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Sur le blog


F.B.I

Entretiens

avec Saddam Hussein

« détenu

de haute valeur n°1 »

20 interviews et 5 conversations

ordinaires déclassifiées


Traduction intégrale

Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /2010 22:30

Entretien n°12                                                       

Baghdad Operation Center

5  mars 2004

Entretien conduit par George L. Piro

Rapport traduit de l’arabe en anglais par le FBI

Traduction en français : Xavière Jardez

Titres, sous-titres et notes : Gilles Munier

 

 

Guerre du Golfe - janvier1991

James Baker à Tarek Aziz :

« Nous vous ferons retourner

à l’ère pré-industrielle »

 

Saddam Hussein (Détenu de Haute Valeur n°1) a été interviewé le 5 mars 2004 dans un bâtiment de détention militaire à l’Aéroport International de Bagdad (AIB), Bagdad, Irak. Hussein a fourni les informations suivantes :

 

Avant le début de l’entretien, Hussein a été informé que cette session serait la suite des discussions  précédentes sur le Koweït.

 

Hussein a reconnu que le ministre irakien des Affaires étrangères, Tarik Aziz, avait rencontré le Secrétaire d’Etat américain, James Baker, à Genève, Suisse, en janvier 1991. Du point de vue de la direction irakienne, le but de cette réunion était d’exploiter les chances de paix à propos du Koweït. Quand une occasion s’est présentée de discuter de ce problème avec un représentant américain, l’Irak l’a saisie. Tout résultat obtenu au cours de cette réunion aurait « du poids » face à la communauté internationale.

 

Selon Hussein, Baker n’a offert aucune solution. Au contraire, il a dicté à Tarik Aziz certaines mesures que les Etats-Unis voulaient que l’Irak prenne en priorité. Baker a ajouté : « Autrement, nous vous ferons retourner à l’ère pré-industrielle ». Aziz a dit à Baker que ces mesures étaient impossibles à exécuter (1).

 

« Nous désirions la paix ».

Hussein a exposé que la question koweitienne aurait dû être replacée dans le contexte du droit international. Elle n’aurait pas dû  être réduite de telle sorte que la partie la plus forte (les Etats-Unis) dictait au plus faible (l’Irak) les termes de l’accord. L’Irak cherchait une présentation qui ne le décrive pas comme ayant été battu, mais plutôt qui manifestait du respect pour l’armée et le peuple irakiens.

 

Hussein a déclaré : « Nous désirions la paix ». Dans un document daté d’août 1990, l’Irak exprimait ce désir à travers sa première proposition. Comme mentionné lors d’un précédent entretien, aucun membre de la communauté internationale ne l’avait acceptée. L’Irak demandait des garanties confirmant qu’aucune agression future ne soit dirigée contre lui  et que l’embargo prenne fin.

 

Sans référence au cadre du droit international, l’Irak aurait été vu comme ayant été vaincu dans le conflit irako-koweitien. Hussein a considéré cette proposition irakienne pour une solution pacifique comme légitime. Comme toute proposition, tous les articles pouvaient ne pas être adoptés.  Elle ne fut, cependant, jamais discutée. Hussein a demandé si la question koweitienne était plus importante que la question palestinienne. Il a considéré que le Koweït était jugé, par les Etats-Unis et la communauté internationale, plus important parce que l’Irak était l’adversaire et que le pétrole se trouvait au Koweït. Comme déjà dit au cours d’un entretien précédent, le Koweït a « été pris » à l’Irak. Il a ajouté que le monde ne s’est pas « assemblé pour stopper » le Yémen quand il a été réunifié, après des années de séparation (2).

