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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 09:57

Par Gilles Munier
L’opposant algérien Mourad Dhina, directeur exécutif de Alkarama, une ONG arabe des droits de l’homme, est incarcéré à la prison de la Santé depuis le 16 janvier, dans l’attente d’une décision de François Fillon - en fait de Nicolas Sarkozy - sur son éventuelle extradition en Algérie. S’il était remis aux autorités de ce pays, ce serait la première fois que la France livre un opposant algérien au régime d’Alger.
Onze ONG françaises et internationales ont déclaré que cette «extradition serait contraire aux conventions internationales dont la France est partie». Elles ont demandé au Premier ministre français de refuser la demande d’extradion, précisant que les poursuites engagées contre Mourad Dhina sont le fait de juridictions d'exception, et qu’il « risque d’être torturé » (1).

Un Erdogan algérien...

Le sociologue Lahouari Addi (SciencesPo Lyon) rappelle que « Mourad Dhina est un Erdogan algérien, il défend un islam compatible avec les droits de l’homme et la démocratie. Mais, pour le gouvernement algérien, il n’y a rien de pire que des islamistes autonomes » (2).

(1) http://www.ldh-france.org/France-Organisations-de-defense-de
(2) L’opposant qu’Alger réclame à Paris (Marie Verdier - La Croix – 26/1/12)
http://lequotidienalgerie.org/2012/01/26/lopposant-qualger-reclame-a-paris/

Sur le même sujet, lire aussi :
France: La décision absurde d’arrêter l’opposant algérien Mourad Dhina
Ce que cache l’arrestation de Mourad Dhina


Vidéo (8’) : «Perspectives de changement politique en Algérie » - Mourad Dhina (Fondation Cordoue de Genève -13/15 novembre 2008)
http://www.youtube.com/watch?v=YWmfM-QXq0w

Par Gilles Munier
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 09:48

Par Amnesty International* (27/01/12)
Les délégués d’Amnesty International se sont entretenus en Libye avec des prisonniers incarcérés à Tripoli et aux alentours, à Misratah et à Gheryan. Ils présentaient des marques visibles indiquant qu’ils avaient subi des actes de torture au cours des derniers jours et des dernières semaines, notamment des blessures ouvertes sur le crâne, les bras et les jambes, le dos et d’autres parties du corps.
 
Ces actes de torture sont infligés par des entités militaires et des services de sécurité officiellement reconnus, ainsi que par un grand nombre de milices armées opérant en dehors de tout cadre légal.

Nous n’avons connaissance d’aucune véritable enquête menée sur les cas de torture, et ni les victimes ni les familles des prisonniers morts en détention n’ont eu de recours en vue d’obtenir justice ou des réparations pour ce qu’elles ont subi.

Si de nombreux détenus nous ont raconté les tortures qu’ils ont subies, certains étaient trop effrayés pour se confier, craignant des sévices encore plus violents s’ils parlaient, et se sont contentés de nous montrer leurs blessures.

Des témoignages accablants
Les prisonniers, des Libyens et des ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne, ont raconté à Amnesty International qu’ils avaient été suspendus dans des positions contorsionnées, battus des heures durant avec des fouets, des câbles, des tubes en plastique, des bâtons, des chaînes et des barres métalliques, et qu’ils avaient reçu des décharges électriques infligées à l’aide de câbles sous tension et de pistolets semblables à des Taser.

Les types de blessures observées corroborent leurs témoignages. Les rapports médicaux qu’a pu consulter Amnesty International confirment également  le recours à la torture contre plusieurs détenus, dont certains sont morts en détention.

La majorité des prisonniers pris pour cibles sont des Libyens qui seraient restés fidèles au colonel Mouammar Kadhafi au cours du récent conflit. Quant aux étrangers, pour la plupart originaires d’Afrique subsaharienne, ils continuent d’être placés en détention de façon aléatoire, notamment en raison de leur situation irrégulière, et sont parfois torturés.

Les détenus sont généralement torturés au moment de leur arrestation par des milices armées locales et plus tard lors des interrogatoires, y compris dans les centres de détention officiels. Jusqu’à présent, ils n’ont pas été autorisés à consulter un avocat. Plusieurs d’entre eux ont raconté à Amnesty International qu’ils avaient « avoué » des crimes qu’ils n’avaient pas commis, uniquement pour qu’on cesse de les torturer.

