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par Paul Balta

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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 08:59

Par Chems Eddine Chitour* (revue de presse : Le Grand soir. Info - Extraits – 24/11/11)

Le Qatar : un épiphénomène ou une nuisance durable ?

Je m’en vais vous parler d’une énigme, un petit pays par la surface mais immense par son actuelle capacité de nuisance, et qui a jailli du néant en même temps que le pétrole et le gaz ont jailli d’un sous-sol lui procurant une rente imméritée au service du mal. Le Qatar est un émirat du Moyen-Orient d’une superficie de 11 427 km² pour trois cent mille autochtones et un million d’étrangers qui ont un statut peu enviable surtout s’ils ne sont pas des Occidentaux. Petit producteur de pétrole, il est aussi le troisième producteur de gaz naturel du monde après l’Iran et la Russie. Après avoir été dominé par les Perses pendant des milliers d’années puis par le Bahreïn, les Ottomans ou encore les Britanniques, le Qatar devient un État indépendant le 3 septembre 1971. Il est dirigé d’une main de fer par la famille Al Thani depuis quarante ans, comme le règne de Kadhafi. L’émir actuel a renversé - faut il s’étonner de ces moeurs pour l’appât du pouvoir ? - son père en 1995. Le gouvernement qatari garde des restrictions sur la liberté d’expression et les mouvements pour l’égalité. La famille souveraine Al Thani continue de détenir seule le pouvoir La nouvelle Constitution n’autorise pas pour autant la formation de partis politiques et ceci depuis quarante ans. Où est la liberté d’expression et l’alternance au pouvoir ? La station de télévision Al Jazeera a acquis une triste réputation en tant que source non censurée de l’information concernant les autres pays arabes provoquant l’ire de ces derniers.

Des journalistes, tout à fait ordinaires venant d’autres pays arabes attirés par l’appât du gain et non par la liberté d’expression, se sont érigés en censeurs agressifs dans des émissions où ils diabolisent à qui mieux mieux les autres régimes arabes. A notre sens deux tabous, la famille émiratie et les pays occidentaux vénérés dans la plus pure tradition vassale, voire... D’ailleurs, lors de la guerre contre l’Irak le pays a servi de base à l’état-major américain. Le 11 décembre 2002, est signé, avec les États-Unis, un accord relatif à l’utilisation de la base aérienne d’Al-Eideïd. On comprend que le Qatar soit intouchable. On estime les réserves de pétrole du pays à 26,8 milliards de barils fin 2009. Le Qatar détient actuellement les troisièmes réserves de gaz (25,37 milliards de mètres cubes en 2009) après la Russie et l’Iran. Le Qatar est par ailleurs le premier émetteur mondial de CO2 par habitant, avec une émission par habitant trois fois supérieure à celle des Etats-Unis, soit 60 tonnes de CO2/habitant/an. Il est heureux pour la planète que les Qataris ne soient pas nombreux. Pendant ce temps, un Arabe somalien « frère », une demi-tonne/an. En clair, ce dernier consomme en une année ce que gaspille un Qatari en trois jours ! Voilà le développement durable prôné par cet émirat. Le PIB du Qatar atteint le chiffre de 52,7 milliards de dollars en 2006. Le PIB par habitant atteint 78.260$ en 2009 dépassant celui des Européens et Américains. Ce dernier est le fruit d’une longue tradition scientifique, technologique et culturelle et non d’un gaspillage multidimensionnelle d’une rente imméritée suscitant par là même des frustrations légitimes, voire un mépris de ceux qui galèrent.

