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France-Irak Actualité

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Analyses, informations et revue de presse. La situation en Irak, au Proche-Orient et du Golfe à l'Atlantique.


Syrie : Pour qui roule la « Brigade des martyrs de Yarmouk » ?

Publié par Gilles Munier sur 6 Juillet 2013, 14:37pm

Catégories : #Syrie

 

Par Gilles Munier

 

Le quotidien Times of Israël du 1er juillet dernier a publié l’interview d’un certain Laeth Horan, porte-parole de la « Brigade des martyrs de Yarmouk », théoriquement membre de l’ASL (Armée Syrienne Libre), qui remercie l’Etat dit hébreu d’avoir soigné ses combattants blessés lors d’affrontements avec l’armée syrienne le long de la « frontière » du plateau du Golan*.

 

Laeth Horan aurait pu s’en tenir là. Tout le monde aurait compris que des vies humaines étant dans la balance, la fin pouvait justifier les moyens. Mais, il est allé plus loin, se lançant dans un éloge d’Israël, assurant qu’il n’y a « pas d’enjeux » entre l’Etat juif et son organisation. Il a ajouté que cela valait « aussi pour l’après-guerre »… pour les « dix ans à venir ».  

 

Laeth Horan est soit un agent provocateur, soit un irresponsable. Ce qui est certain, c’est que ses déclarations ne servent pas la cause qu’il prétend défendre.  

 

La « Brigade des martyrs de Yarmouk » aurait été créée l’an dernier après les affrontements  entre la Brigade Soukour al-Golan (Faucons du Golan) de l’ASL et les fedayin du FPLP-CG (Front de Libération de la Palestine-Commandement général, d’Ahmed Djibril), dans le camp palestinien de Damas qui porte son nom. Elle a fait parler d’elle en mars dernier en enlevant 21 casques bleus philippins de la Force des Nations Unies pour le dégagement (FNUOD) qui patrouillaient le long de la « frontière » du Golan, puis quatre autres en mai, ce qui était déjà plutôt louche pour une organisation membre d’une armée rebelle recherchant le soutien de la « communauté internationale ». Pour ne rien arranger, on a appris que l’organisation Human Rights Watch la soupçonne du meurtre, près de Djamala, d’une dizaine de soldats gouvernementaux prisonniers, dont les images ont été postées sur Internet ce mois-là.

 

Est-ce un hasard si les quatre soldats philippins ont été enlevés le jour où le gouvernement syrien a annoncé  que le front du Golan était désormais ouvert – une première depuis trente ans ! – à des incursions de résistants palestiniens et de djihadistes voulant combattre Israël ? Jusqu’à cette date, la brigade rebelle manifestait son « antisionisme » de façade en tirant sur la « frontière » du Golan.

 

Pour qui roule donc la « Brigade des martyrs de Yarmouk » ? Qui est derrière celle qui a assassiné trois religieux chrétiens en juin, crimes rappelant ceux des sept moines de Tibhirine en Algérie ? Ce genre d’informations est toujours à prendre avec des pincettes car la réponse peut aussi bien se trouver parmi les éléments incontrôlables qui gangrènent l’opposition syrienne, que du côté du Mossad et des moukhabarat du régime de Damas qui infiltrent cette dernière.

 

*We have no beef with Israel, Syrian Islamist rebel group says, par 1/7/13)

http://www.timesofisrael.com/we-have-no-beef-with-israel-syrian-islamist-rebel-group-says/

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