À Misratah, les détenus sont torturés dans un centre d’interrogatoires géré par la sécurité militaire nationale (Amn al Jaysh al Watani), ainsi qu’aux sièges des milices armées.

Le 23 janvier, les délégués d’Amnesty International se sont entretenus avec des détenus à Misratah, torturés quelques heures auparavant. L’un d’entre eux, toujours incarcéré, a expliqué :
"Ce matin, ils m’ont emmené en haut pour m’interroger. Cinq hommes en civil se sont relayés pour me rouer de coups et me fouetter. […] Ils m’ont suspendu par les poignets en haut d’une porte pendant environ une heure, tout en continuant à me frapper. Ils m’ont aussi donné des coups de pied."

Un autre prisonnier a raconté qu’il avait été frappé sur les blessures qui lui avaient été infligées le mois précédent par des miliciens. Voici son témoignage :
"Hier, ils m’ont frappé avec un câble électrique, alors que j’avais les mains menottées derrière le dos et les pieds attachés. Ils ont menacé de me renvoyer aux mains des miliciens qui m’avaient capturé, qui me tueraient."

Morts en détention
Plusieurs détenus sont morts aux mains de milices armées à Tripoli et aux alentours, et à Misratah, dans des circonstances laissant à penser qu’ils ont été torturés.

Les proches d’un ancien policier, père de deux enfants, originaire de Tajura, à l’est de Tripoli, ont raconté à Amnesty International qu’il avait été arrêté par une milice armée locale en octobre 2011 et qu’ils n’avaient pas pu savoir où il se trouvait pendant près de trois semaines, jusqu’à ce qu’il puisse appeler sa femme.

Quelques jours plus tard, sa famille a été informée par un hôpital de Tripoli que son corps y avait été transféré.

Amnesty International a vu des photos de sa dépouille, qui présentait de graves contusions sur tout le corps et les bras et les jambes, ainsi que des blessures ouvertes sur la plante des pieds, semble-t-il causées par la falaqa (coups assénés sur la plante des pieds), une méthode de torture fréquente en Libye.

À la connaissance d’Amnesty International, la dernière personne morte en détention des suites de torture est Ezzeddine al Ghool, colonel de 43 ans et père de sept enfants, arrêté par une milice armée à Gheryan, à 100 kilomètres au sud de Tripoli, le 14 janvier. Son corps, couvert de bleus et de blessures, a été restitué à sa famille le lendemain. Les médecins ont confirmé qu’il avait succombé à ses blessures. Plusieurs autres hommes détenus à la même période auraient eux aussi été torturés. Huit d’entre eux avaient des blessures graves, qui ont nécessité leur hospitalisation.

Amnesty International a reçu des informations concernant des cas similaires sur lesquels elle mène des recherches.

L’absence d’enquêtes
Malgré les demandes formulées à maintes reprises par Amnesty International depuis mai 2011, les autorités libyennes de transition, tant au niveau local que national, n’ont pas mené d'enquêtes dignes de ce nom sur les cas de torture et les morts en détention survenues dans des circonstances suspectes.

Dans tout le pays, la police et la justice demeurent défaillantes. Tandis que dans certaines régions, il semble que les tribunaux traitent des affaires civiles, les affaires dites "sensibles" en lien avec des enjeux politiques et de sécurité ne sont pas prises en compte.


Un éventail d’organes pour la plupart non officiels, n’ayant pas de statut légal, notamment les "comités judiciaires", mènent des interrogatoires dans divers centres de détention, en dehors de tout contrôle du système judiciaire.

* Texte intégral : Libye : morts de détenus dans un contexte de torture généralisée
http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Armes-et-conflits-armes/Actualites/Libye-morts-de-detenus-dans-un-contexte-de-torture-generalisee-4503

Par Gilles Munier
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 22:43

Par Gilles Munier
Nicolas Sarkozy a fini par obtenir ce qu’il voulait: une guerre - à terme -  avec l’Iran, tout en déclarant à son habitude le contraire. Les nouvelles sanctions économiques qu’il avait annoncées en présentant ses voeux au corps diplomatique et son appel du 21 janvier pour l’adoption d’«un régime de sanctions beaucoup plus fort, beaucoup plus décisif », se sont traduits par la décision de l’Union européenne d’imposer un embargo pétrolier à l’Iran et de geler les avoirs de sa banque centrale. Les seuls pays à applaudir sont Israël et les Etats-Unis.

