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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


MBS ou MBZ, qui est le roi du Golfe ?

Publié par Gilles Munier sur 18 Décembre 2021, 09:34am

Catégories : #Arabie, #Emirats

Par Anthony Samrani (revue de presse : L’Orient-Le Jour -15/12/21)*

La question que l’on pose aujourd’hui est évidemment provocatrice. Entre le prince héritier d’Arabie saoudite et celui des Emirats arabe unis, il ne devrait normalement pas y avoir match. Mohammad ben Salmane (MBS) est l’homme fort du royaume wahhabite, gardien des deux lieux saints, troisième plus grand producteur de pétrole au monde, et traditionnel leader de la péninsule arabique. Mohammad ben Zayed (MBZ) est pour sa part le dirigeant de facto d’une fédération qui vient de fêter son cinquantenaire et qui peut se targuer d’avoir réussi durant ce court laps de temps à s’imposer comme l’une des puissances qui comptent dans la région. De là à faire d’Abou Dhabi la nouvelle capitale du Golfe ? Pas encore.

Lors de la traditionnelle photo immortalisant le sommet du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) qui s’est tenu mardi à Riyad, c’est bien MBS qui se tient, fièrement, au centre de l’assemblée, tandis que MBZ est placé à l’extrême droite. Le dauphin saoudien vient d’achever une tournée dans la péninsule qui sonne à la fois comme un symbole de son grand retour et une façon d’officialiser à demi-mots la transition de pouvoir à Riyad, son père, le roi Salmane, ayant été étrangement absent durant toute la séquence. Pour la première fois depuis des années, les pays arabes du Golfe ont affiché un front uni, au moins en apparence, derrière l’Arabie saoudite, soutenant sa volonté de contrer le projet expansionniste iranien dans la région.

Trois ans après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul, MBS est en train de s’imposer à nouveau comme le chef de file du Golfe. Mais attention aux conclusions trop hâtives. Certains, dont MBZ, ne l’entendent en effet pas de cette oreille.

L’ancien « grand-frère » du prince saoudien, celui qui avait inspiré sa volonté de bousculer les codes du royaume, n’a aucune intention d’être désormais dans son ombre. MBZ veut jouer sa partition, indépendamment des plans saoudiens : retrait partiel du Yémen, intervention en Libye, soutien à Bachar el-Assad et surtout accord de normalisation avec Israël. Cette dernière carte, que MBS ne peut pas encore obtenir, est l’un de ses principaux atouts : elle lui permet de développer une alliance avec l’Etat hébreu et d’être dans les bonnes grâces de Washington, tandis que le prince saoudien est pour sa part  boycotté par le président américain Joe Biden. Les Emirats n’ont ni la taille ni le poids de l’Arabie saoudite. Mais la Sparte du Moyen-Orient semble beaucoup plus habile et efficace que son grand voisin.

Peut-il alors y avoir deux têtes dans le Golfe ? La dynamique concurrentielle risque probablement de s’intensifier d’autant plus que MBS a clairement pour projet de moderniser son royaume et d’en faire le nouveau Dubaï. Mais pour que Dubaï existe dans la péninsule, il ne peut y en avoir qu’un, pourrait lui répondre MBZ.

*Source : L’Orient-Le Jour – campagne par e-mail.
 

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