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France-Irak Actualité

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Analyses, informations et revue de presse. La situation en Irak, au Proche-Orient et du Golfe à l'Atlantique.


Stratfor met en garde contre toute nouvelle intervention militaire en Libye

Publié par Gilles Munier sur 8 Février 2016, 18:01pm

Catégories : #Libye

Stratfor met en garde contre toute nouvelle intervention militaire en Libye

Revue de Presse : APS (Algérie Presse Service – 8/2/16)*

WASHINGTON- Le cabinet privé américain de renseignement Stratfor a mis en garde contre une autre intervention militaire en Libye qui pourrait, comme en 2011, mettre à mal ce pays, en l’empêchant de constituer une autorité centrale forte.

Dans une lecture sur l’évolution de la situation sécuritaire en Libye, publiée récemment par ce centre de renseignement et d’analyse stratégique, intitulée "la CIA clandestine", Stratfor a souligné que le plus grand défi en Libye après une autre opération militaire restera "la mise en place d’un système politique viable et durable".

"Comme les Etats-Unis et leur alliés européens se préparent pour intervenir en Libye, ils doivent être capables de réduire les capacités des djihadistes à contrôler les territoires. Cependant ils doivent faire face au même défi qu’il ont affronté en 2011 : construire un système politique stable à partir des débris de ce qui représentaient autrefois un Etat", a relevé ce cabinet.

Scott Stewart, le rédacteur de cette contribution, intitulée "la Libye peut-elle être rassemblée", a rappelé à ce sujet ses mises en gardes émises en 2011 sur les conséquences de l’intervention de l’alliance atlantique.

"En février 2011, soit un mois avant que la coalition internationale dirigée par l’Otan n’intervienne dans la guerre civile en Libye, j’ai écrit que renverser Al Kadhafi pourrait plonger la Libye dans le chaos qui permettrait aux djihadistes de prospérer", a rappelé cet expert qui a travaillé comme enquêteur au Département d’Etat et a eu à diriger à ce titre les investigations sur l’attentat du World Trade Center à New York en 1993.

"Le pire scénario que nous avions prévu en 2011 s’est concrétisé : plusieurs groupes djihadistes sont en plein essor en Libye et ont un impact négatif sur la sécurité du pays", a-t-il relevé.

Il a expliqué avoir fait cette évaluation sur la base d’un élément très important qui est le nombre de djihadistes libyens impliqués dans des activités terroristes mondiales depuis les années 1980.

Le nombre de ces terroristes n’a pas cessé d’augmenter durant les dernières années, encouragé par la politique d’Al Kadhafi de maintenir les services de sécurité et l’armée faibles et déstructurés, a ajouté Scott Stewart qui dirige à Stratfor les analyses sur le terrorisme et les questions sécuritaires.

D’ailleurs le nombre de libyens affiliés à Al Qaida est le plus important dans les pays musulmans, incluant aussi de hauts responsables influents de cette organisation terroriste comme Abou Yahia Al Libi, Anas Al Libi, Abou Faraj AL Libi et Laith Al Libi.

Le niveau de participation libyenne en Irak a été très bien illustré dans des documents découverts en 2007 par les forces armées américaines dans une maison secrète d’al Qaida à Sinjar, a-t-il indiqué.

Le dépouillement de ces documents connus sous le nom "fichiers de Sinjar", a révélé un nombre de 595 djihadistes qui sont partis en Irak pour prêter main forte à d’autres terroristes, dont 112 sont des libyens. Ce nombre est inférieur à celui des Saoudiens estimé à 244 mais reste le plus important dans le monde islamique comparé au nombre des populations de ces pays.

Les membres libyens d’al Qaida paraissent également plus radicaux que les Saoudiens. 85% de ces éléments se sont dit prêts à devenir des kamikazes, contre 50% pour les Saoudiens.

Les fichiers de Sinjar révèlent également que 60% d’entre eux sont originaires de Darnah et 24% de Benghazi, ce qui explique selon Scott Stewart, comment ces deux villes sont devenues des fiefs pour le terrorisme en Libye.

Ce spécialiste du terrorisme a conclu que les expériences de l’Irak et de l’Afghanistan avaient démontré qu’il était plus facile de renverser un régime d’un pays que de "le gouverner après une longue période de dictature".

Photo : Logo de Stratfor

*Source : APS

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