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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Egypte en ébullition: "Relève la tête mon frère..."

Publié par Gilles Munier sur 7 Février 2011, 12:23pm

Catégories : #Egypte

 Article de Gilles Munier (AFI-Flash n°111)

« Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine », écrivait Mao Tsé- Toung, dans une lettre adressée le 5 janvier 1930, aux membres du Parti communiste chinois qui doutaient de la victoire rapide de l’Armée Rouge (1). On connaît la suite.

Premiers visés : les régimes pro-occidentaux

   En Tunisie, l’étincelle annonçant le grand chambardement - le suicide par le feu du malheureux Mohamed Bouazizi - a embrasé la « rue arabe » de Tunis à Amman, et ce n’est pas fini. Le temps où le Président Gamal Abdel Nasser criait à la foule: « Relève la tête mon frère, le temps de l’humiliation est passé », est de retour, porté par les mêmes exigences: l’indépendance nationale et la dignité. Tous les régimes pro-occidentaux sont visés, de l’Atlantique au Golfe. S’ils tombent : bon débarras ! Hillary Clinton, qui se demande comment canaliser tant de colère refoulée ou contenue, a raison de parler de « Tempête » s’abattant sur le monde arabe. En Egypte, pas certain que le général Omar Souleiman, 75 ans, y parvienne. Son nom est synonyme de répression des Frères Musulmans et de compromissions avec Israël. L’homme, formé en URSS, puis à Fort Bragg (Caroline du Nord) dans les années 1980, est mouillé jusqu’au cou dans le scandale des prisons secrètes de la CIA. C’est lui qui a fait interroger Ibn al-Sheikh Al-Libi, chef des moudjahidine d’Oussama Ben Laden à la bataille Tora-Bora en Afghanistan, pour lui arracher, sous la torture, de faux aveux sur les liens entre Al-Qaïda et Saddam Hussein et justifier l’invasion de l’Irak. Lui encore qui fait la chasse, en Egypte, aux Palestiniens du Hamas et qui contribue à affamer les habitants de la bande de Gaza.

L’heure des comptes a sonné

   En Jordanie, le roi Abdallah II a pris les devants en nommant Premier ministre Marouf Souleiman al-Bakhit, son conseiller chargé du renseignement, ancien ambassadeur en Israël. Il lui a demandé de mener « des réformes politiques et économiques authentiques », mais cela ne satisfait pas le Front de l’action islamique à la pointe de la contestation. Au Yémen, Ali Abdallah Saleh est revenu sur sa décision de se faire élire président à vie. En Algérie, Abdelaziz Bouteflika a baissé le prix de l’huile et du sucre pour calmer des émeutiers. Il envisage de lever l’état d’urgence en vigueur depuis 19 ans. Au Maroc, on parle de mouvements de troupes et d’une rencontre secrète, en France, au cours de laquelle Mohamed VI aurait demandé à Nicolas Sarkozy de l’aider à museler son opposition. Le prince Moulay Hicham, surnommé le « prince rouge », cousin du roi, pense que « tous les systèmes autoritaires seront affectés par la vague de protestation », y compris dans son pays. En Irak, Nouri al-Maliki, confronté à un raz le bol grandissant, s’est engagé à ne pas briguer un troisième mandat et à restituer 50% de son salaire - 30 000 $ par mois - au Trésor public. On attend que les parlementaires irakiens en fassent autant (2), ainsi qu’Iyad Allaoui qui a monnayé sa présidence du fantomatique Conseil national pour la politique stratégique contre un salaire identique à celui du Premier ministre.

   En Egypte, où l’heure des comptes a sonné, le premier acte de la révolte - la disparition de Hosni Moubarak de la scène proche-orientale - donne déjà des sueurs froides à Israël (4). Que se passera-t-il si les Frères Musulmans - demain majoritaires au Parlement - dénoncent le traité de paix avec Israël, signé par Anouar al-Sadate en 1979 ? Les Occidentaux fomenteront-ils un coup de force militaire annulant le scrutin, comme cela a été le cas, en 1991, en Algérie – avec complicité française - après la victoire électorale du Front Islamique du Salut (FIS) ? Au nom de la paix et de la démocratie, bien sûr… 

(1) Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine, par Mao Tsé-Toung

http://www.resistance-politique.fr/pages/mao-tse-toung-une-etincelle-peut-mettre-le-feu-a-toute-la-plaine-1930-3759422.html

(2) Les parlementaires irakiens s’empiffrent, par Gilles Munier -  http://0z.fr/McrPF

(3) Pourquoi la révolution égyptienne me fait peur, par Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël à Paris (Marianne - 5/2/11)

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hutin Gonzague 07/02/2011 17:19


Votre Merveilleux article, qui s'ouvre sur cette exhortation merveilleusement fière de Nasser, m'enthousiaste. Je suis d'autant plus sensible qe je b-viens de balancer sur Mediapart ce commentaire
(sur "mon" blog médiapart !! joli système inattendu) :
"Afrique-Asie.fr" se posait la question et y répond :" A qui va profiter la possible chute du président Moubarak ? Apparemment pas aux occidentaux, ni à Israël, ni même aux Palestiniens".