 

Poursuivant la discussion sur la proposition irakienne du 12 août 1990, Hussein s’est étonné qu’il ait semblé étrange que l’Irak ait demandé que les résolutions des Nations unies sur les territoires saisis par Israël et la Syrie soient appliquées. Si elles l’avaient été, les Irakiens auraient été convaincus que le droit international  avait été mis en œuvre, en toute équité,  s’agissant de l’Irak, en 1991. Hussein  a déclaré que personne n’a jamais notifié à l’Irak que certains paragraphes ou sections de la proposition irakienne devaient être modifiés ou supprimés. Il a déclaré que l’Irak avait sérieusement exploré toutes les pistes pouvant conduire à la paix.

 

La guerre a ses fortunes et déboires,

telle est la volonté de Dieu

A la question de savoir si les dirigeants irakiens avaient été surpris du nombre de prisonniers de guerre irakiens, estimés à 86 743, capturés par la coalition, au cours de la guerre de 1991, Hussein a répondu : « Non. C’est la guerre ». Selon Hussein, ils n’ont pas été faits prisonniers au sens propre du terme. De nombreux facteurs expliquent leur capture : la perte de leurs lignes de communication et de transport, la pénurie de rations alimentaires et une perte d’orientation. C’est pour cela que beaucoup de soldats irakiens ont pris la route de l’Arabie saoudite, pour s’y réfugier, où ils ont été pris. Hussein a démenti que la direction irakienne  eut été contrariée par ce grand nombre de prisonniers de guerre irakiens. Hussein a dit : « Rien ne pouvait ébranler notre détermination ». Il a remarqué que la guerre a ses fortunes et déboires et que telle est la volonté de Dieu. Il a démenti que le grand nombre de prisonniers ait joué sur la capacité de l’Irak à poursuivre les combats.  Hussein a soutenu que le nombre de prisonniers n’indique ni la situation ni l’issue d’une guerre. Il a déclaré que l’Irak avait gagné la guerre contre l’Iran alors que ce dernier avait capturé un plus grand nombre de prisonniers. Selon Hussein, le nombre de prisonniers capturés n’affecte pas nécessairement la volonté de combattre, ni ne l’oblige à prendre certaines décisions militaires. Hussein a reconnu que ces prisonniers irakiens ont été libérés par les forces de la coalition en 1991 et sont retournés chez eux après la signature du cessez-le-feu.

 

On a questionné Hussein sur les 45 prisonniers de guerre de la coalition et sur l’apparition, apparemment forcée, de  deux pilotes britanniques à la télévision irakienne. L’interviewer a noté que les pilotes semblaient avoir été maltraités physiquement et que leur présentation à la télévision était contraire à la Convention de Genève. Hussein a dit que les prisonniers de guerre, notamment les pilotes, devaient certainement avoir fourni des détails divergents sur leur capture. Certains disaient avoir été capturés par des paysans ou des villageois, d’autres par un « groupe de gens ». Ces Irakiens ont dû célébrer la capture de ces combattants de la coalition en les frappant et les bousculant. L’armée irakienne n’avait pas toujours le contrôle ou n’était pas au fait des circonstances de leur capture puisque les lignes de communication entre les unités militaires avaient été détruites par les forces de la coalition.

 

Saddam dit qu’il souscrivait

à un document plus ancien

que la Convention de Genève :

le Coran

Sur les prisonniers de guerre (POW) de 1991, Hussein a dit ne pas savoir si des mauvais traitements avaient été infligés par des hommes servant dans les forces militaires ou par le gouvernement. Cependant, il a clarifié cette déclaration en disant qu’il admettait que d’autres pouvaient s’être « mal comportés ». Il fournirait cette information s’il était personnellement au courant. Il a ajouté qu’il souscrivait à un document plus ancien que la Convention de Genève, à savoir  le Coran. Le Coran et la tradition arabe croient qu’il est « noble » de bien traiter un prisonnier (3). Il croit que les principes énoncés dans la Convention de Genève devraient être respectés par le monde entier quelles que soient les circonstances ou la nationalité.

