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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


L’Assemblée générale endosse l’avis de la Cour internationale de Justice sur les obligations d’Israël concernant les activités de l’ONU en Palestine

Publié par Gilles Munier sur 15 Décembre 2025, 08:42am

Catégories : #ONU, #UNRWA, #Palestine

Revue de presse : Quatre-vingtième session - 61e séance plénière – matin (12 décembre 2025)*

L’Assemblée générale a adopté, ce matin, à une très large majorité des États Membres, une résolution qui approuve les termes de l’avis consultatif rendu le 22 octobre dernier par la Cour internationale de Justice (CIJ) sur « les obligations d’Israël en ce qui concerne la présence et les activités de l’Organisation des Nations Unies, d’autres organisations internationales et d’États tiers dans le Territoire palestinien occupé et en lien avec celui-ci ». 

Par ce texte, présenté par la Norvège et entériné par 139 voix pour, 12 voix contre et 19 abstentions, l’Assemblée affirme qu’Israël, en tant que Puissance occupante , est tenu d’administrer le Territoire palestinien occupé « dans l’intérêt de la population locale » et que, faute de s’acquitter lui-même des obligations découlant de la quatrième Convention de Genève, il doit laisser agir l’ONU « par l’intermédiaire de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) ». 

À cette aune, l’Assemblée générale « exige » d’Israël qu’il s’acquitte sans délai de toutes les obligations juridiques que lui impose le droit international, y compris celles qui sont énoncées par la CIJ, et, dans ce cadre, qu’il permette et facilite immédiatement la fourniture d’une aide humanitaire vitale et de services de base à la population civile palestinienne, en particulier les secours fournis par l’UNRWA. 

De surcroît, elle « prie instamment » tous les États de coopérer avec l’ONU en ce qui concerne la question de Palestine et de s’employer activement à la pleine application de l’avis consultatif de la CIJ et de toutes les résolutions pertinentes de l’Organisation. 

Israël et les États-Unis s’en prennent à l’UNRWA, agence « compromise » 

La présentation de ce texte a déclenché les foudres d’Israël et des États-Unis, ces deux délégations ayant voté contre, à l’instar de 10 autres pays, dont l’Argentine et la Hongrie.  Bien que la Norvège ait assuré que le projet de résolution ne visait aucun gouvernement ou régime particulier et se voulait un appel en faveur de l’ordre juridique international, le représentant d’Israël y a vu une instrumentalisation politique visant son pays et faisant fi de la réalité du terrain. 

Le texte, a-t-il accusé, mentionne à peine le Hamas et exige d’Israël qu’il coopère avec l’UNRWA, lequel n’est rien d’autre qu’un « organe subsidiaire » de l’organisation terroriste responsable du massacre du 7 octobre 2023.  Selon le délégué, il a été prouvé que pas moins de 1 400 employés de l’Office étaient des membres actifs du Hamas, soit « un sur huit ».  Contredisant le Secrétaire général de l’ONU, il a ensuite affirmé que l’UNRWA n’est pas indispensable pour fournir l’aide humanitaire à Gaza et que l’ONU ferait mieux de couper les fonds de cette agence « compromise à tous les niveaux ». 

« Ce n’est pas le bon moment pour cette résolution, qui cible de manière injuste Israël », ont abondé les États-Unis, qui ont préféré insister sur le « leadership du Président Trump », grâce auquel, à Gaza, « la faim a cessé, le cessez-le-feu reste en vigueur, l’aide est acheminée de manière croissante et les otages ont été libérés ».  Avec ce texte, l’Assemblée générale cherche, à ses yeux, à diviser un Conseil de sécurité qui a su faire preuve d’unité en endossant le plan d’ensemble pour faire cesser le conflit à Gaza.  « Si cette résolution passe, Israël ne sera pas obligé de coopérer avec des acteurs, tels que l’UNRWA qui est complétement corrompu et pénétré par le Hamas », a-t-il renchéri. 

Des votes « pour » d’une grande diversité

Une fois le texte adopté, plusieurs pays l’ayant appuyé ont expliqué leur position. L’Allemagne a reconnu avoir pris une décision « difficile » en votant pour, assurant qu’elle suivra de près le processus en cours devant faire de l’UNRWA un mécanisme neutre, transparent et respectueux du principe de redevabilité.  L’Italie et la Suède, qui ont elles aussi promis de rester attentives à la bonne marche de ce processus, ont condamné le raid mené la semaine dernière par les forces israéliennes dans les locaux de l’Office à Jérusalem-Est. 

Sur ce dernier point, la Syrie, qui s’exprimait au nom de pays arabes accueillant des réfugiés palestiniens, a qualifié d’acte de colonisation le remplacement sur place du drapeau de l’ONU par celui d’Israël.  Elle a en outre mis en garde contre toute tentative de modification du mandat de l’Office qui chercherait à obliger les pays d’accueil à assumer des responsabilités supplémentaires en matière de prise en charge des réfugiés palestiniens. 

De leur côté, le Japon et le Canada ont assuré qu’ils resteront à la pointe de l’aide humanitaire aux habitants de Gaza en vue de contribuer, à terme, à la reconstruction d’un territoire administré par les Gazaouites et où le Hamas n’aura aucune place et aucun rôle à jouer. 

Elle aussi favorable au texte, la Fédération de Russie a salué la tendance croissante consistant à demander des avis consultatifs à la CIJ.  Selon la délégation, chacun des avis de la Cour démontre la capacité du principal organe judiciaire de l’ONU à apporter des réponses juridiques faisant autorité. 

La République islamique d’Iran a, quant à elle, estimé que cet avis consultatif « important » ne doit pas exonérer la communauté internationale de son obligation de mettre fin aux crimes les plus abjects, au premier rang desquels « le génocide des Palestiniens ».  Sur la même ligne, Cuba a affirmé que l’histoire se chargera « non seulement de juger l’auteur de ce génocide mais aussi le premier de ses complices, les États-Unis ».

Les autres décisions de l’Assemblée générale 

Par ailleurs, l’Assemblée a entériné par consensus le rapport de la Commission de vérification des pouvoirs.  À cette occasion, l’Argentine, l’Équateur, le Paraguay et le Pérou ont demandé que cette approbation ne soit pas interprétée comme une reconnaissance tacite du Gouvernement du Président vénézuélien Nicolás Maduro. 

Exerçant son droit de réponse, le représentant du Venezuela a rejeté les déclarations de pays, qui, selon lui, se comportent comme des « satellites lamentables » des États-Unis. Les tentatives répétées de Washington de remettre en question les pouvoirs de notre délégation sont « une ingérence caractérisée qui, à force, pourraient mener au chaos dans les relations internationales », a-t-il averti.  Pour le délégué, les États-Unis, qui assassinent des ressortissants vénézuéliens en mer des Caraïbes, cherchent à détruire le Venezuela et à faire main basse sur la région.  « Face à l’entreprise de la paix par la force de la Maison Blanche, l’ONU doit réagir! » s’est-il exclamé. 

L’Assemblée générale a également fait sien, sans vote, un projet de résolution du Tadjikistan, intitulé « 2027, Année internationale de la sensibilisation juridique » et salué par les États-Unis, avant de procéder à l’élection de deux membres du Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix (CCP), la Croatie et El Salvador, pour une durée de deux ans à compter du 1er janvier 2026. 

Enfin, l’Assemblée a entendu les dernières explications de vote relatives à la séance tenue mercredi sur l’aide humanitaire. 

*Source : https://press.un.org/fr/2025/ag12743.doc.htm

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