/image%2F0932250%2F20260103%2Fob_e5ce27_france-24.png)
Le président américain, Donald Trump, a prévenu vendredi que les États-Unis pourraient intervenir en Iran si le pouvoir tuait des manifestants. "Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir", a-t-il affirmé. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réagi en rejetant comme "imprudente et dangereuse" la menace.
Par FRANCE 24 (revue de presse – 2 janvier 2026)*
La menace est claire. Le président américain, Donald Trump, a affirmé sur son réseau Truth Social, vendredi 2 janvier, que "si l'Iran tir(ait) sur des manifestants pacifiques et les tu(ait) violemment, comme à son habitude, les États-Unis d'Amérique viendr(aie)nt à leur secours".
"Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir", a-t-il écrit, alors que des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait six morts jeudi en Iran, les premiers depuis le début, il y a cinq jours, d'une mobilisation contre la vie chère dans le pays.
En réaction, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rejeté comme "imprudente et dangereuse" la menace brandie par le président Donald Trump. "Le message du président Trump aujourd'hui, probablement influencé par ceux qui craignent la diplomatie ou qui croient à tort qu'elle est inutile, est imprudent et dangereux", a déclaré sur X le ministre iranien, soulignant que si le mouvement en cours était surtout pacifique, "les attaques criminelles contre les biens publics sont intolérables".
Plus tôt dans la journée, un conseiller du Guide suprême iranien, Ali Larijani, a réagi en suggérant à Donald Trump de "prendre garde" en cas d'intervention en Iran. "Trump devrait savoir que toute ingérence américaine dans cette affaire interne équivaudrait à déstabiliser toute la région et à nuire aux intérêts américains", a écrit Ali Larijani sur le réseau social X. "Qu'il prenne garde à ses soldats", a ajouté celui qui dirige la plus haute instance de sécurité en Iran.
Un autre conseiller du guide suprême iranien, Ali Shamkhani, a de son côté déclaré que toute intervention américaine en Iran constituerait une "ligne rouge". "Toute main interventionniste qui s'en prendrait à la sécurité de l'Iran, sous quelque prétexte que ce soit, s'exposera à une riposte", a écrit sur le réseau social X Ali Shamkhani. "La sécurité de l'Iran est une ligne rouge", a-t-il ajouté.
"Fermeté" des forces de l'ordre
Le porte-parole de la police iranienne, Saïd Montazeralmahdi, a assuré vendredi comprendre les revendications d'ordre économique des manifestants. Il a cependant averti que les forces de l'ordre ne toléreraient aucun "chaos", dans un communiqué relayé par l'agence de presse Isna.
"Ces protestations de nature purement économique et civile expriment la volonté de la population d'améliorer ses conditions de vie", a-t-il souligné dans une déclaration inhabituellement conciliante de la police à l'égard de manifestants.
"La police distingue clairement les revendications légitimes de la population des actions destructrices (...) et ne permettra pas à des ennemis de transformer les protestations civiles en troubles et en chaos", a ajouté Saïd Montazeralmahdi.
La contestation en Iran touche ou a touché, à des degrés divers, au moins 20 villes différentes, essentiellement de taille moyenne et situées dans l'ouest du pays, selon un décompte de l'AFP basé sur les annonces officielles et les médias locaux. Elle a donné lieu localement à des affrontements et des dégradations contre des bâtiments publics.
Le procureur du district central de la province du Lorestan, dans l'ouest, Ali Hassanvand, a également prévenu vendredi que "toute participation à des rassemblements illégaux et toute action visant à troubler l'ordre public" constituaient "des crimes" qui seraient traités "avec la plus grande fermeté par la justice".
Il a lui aussi insisté sur la nécessité de distinguer les manifestants défendant les moyens de subsistance des émeutiers. "Nul ne peut commettre d'actes illégaux ni menacer la sécurité des personnes sous prétexte de problèmes économiques ou sociaux", a-t-il dit.
Trente personnes accusées de "troubles à l'ordre public" ont été arrêtées à Téhéran, a indiqué jeudi soir l'agence Tasnim, alors qu'aucun incident n'avait été officiellement rapporté ces derniers jours par les autorités dans la capitale.
Le mouvement est parti dimanche de la capitale du pays, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l'hyperinflation et le marasme économique. Il a ensuite gagné des universités et le reste du pays.
*Source : France 24 (avec AFP)