 

Hussein n’a ni confirmé ni nié les rapports faisant état de tortures des prisonniers de guerre alors qu’ils étaient sous la garde de l’Irak. En revanche, il a déclaré que cette information « est sur la conscience » de ceux qui l’ont rapportée et ont mené l’enquête. Hussein a expliqué que les chefs dirigent au moyen « d’instruments de communication ». Les chefs d’un niveau inférieur dirigent « par le regard ou la voix ». Sans moyens de communication appropriés, chaque entité se comporte selon la manière « dont elle voit les choses ». Hussein a répété que les systèmes de communication étaient inopérants au cours de la guerre de 1991. Il a ainsi spéculé que certains des actes de violence physique rapportés, comme les cheveux brûlés d’un prisonnier de guerre, avaient dû être le geste d’ « un simple d’esprit ». Quand on lui a fait remarquer que les violences infligées aux forces de la coalition pouvaient raisonnablement conduire à penser qu’elles étaient une pratique courante de l’armée irakienne dans son ensemble, Hussein a dit : « J’ai répondu ».

 

Hussein maintient qu’il ne met pas en doute les récits des mauvais traitements des prisonniers de guerre, mais qu’il n’a pas d’information pour les confirmer ou les infirmer. Cependant,  d’un point de vue pratique, il ne doute pas que le peuple, après avoir été bombardé par les pilotes de la coalition, a pu les maltraiter, particulièrement, s’ils ont pris part à leur capture.

 

Notes :

(1) Au cours de la réunion, qui s’est tenue à l’hôtel Intercontinental le 9 janvier 1991, James Baker a remis à Tarek Aziz une lettre personnelle adressée par George Bush (père) à Saddam Hussein. Après y avoir jeté un coup d’œil, Tarek Aziz refusa de transmettre la missive, estimant son ton menaçant, voire insultant. Bush lui écrivait : « Si vous ne vous retirez pas du Koweït et sans condition, nous perdrez bien plus que le Koweït ».

 (2)  Le Yémen venait de se réunifier. La République du Yémen est née, le 22 mai 1990, de la réunion du Yémen du Sud (République démocratique et populaire du Yémen) avec le Yémen du Nord  (République arabe du Yémen).

(3) Plusieurs versets du Coran abordent la question du traitement des prisonniers de guerre, telle la sourate 8, Al-Anfal (Le Butin), verset 71 :

 « Ô prophète! Dites aux prisonniers qui sont entre vos mains : Si Dieu voit de la droiture dans vos cœurs, il vous donnera des richesses plus précieuses que celles qu’on vous a enlevées, et il vous pardonnera, parce qu’il est clément et miséricordieux ».

En 662, le calife Abou Bakr rappela aux armées musulmanes s’apprêtant à conquérir la Syrie qu’il fallait respecter les « commandements de Dieu ». Extraits: « Lorsque vous envahissez un pays, ne tuez ni les vieillards, ni les enfants, ni les femmes. Ne forcez pas le stylite à déserter sa tour et ne tourmentez pas le solitaire : ils sont au service de Dieu. Ne coupez pas les arbres fruitiers, n’endommagez pas les récoltes et ne mutilez pas les animaux domestiques, peu importe leur taille. Si une ville ou un peuple vous accueille à bras ouverts, engagez-vous solennellement à les gouverner selon les lois et les pratiques qui étaient leurs avant votre arrivée… Mais faites la guerre à ceux qui ne vous font pas bon accueil. Ce faisant, assurez-vous de respecter toutes les lois et les commandements de Dieu qui vous seront dictés par la bouche de nos prophètes, faute de quoi vous risquez d’attirer la colère de Dieu ». 

 

© X.Jardez et G. Munier – Traduction en français et notes

 

Traduction des entretiens précédents

sur le blog

 

Par Gilles Munier
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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /2010 11:38

L’alliance stratégique

israélo-américaine

par Xavière Jardez

 

L’alliance stratégique est l’axe autour duquel s’est développée et se développe toujours  la politique américaine à l’égard d’Israël depuis des décennies, et qu’Obama, même si, personnellement, il y était opposé , ne pourrait ignorer.