Vers une nouvelle guerre

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré que ces décisions «n'ont rien à voir avec la volonté d'assurer le régime de non-prolifération de l'arme nucléaire. Cela se fait dans le but d'exercer une action destructrice sur l'économie iranienne et la situation de la population». J’ajouterai que cet embargo n’a pas été décrété, selon Sarkozy, pour éviter «un déchaînement militaire et le chaos au Proche-Orient», il y conduit. Nous sommes aux prémisses d’une nouvelle agression occidentale, avec en toile de fond une guerre confessionnelle opposant les sunnites aux chiites, dont les seuls vainqueurs seront les colons sionistes en Palestine et les pays de l’Otan.

Je ne suis pas un partisan du régime des mollahs et ne l’ai jamais été ; ce qui ne veut pas dire que je ne reconnais pas les mérites de la diplomatie iranienne quand c’est nécessaire. Je ne suis pas non plus pour la course au nucléaire au Proche-Orient, et suis donc contre une éventuelle bombe iranienne à partir du moment où toute la région serait dénucléarisée. Toute la région, cela veut dire : y compris Israël, qui détient plus d’une centaine de têtes nucléaires et dispose des missiles pour les transporter. On nous refait le coup des armes de destruction massive qui a permis de justifier l’agression de 2003 contre l’Irak. Une de ses conséquences désastreuses, et peut-être voulue, a été de livrer ce pays aux Iraniens pour passer à la phase actuelle du plan de remodelage du Proche-Orient. En clair, je souhaite le renversement du régime de Téhéran… mais par le peuple iranien.

Des multinationales
en quête de jackpot pétrolier

Comme cela a été le cas en Irak - je l’ai vécu -  l’embargo va martyriser la population. Si Israël bombarde un site nucléaire – j’étais à Bagdad 15 jours après l’attaque de Tammouz - l’ayatollah Khamenei en sortira renforcé. Personne ne peut prédire les conséquences d’une agression contre l’Iran, si ce n’est la mort de centaines de milliers de civiles, des milliers de réfugiés, la destruction des structures sociales du pays et la montée en flèche du ressentiment et de la haine des musulmans envers les Occidentaux… tout cela pour conquérir une position géostratégique face à la Chine, et pour satisfaire des multinationales en quête de jackpot pétrolier.

L’embargo décidé par l’Union européenne vise également le régime baasiste syrien et le Hezbollah libanais. En asséchant les finances de l’Iran, l’apprenti sorcier Sarkozy et ses alliés croient qu’ils les mettront à genoux. C’est oublier, comme l’a dit Mahmoud Ahmadinejad sur la chaîne américaine ABC, que «tout pays se privant de l’accès au marché énergétique iranien verra bientôt sa place prise par d’autres». Il y a suffisamment d’armes au Proche-Orient pour déclencher - «peut-être, hélas», comme dit Sarkozy - une conflagration mondiale. Excusez du peu.

Par Gilles Munier
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 09:44

Par Jeremy Salt* (revue de presse : Palestine Chronicle – extraits - 13/1/12)
Dans son discours à l’Université de Damas, la semaine dernière, Bashar al-Assad  a évoqué un  complot contre la Syrie. Vous pouvez chercher un autre mot, et bien sûr il y en a un. Les fantassins de cette campagne pour abattre le gouvernement syrien sont des hommes armés qui s’appellent l’Armée Libre de Syrie et des gangs en armes, ramassés au hasard. Aucun de ces groupes ne pourrait poursuivre les violences constatées sans un soutien extérieur. A moins d’une intervention armée directe, ils ne peuvent pas renverser le régime syrien. Ce qu’ils peuvent faire, c’est continuer de tuer et de déstabiliser en espérant qu’il s’effondrera.

