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France-Irak Actualité

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Analyses, informations et revue de presse. La situation en Irak, au Proche-Orient et du Golfe à l'Atlantique.


Al-Maliki, Premier ministre? Une victoire iranienne à l'arrachée

Publié par Gilles Munier sur 4 Octobre 2010, 05:24am

Catégories : #Irak

   En Irak, les occupants – Etats-Unis/Iran -  ont le dernier mot, du moins au Parlement. La plupart des courant politiques issus des élections législatives du 7 mars ne voulaient plus de Nouri al-Maliki… Après sept mois de chicaneries – record mondial - sur fond de terrorisme et de sectarisme, l’Iran a sifflé la fin de la récréation et l’a imposé à nouveau. Mais, les Américains qui préféraient Al-Maliki pour demeurer en terrain de connaissance, font tout de même grise mine. L’Iran est de plus en plus seul maître du jeu, et l’influence grandissante de Moqtada al-Sadr, à l’origine de la dernière redistribution des cartes, est une épée de Damoclès suspendue au-dessus des bases militaires qu’ils entendent maintenir.

Une couleuvre difficile à avaler

   Comment en est-on arrivé là ? Moqtada qui, il y a une dizaine de jours, soutenait Iyad Allaoui et le vice-Président chiite Adel Abdel-Mahdi, a justifié son nouveau choix dans une sorte de fatwa où il donne l’impression d’avoir subi des pressions extérieures. La politique, y lit-on, est « un jeu cruel », « on prend et on donne, selon ses intérêts ». Avec lui, l’Iran, pas cité, n’y est sans doute pas allé par quatre chemins. Il aurait mieux valu que le Sayyed quitte la ville sainte de Qom pour le Liban, comme on lui en prêtait l’intention. Aussi, pour que la couleuvre soit plus facile à avaler, Nouri al-Maliki l’a informé qu’il réservait au courant sadriste le Secrétariat général du Conseil des ministres, la direction de l’anti-terrorisme, cinq ministères importants ; tous les détenus de l’Armée du Mahdi seraient libérés et des éléments de cette dernière intégrés dans les forces de sécurité.

Les Irakiens ne se font pas d’illusions

 sur la suite des évènements

   Ammar al-Hakim, chef du Conseil Suprême Islamique d’Irak, qui avait approuvé l’éventuelle candidature d’Iyad Allaoui à la présidence de la République, se retrouve provisoirement sur la touche, supplanté par l’ultra pro-iranien Hadi al-Amiri, chef de la Brigade al-Badr. Selon le quotidien égyptien El-Osboa (1), Ahmad Chalabi, un des intermédiaires ayant fait changer Moqtada d’avis, se verrait confier un rôle important dans la sécurité nationale, et « Haras Habib », un de ses proches, Kurde fayli (chiite) jouissant de la confiance des Gardiens de la révolution iranienne, serait nommé à la direction des services secrets.

   Le gouvernement irakien est loin d’être formé. Nouri al-Maliki attend la décision du bloc kurde sans lequel il n’a pas la majorité au Parlement. Sauf rebondissement, un nouveau round de marchandages s’ensuivra. A Bagdad, où les Irakiens ne se font pas d’illusions sur la suite désastreuse des évènements, les paris sont ouverts sur le nombre de semaines à attendre avant que Moqtada al-Sadr change de position et ordonne à ses partisans – comme il l’a fait en 2007 – de quitter le gouvernement.

Note :

(1) El-Osboa on line (30/9/10)

http://www.elaosboa.com/elosboaonline/news/show.asp?fesal_hussien=add&id=15080&vnum=fesal&page=internationalnews

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