 (…)

Un rôle diabolique

Si des personnes ont pu être dupes de la pseudo-révolution libyenne soutenue par les « révolutionnaires » bien connus que sont Nicolas Sarkozy, Bernard-Botul-Henri Lévy ou David Cameron, voilà qui pourrait leur ouvrir les yeux... Pour la première fois, le Qatar admet avoir participé aux opérations sur le terrain aux côtés des rebelles libyens. (...) Trois jours après la proclamation par le CNT de la « libération » totale de la Libye, les chefs d’état-major des pays engagés militairement en Libye se retrouvent pour une réunion à Doha, au Qatar. A cette occasion, le chef d’état-major qatari, le général Hamad ben Ali al-Attiya, a révélé que des centaines de soldats du Qatar ont participé aux opérations militaires aux côtés des rebelles en Libye. On apprend même que le président Omar el-Béchir du Soudan a fourni quantité d’armes aux prétendus « rebelles » (1).

Il apparaît aussi, écrit Ian Black, que c’est le Qatar qui dirigera les efforts internationaux pour former l’armée libyenne, récupérer les armes et intégrer les unités rebelles souvent autonomes dans de nouvelles institutions militaires et de sécurité (...) Et lors de l’assaut final contre le QG de Kadhafi à Tripoli fin août, les forces spéciales qatariennes étaient en première ligne. Le Qatar a aussi accordé 400 millions de dollars aux rebelles, les a aidés à exporter le pétrole depuis Benghazi et a monté une station de télévision à Doha. (...) Pour certains, la stratégie de l’émir est de soutenir les forces démocratiques de manière sélective dans le Monde arabe, en partie pour améliorer la réputation internationale du pays tout en détournant l’attention du Golfe où les protestations anti-régime ont été écrasées à Bahreïn et achetées en Arabie Saoudite » (2).

(…)

L’à-plat-ventrisme

La diplomatie du dollar touche aussi la culture. L’argent n’ayant pas d’odeur, on peut en fonction du chèque dire tout et son contraire. Le Qatar restera dan l’histoire comme une machine à perversion, un générateur de corruption à laquelle il est apparemment difficile de résister. Lena Lutaud nous en donne un échantillon : « Son Excellence Mohamed al-Kuwari a décoré le dessinateur Jean Plantu et Amirouche Laïdi, président du club Averroes, du prix « Doha capitale culturelle arabe ». Ce soir, l’ambassadeur décorera les poètes André Miquel, Bernard Noël et Adonis. De Jack Lang à Jean Daniel, en passant par Dominique Baudis, Edmonde Charles-Roux, Renaud Donnedieu de Vabres et Anne Roumanoff, un total de 66 personnalités françaises de la culture auront été décorées par le Qatar en 2010. Toutes sont reparties avec un chèque de 10.000 ». (3)

* Professeur de thermodynamique à l'Ecole Polytechnique d'Alger.

Texte original :http://www.legrandsoir.info/l-enigme-du-qatar-un-colosse-gazier-avec-un-sabre-nain.html

(1) http://www.mathaba.net/news/?x= 629178

(2) Ian Black: http://www.legrandsoir.info/le-qatar-reconnait-avoir-envoye-...

(3) Lena Lutaud : L’offensive culturelle du Qatar, Le Figaro. 20 12 2010 http://www.lefigaro.fr/culture/2010/12/20/03004-20101220ARTF...

Par Gilles Munier
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 22:34

Par Iran french radio - IRIB (8/12/11) - Traduction revue et corrigée par AFI

Uzi Rubin, premier président du projet Homa anti-missile, au ministère de la Défense israélien, a déclaré que l'instabilité dans la région, du fait des "printemps arabe", augmente la menace de tirs de missiles sur Israël. C'est la conséquence, selon lui, de la désintégration de l'autorité centrale dans certains pays possédant des missiles en grand nombre, comme la Libye et la Syrie.

Il a ajouté que «la coalition hostile dirigée par l'Iran, a une doctrine de combat basée sur le lancement de missiles sur Israël, y compris, des missiles balistiques, et des lance-roquettes, en quantité incroyable". Uzi Rubin a précisé que le missile "Shahab", par exemple, pèse 750 kg. Ceux qui ont constaté les dégâts causés par un missile "Grad"  - dont l'ogive n'est que de 20 kg - imaginent fort bien les destructions auxquelles il faut s'attendre.