Seul point d’accord :
détruire le régime baasiste
Leurs parrains sont les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Frères Musulmans, le Conseil National Syrien, un assortiment d’« exilés », certains très étroitement liés au Foreign Office britannique et au Département d’Etat, et aux salafistes de la région. Les réformes ne sont pas l’enjeu et même si leurs agendas divergent, ils convergent tous sur un point : leur volonté de détruire le régime baasiste. Pour les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne – « l’Occident » - l’objectif est de se débarrasser d’un gouvernement et d’un parti politique qui se sont mis sur leur chemin, depuis trop longtemps.

Pour l’Arabie Saoudite,  il s’agit de confronter l’Iran et de contenir l’expansion du chiisme dans la région. Pour les Frères Musulmans, la répression de leur mouvement par Hafez al- Assad en 1982 doit être vengée par  la mise à bas d’un gouvernement séculier et l’installation, en remplacement, d’une domination fondée sur la charia. Pour les salafistes et les Frères, la question est aussi de détruire les Alaouites comme force socio-politique en Syrie.

Les Etats-Unis tout comme l’Arabie saoudite considèrent l’Iran, la Syrie et le Hezbollah comme les facettes d’un même problème. L’Arabie saoudite voit en l’Iran la « tête du serpent » et cherchait, dans les dernières années de l’administration Bush, à ce qu’il soit attaqué, mais une guerre ouverte, levant le voile sur la guerre souterraine qui se déroule déjà, aurait été catastrophique pour les pays y prenant part. (…)

Depuis le début de l’année, la carte géopolitique de la région a été dramatiquement redessinée. Les partis islamistes sont au gouvernement, ou en feront partie, que ce soit au Maroc, en Tunisie et en Egypte. Ils obtiendront de bons résultats en Libye lors des  prochaines élections. Ce que les partis politiques disent en tant qu’opposants et ce qu’ils accomplissent une fois au pouvoir sont généralement deux choses différentes et les partis islamistes ne font pas exception. Sur la question épineuse des relations avec Israël, Rachid Ghanouchi, le chef du parti Al-Nahda, a eu des entretiens discrets avec les Israéliens à Washington et il a indiqué que la Palestine ne serait pas une question prioritaire pour le nouveau gouvernement tunisien. (…)

L’Occident est à l’affût
d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient
Dans ce paysage politique en constant changement, la Syrie est un Etat qui tient. Il résiste aux Etats-Unis et Israël d’une part, et aux islamistes/salafistes de l’autre. L’opposition pacifique a, depuis longtemps, été balayée par la violence, avec l’armée se battant contre «des déserteurs » et des gangs armés dont la création, selon les médias, est l’œuvre du gouvernement. La presse doit toujours interviewer les familles des milliers de soldats et de civils qui sont tombés sous les balles de ces «déserteurs » et autres bandes armées pour savoir ce qu’ils pensent des événements dans leur pays. Ne se fondant que sur les accusations non vérifiées d’ «activistes » et de sources suspectes, elle a joué un rôle critique dans la propagation de nouvelles fausses. La semaine dernière, The Guardian a touché le fond en publiant une accusation fournie par un « activiste » basé à Londres accusant les forces de sécurité  syriennes d’enfourner des détenus dans des containers qu’il jetait ensuite à la mer… Aucune preuve n’a été apportée, mais cela donne un exemple de la manière dont The Guardian a informé ses lecteurs de bout en bout. Quand Damas a été victime d’un attentat à la bombe, le Guardian et la BBC ont entonné l’accusation que ces attentats étaient, selon les opposants, le fait du gouvernement Aucune preuve n’a été donnée à l’appui alors même que les Syriens étaient encore en train de laver le sang des rues et de ramasser les débris des corps de ceux qui  avaient été tués. Quand la Ligue arabe a émis une déclaration provisoire sur la mission de ses émissaires en Syrie dans laquelle elle demandait au gouvernement syrien et aux bandes armées de faire cesser la violence, la BBC sur sa page web tronquait l’appel pour ne le concentrer que sur l’appel destiné au gouvernement.

L’Occident est à l’affût d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient car telle est l’essence de la campagne contre la Syrie. L’Iran reçoit des provocations tous les jours de sorte qu’un scientifique nucléaire iranien a été assassiné dans l’espoir que l’Iran réagirait et enclencherait la nouvelle intervention militaire qu’en Israël et aux Etats-Unis beaucoup souhaitent.