On peut envisager au contraire que l’option “islamiste” profiterait à Israël, dés lors acculé(fort heureusement pour son gouvernement ?) à filer plus vite encore vers ses objectifs ou ses rêves
:
1-La reprise du Sinaï : C'était du moins l'objectif décrit par Oded Yinon dans la revue Kivunim dans l'article "Stratégie d'Israël" des années 80 (1).
2- Si l'onde de trouble se répercute (par manipulation, pourquoi pas ?) jusqu’en Jordanie, ou la Monarchie Hachémite prolonge son "trop long règne" (selon l'expression du même article "Stratégie
d'Israël" de Kivunim (2)), risquerait de perdre son trône. C’est ce qu’attend Israël pour relancer sa vieille antienne de faire de la Jordanie la Palestine de tous les palestiniens, de ceux qui s'y
sont déjà réfugiés (60% de la population jordanienne, dit-on) comme de ceux de Cisjornanie, laquelle sera donc ethno-nettoyée puis annexée à Israël. Ce n'est pas par hasard que les medias(TV)
insistent lourdement sur l'éventualité islamiste, souhaitée en douce par certains, histoire de diaboliser une fois pour toute l'ensemble des arabo-musulmans et de présenter Israël comme le gardien
des démocraties occidentales. A défaut d’hypothèse vraisemblable, on ne peut nier que ce soit un rêve partagé par beaucoup. A voir ?

(1)-. "Israël ne prendra pas l'initiative de rompre le traité, ni aujourd'hui, ni en 1982, à moins d'y être acculé économiquement et politiquement, et que l’Egypte fournisse à Israël un prétexte
pour reprendre le Sinaï pour la quatrième fois dans notre courte histoire. Il reste donc la voie indirecte. Un situation économique égyptienne, le caractère du régime, sa politique pan‑arabe vont
créer une situation telle qu'après avril 1982, Israël va se trouver contraint d'agir, directement ou indirectement pour reprendre le Sinaï tant que réserve stratégique, économique et énergétique à
long terme. En raison de ses conflits internes, l'Egypte ne représente pas un problème stratégique d'un point de vue militaire, et elle pourrait être aisément réduite à sa situation d'après la
guerre de juin 67 "
(2)- "La Jordanie, elle, est un objectif stratégique à court terme. En effet, une fois terminé le trop long règne du roi Hussein, remplacé par un pouvoir palestinien, le pays se désintégrera
naturellement et ne constituera plus une menace pour l'avenir d'Israël.
La Jordanie ne peut plus survivre longtemps dans sa structure actuelle, et la tactique d'Israël, soit militaire, soit diplomatique, doit viser à liquider le régime jordanien et à transférer le
pouvoir à la majorité palestinienne. Ce changement de régime en Jordanie résoudra k problème des territoires cisjordaniens à forte population arabe ; par la guerre ou par les conditions de paix, il
devra y avoir déportation des populations de ces territoires, et un strict contrôle économique et démographique ‑ seuls garants d'une complète transformation de la Cïsjordanie comme de la
Transjordanie. A nous de tout faire pour accélérer ce processus « le faire aboutir dans un proche avenir".

Et aussi, ce commentaire surl'expression minable de "'islam "modéré" :
Note sur l’expression “Islam modéré”.
Par ailleurs, plutôt que de cantonner les musulmans dans une expression sémantique somme toute négative, les journalistes ne devraient-ils pas abandonner l'expression quasi blessante d' " Islam
modéré" par opposition à "Islamisme". Parlerait-on d'un catholique modéré, d'un juif modéré qu'on traduirait aussitôt négativement comme "catho ou juif tiède, médiocre, mauvais, ... C'est ni plus
ni moins injurieux. A croire que les sensibilités occidentales sont encore et toujours incapables de sortir de ses shémas habituels et de son propres point de vue. On peut comprendre le malaise
ressenti systématiquement face à ces incursions maladroites, volontaires ou non, dans le monde de la religion. parlons plutôt d'opposition entre "affidés formalistes" et "affidés d'ouverture".
Souhaitons tout cas que les spécialistes s'arrangent à l'avenir pour adopter une expression moins blessante, moins humiliante,et tout simplement plus adéquate.

Et enfin ce commentaire sur la Ministre minable MAM :
Plus grave que les impérities de la ministre, ses calomnies :
les impérities et les mensonges de la Ministre en Tunisie devraient suffire pour la "dégager"des Affaires Etrangères. Mais ce n'est pas grave en comparaison de la CALOMNIE qu'elle a proférée pour
discréditer la campagne de Boycott des produits fabriqués dans les colonies illégales, en déclarant qu'il s'agissait de boycoter les produits Casher. Car il ne s'est jamais agi de s'en prendre à la
religion juive. Qu'on soit d'accord ou non avec la Campagne BDS, ce procédé est carrément abject; et d'une bassesse infamante car elle l'a utilisé consciemment, pour plaire à ceux qu'elle courtise.
Cela discrédite la Ministre, mais aussi tous ceux qui la protègent, ou qui se taisent, ou qui profitent de ce mensonge pour appuyer leur cause. On ne défend pas de cause avec des mensonges, encore
moins des calomnies. C'est la pure honte et c'est dégueulasse.

Merci en tout cas de rappeler que la révolution actuelle n'est pas seulement d'ordre matériel, mais qu'il s'agit bien sûr de DIGNITE comme l'exhortait Nasser.


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