En cas de guerre globale, des centaines de roquettes seront tirées tous les jours, peut-être même un millier, c’est-à-dire quatre fois le nombre de celles qui tombaient sur Israël lors de la seconde guerre du Liban, en 2006.

Uzi Rubin a conclu en disant: «la guerre engendrera beaucoup de dommages. Il y aura un grand nombre de morts. Je ne peux pas en prédire le nombre».

Source : «La Radio de l'Armée »

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/157552-la-prochaine-guerre-sera-terrible-pour-isra%C3%ABl

Par Gilles Munier
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 06:39

Tarek Aziz sera « certainement » exécuté – c'est-à-dire pendu – après le départ des Américains d’Irak, a déclaré à CNN*, le 5 décembre, Saad al-Yousif Muttalibi, conseiller de Nouri al-Maliki.

Maître Badi Aref, avocat irakien de l’ancien vice-Premier ministre irakien, condamné à mort en octobre 2010, a réagi vivement. Il a qualifié la déclaration de « stupide », de nature à entraîner l’Irak « au bord de l’abîme ». Maître Badi a rappelé que Tarek Aziz lui a dit à plusieurs reprises que le nouveau régime le tuerait, qu’il n’avait aucun moyen « d'échapper à cela ».

En Irak, une nouvelle loi est à l’étude obligeant la ratification des peines de mort dans les quinze jours suivant leur prononciation. Selon Al-Mutalibbi, le projet fait l’unanimité au Parlement, quelle que soit la coalition (sunnite, chiite, kurde).

Pour le père Federico Lombardi, porte-parole du pape Benoît XVI, la décision d’exécuter Tarek Aziz « n'est pas le moyen le plus adéquat pour promouvoir la réconciliation et la reconstruction de la justice et de paix dans un pays qui a tant souffert ».

Où sont les Chirac, Jospin, Pasqua, Juppé qui ont reçu Tarek Aziz à Paris en 1995, lui promettant monts et merveilles pourvu qu’il renvoie l’ascenseur ? (1). Alain Juppé, de nouveau ministre des Affaires étrangères, très prolixe lorsqu’il s’agit de parler des « droits de l’homme » en Libye et en Syrie, réagira-t-il ?

* Ex-Foreign Minister Tariq Aziz to be executed, Iraqi official says (CNN- 5/12/11)

http://www.ksat.com/news/nationalnews/Former-Iraqi-leader-Aziz-to-be-executed/-/478364/4879072/-/apxpe5/-/index.html

(1) Tarek Aziz… connais pas ! par Gilles Munier (Bakchich.info – 20/5/08)

http://www.france-irak-actualite.com/pages/Tarek_Aziz_connais_pas_Bakchichinfo_20508-1982322.html

Sur le même sujet, lire aussi :

Tarek Aziz : le témoignage de Paul Balta

http://0z.fr/NDfiA

Tarek Aziz, l’homme qui en sait trop, par Gilles Munier (Afrique Asie – juin 2008)

http://www.france-irak-actualite.com/pages/tarek-aziz-l-homme-qui-en-sait-trop-juin-2008--1982315.html

Par Gilles Munier
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 09:14

Par Philippe Tourel (revue de presse - extrait : Afrique Asie.fr – 5/12/11)*

   Concernant la relation avec les Frères musulmans, le président Assad a révélé qu’à plusieurs reprises, le régime syrien ouvert la voie au dialogue avec cette confrérie, mais ce dialogue n’a pas donné de résultats parce que les Frères musulmans campaient sur leurs positions. «Aujourd’hui nous ne sommes pas prêts à dialoguer avec eux, à moins qu’ils renoncent à ce qu’ils sont en train de faire». Assad fait la distinction entre les Frères musulmans en Syrie et le Hamas en Palestine (un mouvement issu des Frères musulmans palestiniens, lui-même très proche des Frères musulmans égyptiens), qui bénéficie du plein soutien de la Syrie.

