a également rappelé que : « Le peuple palestinien de Gaza a également souffert de cinq guerres/agressions destructrices dont Israël a été la partie belligérante ».

L’occupation israélienne au cours des décennies, entre janvier 2000 et septembre 2023, a tué 11 299 Palestiniens et en a blessé 156 768 autres, la grande majorité d’entre eux étant des civils, a ajouté le Hamas.

Dans le même temps, « l’administration américaine et ses alliés n’ont pas prêté attention aux souffrances du peuple palestinien au cours des dernières années, mais ont couvert l’agression israélienne ».

« L’administration américaine a apporté un soutien financier et militaire aux massacres perpétrés par l’occupation israélienne contre les civils palestiniens et à l’agression brutale de la bande de Gaza, et pourtant, les responsables américains continuent d’ignorer les massacres perpétrés par les forces d’occupation israéliennes dans [le territoire assiégé] », indique le document.

Commentant les accords d’Oslo de 1993 signés par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et l’occupant israélien sous les auspices des États-Unis, le Hamas a souligné que ces accords prévoyaient la création d’un État palestinien indépendant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, dont les efforts ont été « systématiquement anéantis » par « Israël » par le biais d’une « vaste campagne de construction de colonies et de judaïsation des terres palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem occupées ».

En réponse à toutes ces injustices, le Hamas s’est interrogé : « Qu’attendait-on du peuple palestinien après tout cela ? »

L’opération du 7 octobre a visé l’armée israélienne

Le mouvement de la Résistance a expliqué que son opération du 7 octobre visait à cibler des sites militaires israéliens et à faire pression sur les autorités israéliennes pour qu’elles concluent un accord d’échange de prisonniers afin de libérer les Palestiniens des prisons israéliennes.

L’objectif était de détruire la « division de Gaza » des forces d’occupation israéliennes et les sites militaires près des colonies autour de Gaza.

Les Brigades Al-Qassam, l’aile militaire du Hamas, ont souligné leur engagement à éviter de blesser les civils, en particulier les enfants, les femmes et les personnes âgées. Elles ont déclaré que tout ciblage de civils s’est produit de façon accidentelle lors d’affrontements avec les forces israéliennes.

Depuis sa création en 1987, le Hamas s’est engagé à éviter de nuire aux civils. Il a mentionné des initiatives visant à épargner les civils lors des combats, mais celles-ci auraient été ignorées par l’occupation israélienne.

La déclaration reconnaît que des fautes ont pu être commises au cours de l’opération Déluge d’Al-Aqsa en raison de l’effondrement rapide du système de sécurité israélien. Le mouvement Hamas a souligné qu’il traitait tout à fait correctement les civils [captifs] à Gaza, en étant prêt à les libérer lors d’une trêve humanitaire en échange de femmes et d’enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

La Résistance palestinienne a multiplié ses efforts pour cibler uniquement l’appareil militaire, avec de nombreux éléments de preuve, soulignant que « les clips vidéo pris ce jour-là – le 7 octobre – ainsi que les témoignages d’Israéliens eux-mêmes qui ont été publiés plus tard ont montré que les combattants des Brigades Al-Qassam ne visaient pas les civils, et que de nombreux Israéliens ont été abattus par l’armée et la police israéliennes en raison de leur état de confusion ».

L’affirmation selon laquelle les combattants palestiniens auraient décapité 40 bébés a été fermement démentie, même par des sources israéliennes. Malheureusement, de nombreux médias occidentaux ont repris et promu cette accusation totalement mensongère, peut-on lire dans le document.

L’accusation selon laquelle des combattants palestiniens, y compris des éléments du mouvement Hamas, auraient violé des femmes israéliennes, a été totalement démentie. Un rapport publié le 1er décembre 2023 par Mondoweiss a souligné l’absence de preuves concernant le prétendu « viol collectif » du 7 octobre, suggérant qu’ « Israël « a utilisé cette allégation pour envenimer la situation à Gaza.

Selon les journaux israéliens Yedioth Ahronoth du 10 octobre et Haaretz du 18 novembre, un hélicoptère militaire israélien a tué de nombreux colons israéliens, y compris ceux qui participaient au festival de musique Nova, près de Gaza, où 364 colons ont trouvé la mort.