Il ne fait aucun doute que la Syrie doit procéder à des réformes mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas ce qui motive les Etats-Unis, la France, l’Arabie saoudite, la Grande-Bretagne et le Qatar. Ceux qui le pensent font un doux rêve. Chaque information provenant des activistes aussi énormes soit-elle, a une audience respectueuse des médias, correspondant à leurs attentes. La fin de la violence n’est pas au programme de ces protagonistes. Ils veulent qu’elle continue jusqu’à la chute du gouvernement syrien et ils en ont les moyens, presque indéfinis. S’ils plongent et provoquent une attaque ouverte contre la Syrie ou l’Iran, ils enclencheront une guerre régionale et, de l’avis de certains, une guerre générale. Dans leurs costumes gris et leurs cravates pastel, ces gens sont fous comme l’étaient les nazis en chemises brunes.

Traduction : Xavière Jardez - Titre et sous titres: AFI-Flash
Texte intégral : Truth About Syria: Crazy Men In Grey Suits
Jeremy Salt enseigne l’histoire à l’Université de Bilkent à Ankara, au Département du Moyen-Orient moderne à la Faculté de Science Politique. Il collabore au site Palestinechronicle.com

Par Gilles Munier
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 13:59

Par Gilles Munier

Comme il fallait s’y attendre, les décisions prises par le président Bachar al-Assad d’organiser, en février, un congrès régional du parti Baas et, en mars, un referendum sur le projet de nouvelle constitution syrienne obligent ses adversaires occidentaux et locaux à sauter des étapes de leur plan de renversement du régime.

Alors que Mohammed Riad Shakfa, chef des Frères Musulmans syriens, refuse toujours de dialoguer avec le régime baasiste, la Ligue arabe demande maintenant au gouvernement syrien et aux divers courants de l’opposition «d’engager un dialogue sérieux sous l’égide de la Ligue arabe dans un délai ne dépassant pas les deux semaines ». Pour ce faire, Bachar al-Assad devrait transférer un certain nombre de ses pouvoirs à Farouk al-Chareh, vice-Président de la République, qui négocierait avec l’opposition la formation – d’ici deux mois – d’un gouvernement d’union nationale.

Menace

d’une intervention étrangère au sol 

Hamad ben Jassem ben Jaber al-Thani, ombrageux ministre des Affaires étrangères du Qatar, a précisé que cette initiative « visait à un départ du régime syrien de manière pacifique »… alors que cet objectif était absent du communiqué final de la Ligue arabe. Il a menacé, comme le lui a demandé l’Otan, de porter l’affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU, si Bachar al-Assad ne s’exécutait pas.
 
Avant de décider à la place du gouvernement syrien de ce qu’il doit faire, il eut été normal d’attendre, au moins, la tenue du 11ème congrès régional du Baas. Mais, le temps presse pour les Occidentaux et leurs alliés locaux… On se souvient qu’en novembre dernier, Mohammed Riad Shakfa, qui annonçait l’effondrement du régime baasiste… fin 2011, appelait la Turquie – c'est-à-dire l’Otan - à intervenir militairement pour « protéger les civils ».

La Syrie a évidemment rejeté le nouveau plan de la Ligue arabe, le qualifiant d’ « ingérence flagrante dans ses affaires intérieures ». L’imposition de nouvelles sanctions économiques occidentales contre ce pays est donc prévisible, avec toujours à l’horizon la menace d’une intervention étrangère au sol.

Sur le même sujet, lire aussi :
11ème Congrès : Le parti Baas syrien face à lui-même

http://www.france-irak-actualite.com/article-11eme-congres-le-parti-baas-syrien-face-a-lui-meme-96710301.html

La Syrie et le projet de démembrement du monde arabe

http://www.france-irak-actualite.com/article-la-syrie-et-le-projet-de-demembrement-du-monde-arabe-95919351.html

Par Gilles Munier
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  • Ecrivain, journaliste indépendant, collaborateur du magazine Afrique Asie. Ouvrages: "Guide de l'Irak", "Les espions de l'or noir". A dirigé la traduction de "Zabiba et le roi", roman de Saddam Hussein.

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