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Visant à faire de l'enclave une "Côte d'Azur", chaque Gazaoui souhaitant partir temporairement ou définitivement recevrait 5 000 $ ; le président presse Benjamin Netanyahu d’anéantir le Hamas
Par Nava Freiberg (revue de presse : The Times of Israël - 1er Sep 2025)*
Trump examine actuellement une proposition pour la reconstruction d’après-guerre de Gaza qui placerait la bande de Gaza sous contrôle américain pendant dix ans et verserait une aide financière à environ un quart de sa population pour qu’elle se relocalise, dont beaucoup de manie permanente.
Des sources anonymes proches du dossier ont déclaré au Washington Post que les principaux aspects de la proposition avaient été conçus pour « concrétiser » le souhait exprimé par le président américain Donald Trump de transformer Gaza en « Côte d’Azur du Moyen-Orient ».
Ce plan placerait l’enclave sous tutelle américaine contrôlée pendant environ dix ans, « jusqu’à ce qu’une politique palestinienne réformée et déradicalisée soit prête à prendre le relais », selon l’article du Washington Post, citant une présentation de 38 pages de la proposition « GREAT Trust », acronyme de Gaza Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation (Reconstitution, accélération économique et transformation de Gaza).
Au cours de cette période, l’enclave ravagée par la guerre serait reconstruite pour devenir un centre touristique et technologique rentable, financé par des investisseurs publics et privés qui financeraient de grands projets de construction, comme des usines de véhicules électriques, des centres de données, des stations balnéaires et des complexes de gratte-ciel résidentiels.
Dans le même temps, les Gazaouis seraient encouragés à quitter la bande de Gaza. Ceux qui choisiraient de partir, de façon temporaire ou permanente, recevraient « une aide financière de 5 000 dollars, ainsi que des subventions pour couvrir quatre ans de loyer ailleurs et un an de nourriture », selon le Washington Post.
Selon les estimations du GREAT Trust, environ un quart des plus de deux millions d’habitants de Gaza choisirait de quitter l’enclave le temps de sa reconstruction. Parmi eux, 75 %, soit 375 000 personnes, choisiraient de quitter définitivement l’enclave.
Ce plan s’appuie sur des modèles financiers élaborés par une équipe du Boston Consulting Group (BCG) basé à Washington, qui a également collaboré avec l’entrepreneur principal de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël.
Les consultants prévoient un retour sur investissement quadruplé, soit environ 100 milliards de dollars sur les dix années que durera la reconstruction. Ils ont également suggéré, dans leur présentation, que les coûts supplémentaires pourraient être réduits en encourageant davantage de Gazaouis à émigrer et en sollicitant davantage d’aide internationale.
Une fois que Gaza sera « démilitarisée et déradicalisée », le Great Trust transférera ses pouvoirs à une entité politique palestinienne indépendante, qui finira par « adhérer aux Accords d’Abraham » – les accords de normalisation négociés par Trump lors de son premier mandat entre Israël et plusieurs États arabes -, indique la proposition.
La Maison Blanche et le Département d’État ont refusé de commenter cette information auprès du Washington Post, tandis que BCG a déclaré que le travail sur le plan fiduciaire n’avait pas été expressément approuvé et que deux associés seniors à l’origine de la modélisation avaient par la suite été licenciés.
Une personne au fait de ce projet a déclaré au journal que le document avait été finalisé en avril « et qu’il n’a subi que des modifications mineures depuis ». Elle a également souligné que cette proposition n’était pas « normative, mais exploratoire ». Certains de ses volets avaient déjà fait l’objet d’un article dans le Financial Times en juillet.
L’article du Washington Post fait suite à la réunion organisée mercredi à la Maison Blanche par Donald Trump avec des responsables, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le gendre de Trump, Jared Kushner, pour discuter de la manière de mettre fin à la guerre à Gaza et des mesures à prendre à l’avenir.
Selon le Sunday Times, qui ne cite pas ses sources, Blair, qui prépare depuis plusieurs mois un plan pour l’après-guerre à Gaza, aurait déclaré à Trump lors de la réunion que les Gazaouis « avaient désespérément besoin d’un nouveau leadership et rêvaient de devenir le prochain Dubaï ».
Trump ne croit plus aux pourparlers sur les otages et exhorte le Premier ministre à anéantir le Hamas
Alors qu’il poursuit ses plans pour l’après-guerre à Gaza, Trump aurait perdu confiance dans l’efficacité des négociations en vue d’un accord de cessez-le-feu et de libération des otages. Il ferait désormais pression sur le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, pour qu’il accélère la défaite du groupe terroriste palestinien du Hamas, a rapporté dimanche la chaîne N12, citant des sources anonymes.
Cette position encouragerait Netanyahu à privilégier soit la prise de contrôle militaire totale de Gaza, soit un accord global strictement conforme aux conditions d’Israël, malgré l’opposition des responsables de la sécurité à de tels plans.
Selon N12, Trump semble convaincu que le Hamas pouvait être vaincu de manière décisive, « probablement même en moins de deux semaines », et il estime avoir déjà accompli sa mission en ramenant la plupart des otages, surtout après la libération en mai de l’otage américano-israélien Edan Alexander.
Selon la chaîne, Trump a soutenu les efforts de Witkoff pour négocier un accord et il a été initialement convaincu que les pourparlers aboutiraient en juillet, après la reprise des négociations sur les otages par le Hamas et l’optimisme affiché par les médiateurs qataris.
Cependant, lorsque le Hamas a durci sa position et que la communauté internationale s’est indignée des informations faisant état de la situation humanitaire désastreuse à Gaza, Trump a « perdu patience » vis-à-vis du Hamas, a rapporté N12. Une partie de cette frustration, selon la chaîne, serait due au fait qu’il s’était laissé convaincre à tort par l’optimisme qatari quant à la conclusion d’un accord.
Netanyahu s’est également « rangé à l’avis » de Trump à peu près au même moment, déclarant que l’occasion de conclure un accord était passée et ordonnant à la délégation israélienne de rentrer de Doha.
Même lorsque le Hamas a approuvé la proposition il y a deux semaines, Witkoff a refusé de s’engager, ne faisant plus confiance aux Qataris et ne voulant pas risquer d’embarrasser Trump, selon une source.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
*Source : The Times of Israël