Les combattants du Hamas, qui n’étaient pas au courant de la tenue du festival, ont été pris pour cible par l’hélicoptère. Pour empêcher de nouvelles infiltrations depuis Gaza, les forces d’occupation israéliennes ont frappé plus de 300 cibles dans les zones environnantes.

Des témoignages israéliens ont confirmé que les raids et les opérations de l’armée d’occupation ont tué à la fois des captifs israéliens et leurs ravisseurs. La directive « Hannibal » de l’armée israélienne préconise de préférer la mort d’un prisonnier ou d’un soldat, à un prisonnier vivant afin d’éviter les échanges de prisonniers avec la résistance palestinienne.

Les autorités d’occupation ont révisé le nombre de leurs soldats et civils tués de 1400 à [moins de] 1200 après avoir découvert que 200 cadavres brûlés appartenant à des combattants palestiniens avaient été mélangés à des cadavres israéliens.

C’est l’armée israélienne dotée d’avions militaires, qui est responsable des destructions du 7 octobre.

Les raids aériens intensifs de l’occupation israélienne à Gaza ont entraîné la mort de près de 60 captifs israéliens, ce qui témoigne d’un mépris total pour leur vie, a souligné le Hamas.

Le Hamas a également ajouté que le nombre de « civils » israéliens tués était exagéré par le fait que de nombreux colons israéliens tués au cours de l’opération étaient armés et combattaient aux côtés des forces d’occupation israéliennes, mais qu’ils ont été enregistrés comme « civils » après avoir été tués au combat.

« Ceux qui soutiennent l’agression israélienne ne considèrent pas les événements de manière objective, mais cherchent plutôt à justifier les massacres de Palestiniens par Israël en affirmant qu’il y aurait des victimes parmi les civils lors de l’attaque des combattants du Hamas », peut-on lire dans le mémorandum.

Un appel à la justice

Le Hamas, mettant en doute l’engagement de certains pays, à savoir les États-Unis, l’Allemagne, le Canada et le Royaume-Uni, en faveur de la justice, le mouvement a exhorté le procureur et l’équipe de la Cour Pénale Internationale [CPI] à se rendre rapidement en Palestine occupée pour examiner les crimes et les violations de première main, plutôt que de s’appuyer sur des observations à distance ou de céder aux restrictions imposées par les Israéliens.

En décembre 2022, l’Assemblée générale des Nations unies a demandé l’avis de la Cour internationale de justice sur les conséquences juridiques de l’occupation illégale par « Israël », soutenue par près de 100 pays, a souligné le mouvement de résistance. Les pays qui soutiennent l’occupation ont rejeté cette demande, entravant ainsi les efforts visant à poursuivre les criminels de guerre israéliens par le biais de la compétence universelle des tribunaux européens.

Les événements du 7 octobre doivent être compris dans le contexte plus large des luttes contre le colonialisme et l’occupation. Des luttes similaires démontrent que l’oppression par les occupants suscite des répliques correspondantes de la part de ceux qui subissent l’occupation.

Les peuples du monde entier ne sont pas dupes des mensonges répétés par les gouvernements qui soutiennent le discours israélien, dans le but de justifier des positions partiales et de dissimuler les crimes israéliens. Ces nations négligent les causes profondes du conflit – l’occupation et le déni du droit des Palestiniens à vivre dignement sur leurs terres.

Elles font également preuve d’indifférence à l’égard du blocus injuste imposé à des millions de personnes à Gaza et du sort des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, où les droits fondamentaux sont bafoués.

En conclusion du mémorandum, le Hamas demande l’arrêt immédiat de l’agression israélienne à Gaza, l’obligation de rendre compte des souffrances humaines causées par l’occupation israélienne, le soutien à la résistance palestinienne et la solidarité des nations du monde contre la politique des deux poids, deux mesures.

La Résistance poursuit en demandant que les grandes puissances cessent de couvrir « Israël », en rejetant toute décision prise par des puissances étrangères concernant l’avenir de Gaza et en s’opposant aux tentatives d’expulsion israéliennes. Le Hamas a appelé à une pression mondiale permanente pour mettre fin à l’occupation, à une résistance à la normalisation avec le régime israélien et à un boycott complet de l’occupation et de ceux qui la soutiennent.

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*Source et Traduction : Chronique de Palestine

Version originale : 21 janvier 2024 – Al-Mayadeen

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