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France-Irak Actualité

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Analyses, informations et revue de presse. La situation en Irak, au Proche-Orient et du Golfe à l'Atlantique.


"Pas de guerre, pas de pleurs !" Erdoğan veut contrôler le Kurdistan syrien

Publié par Gilles Munier sur 14 Octobre 2012, 16:47pm

Catégories : #Kurdistan

Par Muray Mert (revue de presse : Hurriyet Daily News – 12/10/12)

"La Turquie n’est pas loin de la guerre ... préparez la guerre si vous souhaitez la paix", a déclaré le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan comme si la Turquie était poussée vers la guerre en dépit de ses efforts pacifiques. En fait, ce n’est pas vrai, la Turquie s’est poussée elle-même à se rapprocher de la guerre en raison de sa politique syrienne. Non, ce n’est pas seulement le résultat d’erreurs de calcul du gouvernement concernant le processus syrien. Il est vrai que le gouvernement n’a pas pu comprendre la complexité de la situation, ni s’agissant de la Syrie ni de la politique régionale et mondiale en général, mais plus important encore, la Turquie a ses propres calculs concernant le changement de régime en Syrie.

En fait, les conditions semblaient en faveur d’un engagement lourd de la Turquie dans le début du processus de changement de régime en Syrie. La Turquie était désireuse d’avoir son mot à dire dans la Syrie post-al-Assad et la politique occidentale a encouragé la position de la Turquie. Puis tout a changé, mais la Turquie n’a pas changé sa position alors que les enjeux s’élevaient. La Turquie a soutenu l’Armée syrienne libre presque comme son mandataire, non seulement parce qu’elle rêvait de faire de la Syrie post-al-Assad son arrière-cour, mais aussi parce que la Turquie est obsédée par le contrôle des Kurdes dans toute la région. (1)

Maintenant, le gouvernement utilise le prétexte d’un tir de mortier syrien qui a tué cinq civils dans la ville frontalière d’Akcakale (2) afin d’intensifier la crise. Le gouvernement n’évite pas de nouvelles tensions, bien au contraire il utilise la tension pour ses propres calculs politiques. L’adoption par le Parlement turc d’une motion autorisant le gouvernement à s’engager dans des opérations militaires au-delà de ses frontières (3) est une étape inquiétante vers de nouveaux affrontements. Il a s’agit en effet d’un événement tragique, mais l’atmosphère politique en Turquie n’amène personne à douter sérieusement de la responsabilité de la politique gouvernementale qui encourage l’Armée syrienne libre à utiliser la frontière turque comme un refuge de sûreté. Si la Turquie avait été préoccupée par des affrontements à la frontière pour des raisons de sécurité, elle aurait également dû avertir l’Armée syrienne libre de maintenir les affrontements éloignés de la frontière turque. En oubliant de mettre en garde l’Armée syrienne libre, la Turquie encourage les militants par tous les moyens.

D’ailleurs, personne n’est prêt à discuter de l’empressement possible du gouvernement turc d’utiliser la motion pour commencer le contrôle militaire des régions kurdes du nord de la Syrie. Lorsque les Kurdes syriens ont pris le contrôle des régions à majorité kurde de la Syrie, les analystes pro-gouvernementaux ont ouvertement suggéré au gouvernement de donner plus de soutien à l’Armée syrienne libre afin d’arrêter les Kurdes.

Il semble que la Turquie envisage d’utiliser n’importe quelle excuse (4) pour contrôler militairement le nord de la Syrie, non pas pour se prévenir du régime de Bachar al-Assad, mais dans le but de dissuader les Kurdes d’accéder à l’autonomie dans le nord. C’est pourquoi le MHP nationaliste a ardemment soutenu la motion au Parlement. Par conséquent, une fois de plus nous avons besoin de voir que la question kurde est la clé pour l’avenir d’une Turquie pacifique et démocratique, à partir du moment où la guerre à domicile nous amène à proximité de la guerre à l’étranger. La Turquie se dirige vers des turbulences au niveau national et international. Afin d’arrêter que la Turquie ne glisse vers une politique autoritaire de la "guerre à domicile et la guerre à l’étranger," nous devrons nous opposer par tous les moyens. Pas de guerre, pas de pleurs !

Source : No war, no cry !

http://www.hurriyetdailynews.com/no-war-no-cry.aspx?pageID=449&nID=31854&NewsCatID=406

(1) Le parlement turc vient de prolonger une nouvelle fois pour un an son accord au gouvernement à mener des opérations militaires transfrontalières en Irak tel qu’il le fait depuis 2007.

(2) Cette autorisation est valable pour une durée d’un an.

(3) Dernière excuse en date l’interception surréaliste d’un jet civil syrien en provenance de Moscou au prétexte qu’il aurait contenu du matériel militaire, allégation qui a été catégoriquement démentie par l’organisme russe titulaire du monopole des exportations militaires (BTC) cité par le quotidien russe Kommersant

(4) A en croire un éditorial du journal turc Yurt Gazetesi, ce tir de mortier pourrait être une provocation. Lire « Provocation sanglante » sur :

http://www.legrandsoir.info/pas-de-guerre-pas-de-pleurs-hurriyet.html

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