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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Eau, électricité: les Irakiens se révoltent

Publié par Gilles Munier sur 4 Juillet 2010, 06:47am

Catégories : #Irak

Par Gilles Munier/

 Le 18 juin, une famille de la région d’Abou Ghraib – homme, femme, enfants - a été décimée par des tueurs. L’officier de police chargé de l’enquête affirme que Fayçal Hassan, le père – âgé de 40 ans – employé au département gérant l’irrigation des fermes environnantes, n’était affilié à aucun parti politique ou groupuscule sectaire. « Le mobile des meurtres » - dit-il - « c’est l’eau ». Trois fonctionnaires de cet organisme ont été assassinés pour le même motif les mois précédents.

Le marasme politique provoqué par le renversement de Saddam Hussein a accentué la dégradation des services étatiques déjà mis à mal par 13 ans d’embargo, la corruption quasi institutionnalisée, les agents gouvernementaux qui arrondissent comme ils le peuvent leurs salaires trop bas, sont à l’origine de mécontentements populaires grandissants. Selon un rapport de la Croix-Rouge internationale qui fait référence à des statistiques étatiques, un Irakien sur quatre n’a pas accès à l’eau potable.

Soulèvements en perspective

Les systèmes de purification des eaux du Tigre et de l’Euphrate, polluées par les égouts, bourrées de bactéries, sont hors service depuis longtemps. Rien de sérieux n’est fait pour les remettre en état. Les comprimés qui permettraient de désinfecter l’eau manquent ou sont à un prix inabordable pour la majorité de la population. A cela s’ajoute pour les paysans, la salinisation des terres qui s’est accentuée depuis l’embargo décrété en 1990, notamment à la suite de l’interdiction faite aux Irakiens d’importer du matériel d’aspersion et de drainage. La disparition d’un pouvoir fort à Bagdad a laissé les mains libres à la Turquie de gérer le fonctionnement de ses barrages, et de déverser – en aval -  des reliquats chimiques utilisés pour fertiliser les terres irriguées.

Des soulèvements spontanés ou tribaux, provoqués par l’injustice, la misère ou la soif, sont prévisibles à plus ou moins brève échéance, en particulier dans le sud du pays, touché de plein fouet par la sécheresse. Dans la région de Diwaniya, par exemple, à 200kms au sud de Bagdad, la patience du cheikh Ali Ismaïl al-Zoubeidi, est à bout. L’eau qui devrait revenir à sa tribu est siphonnée en amont par des paysans disposant de pompes alimentées par des générateurs électriques. «Les agents gouvernementaux sont incapables de réguler la distribution », dit-il, «soit parce qu’ils sont corrompus, soit qu’ils ont peur pour leur vie ». Il prévient qu’il défendra les droits ancestraux de sa tribu, y compris par les armes.

La colère monte à Bassora : deux morts

A Bassora, l’été, la température dépasse 53°, avec un taux d’humidité très élevé. Dans les quartiers défavorisés, les habitants n’ont qu’une heure d’électricité par jour, ou paient jusqu’à 100 dollars par mois une alimentation par générateur, une fortune pour la plupart d’entre-eux, sans emploi. Des militaires montent la garde près des poteaux électriques pour protéger les employés qui déconnectent les branchements illégaux sur le réseau. Dans les hôpitaux, sans climatisation, les malades dorment la nuit dehors. Les patients ayant des problèmes de mobilité souffrent dans les locaux surchauffés. En 2009, l’UNESCO, estimait que plus de 100 000 Irakiens avaient quitté leur région depuis l’invasion en raison du manque d’eau. Le pays est en voie de désertification.

Fin juin, une manifestation de protestation a été durement réprimée sur ordre de Nouri al-Maliki. Bilan officiel : deux morts. Pour calmer la colère populaire, Karim Waheed, ministre de l’Electricité, a démissionné, et Al-Maliki a fait de l’énergie sa priorité. Il a promis de rétablir la situation dans deux ans, s’il est réélu ! En attendant, les Irakiens se souviennent qu’en 1991 le Président Saddam Hussein avait fait réparer les dégâts causés par les bombardements américains en quelques mois, en dépit de l’embargo. Sept ans après son renversement, la clique pro-iranienne au pouvoir et les mafias qui la soutienne, sont accusées d’incompétence et de se remplir les poches.

Sources :

http://www.france-irak-actualite.com/pages/guerre-de-l-eau-au-pays-des-deux-fleuves-mai-2006--1982344.html

http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=32537&Cr=drought&Cr1

http://www.heraldsun.com/view/full_story/8017236/article-Public-fury-over-power-outages-a-test-for-Iraq

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