   Le plus étonnant... (...)... c’est la reconnaissance par le président syrien de certaines erreurs commises par le régime vis-à-vis de la mouvance islamique.

   «Les islamistes ne forment pas un seul bloc homogène », reconnaît le président syrien. « Ils sont très divers. Même au sein des salafistes, on trouve des takfiri (qui rejettent tous ceux qui ne pensent pas comme eux et les considèrent comme des infidèles) ; comme on trouve des courants qui se contentent de faire de la prédication. Il y a aussi les Frères musulmans et les soufis ». « Notre erreur aura été d’avoir traité tous ces courants de la même manière forte, pourchassant même ceux qui parmi eux ne menacent aucunement la stabilité ou la sécurité de la Syrie. On a ainsi fermé de nombreux instituts religieux. La Syrie, qui constituait dans le passé, un pôle d’attraction pour les étudiants et chercheurs en théologie et études supérieures islamiques, venant de tous les pays arabes et islamiques, n’accomplissait plus ce rôle. »

* Extrait de "Bachar al-Assad, les Frères Musulmans et l’Occident", par Philippe Tourel

http://www.afrique-asie.fr/index.php/category/accueil/actualite/article/bachar-al-assad-les-freres-musulmans-et-l-occident

Par Gilles Munier
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 08:07

Par Tariq Ramadan (revue de presse – extrait - 30/11/11)*

En coulisses, l’armée est en train de jouer un jeu peu loyal qui n’a rien à voir avec un potentiel avenir démocratique. Certains affirment qu’il faut de la patience ; il s’agit d’une période de transition. Cela est partiellement juste - la transition requiert du temps, des compromis et des efforts - mais ce n’est pas tout à fait ce qui se passe en Egypte. On entend des appels à la démocratie, on réitère des promesses (faites par la junte, annonçant qu’elle quittera le pouvoir en juin), et on fixe une date pour des élections, tandis que l’on négocie et fait des affaires visant à se partager le pouvoir et les intérêts. L’armée joue un rôle central : elle est en contact avec toutes les grandes organisations et tous les courants importants qui composent la société civile égyptienne. Parmi eux, bien entendu, les Frères Musulmans. Les tensions sont vives au sein de l’organisation islamiste : certains de ses dirigeants sont proches de la jeune génération et tiennent à soutenir les manifestants en appelant à une réforme complète et entière du régime tandis que d’autres (la majorité de la classe dirigeante actuelle) tiennent à protéger leur futur statut et rôle au sein de la société et sont prêts à négocier avec les forces armées afin de sortir de la situation actuelle. Il se sont parfois distancés des manifestations et ont joué un rôle ambigu entre la société civile et l’armée. De l’autre côté, on ne devrait pas oublier que les Américains ne sont jamais loin des négociations. Les forces armées égyptiennes sont un allié important et, bien que nous entendions des appels américains à ce que les civils s’emparent du pouvoir, la position étasunienne est loin d’être claire. Un accord entre l’armée et les Frères Musulmans pourrait s’avérer intéressant pour le gouvernement américain. Plus encore s’ils parviennent à convaincre un “civil” capable de plaire à la rue et de préserver leurs intérêts, tel que Mohammed el Baradei, afin d’assumer le pouvoir. Le printemps égyptien ressemble de plus en plus à de froids calculs politiciens au sein desquels les espoirs du peuple sont accessoires, si même ils ont quelque valeur.

* Egypte à la croisée des chemins, par Tariq Ramadan(30/11/11)

http://www.tariqramadan.com/Egypte-a-la-croisee-des-chemins.html

Par Gilles Munier
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  • Ecrivain, journaliste indépendant, collaborateur du magazine Afrique Asie. Ouvrages: "Guide de l'Irak", "Les espions de l'or noir". A dirigé la traduction de "Zabiba et le roi", roman de Saddam Hussein.

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