 

D’autant moins que, lors de la prétendue crise entre Israël et les Etats-Unis sur la poursuite de l’extension des colonies dans Jérusalem-Est, plus des trois-quarts des Sénateurs dont 33 démocrates et 333 Représentants de la Chambre, principalement Républicains, ont signé une lettre adressée à Hillary Clinton lui demandant « de réaffirmer les liens intangibles qui unissent les Etats-Unis et Israël » car « Israël a été un allié et un ami consistant et sûr qui a aidé les Américains à promouvoir leurs intérêts. ». Sentiment d’ailleurs réaffirmé par Joe Biden au cours de sa dernière visite en Israël : « Des progrès sont faits au Moyen-Orient lorsque il n’y a simplement aucun espace entre les Etats-Unis et Israël ». Sans commentaire, sauf à citer les propos de Barack Obama dans Haaretz du 25.04.2010 : «… la relation spéciale entre les Etats-Unis et Israël nous oblige à les aider à trouver les partenaires crédibles avec lesquels ils pourront faire la paix tout en soutenant Israël à se défendre… ». Aussi déterminé que Bill Clinton, aussi  solide que George W. Bush et aussi amical que Rudolph Giuliani, ancien maire de New- York.

 

Quels sont ces intérêts qu’Israël a si ardemment protégés que la grande puissance américaine ne pouvait protéger elle-même et qui a donné carte blanche à l’Etat juif pour passer outre à toutes les résolutions du Conseil de sécurité, ayant reçu à 32 reprises le veto US, pour, dernièrement, rejeter d’une chiquenaude ses protestations sur la poursuite de la colonisation des territoires occupés, pour s’abstenir de participer à la réunion sur le Traité de Non Prolifération, qu’il avait à plusieurs reprises promis de signer, traité qui vient à renouvellement en juin prochain ?

 

Si la guerre de 2003  en Irak avait pour finalité le contrôle du pétrole irakien par les Etats-Unis, - et donc le renversement de Saddam Hussein -, il est un fait certain qu’Israël a beaucoup œuvré à leur ouvrir les champs pétrolifères du Kurdistan avec pour avantage collatéral la réouverture de l’oléoduc entre Kirkouk et Haifa, sur la Méditerranée, fermé depuis la création de l’Etat hébreu. Et ce, grâce à la collaboration intéressée du clan kurde de Barzani tout au long de ses affrontements avec les différents régimes irakiens, ce qui conduit, à l’heure actuelle, à une quasi partition de l’Irak.

 

Une aide financière

de plus de 114 milliards de dollars

Mais le jeu politique d’Israël a été considérablement plus important dès la guerre de Suez en 1956 qui a permis d’éliminer du Moyen-Orient la puissance en déclin qu’était la Grande –Bretagne au profit des Etats-Unis, promus champions de la paix. La guerre de juin 1967 a été le tournant de l’aide américaine à Israël : « Agissant pour le compte des Etats-UnisIsraël a aidé à contenir l’expansion de l’Union Soviétique dans la région et infligé d’humiliantes défaites aux clients de cette dernière, l’Egypte et la Syrie, et… a occasionnellement protégé d’autres alliés des Etats-Unis (comme la Jordanie du roi Hussein) Ses prouesses militaires ont obligé Moscou à dépenser plus pour soutenir les perdants de sa clientèle. Israël a aussi fourni aux Etats-Unis du renseignement utile sur les capacités soviétiques » (1).

 

Cette aide américaine directe que certaines estimations conservatrices évaluent à 114 milliards de dollars (données de 2008) depuis la création de cet Etat était, jusqu’à Obama, une aide militaire et financière. Elle n’est plus que militaire depuis, par incorporation des fonds réservés au secteur économique. Ce chiffre d’ailleurs n’est qu’approximatif car certaines aides sont enfouies dans les divers budgets des agences américaines, dont notamment celui du Département de la Défense ou du Trésor sous des formes variées, notamment en termes de garanties d’emprunt. Ce qui permet à Israël d’emprunter à des conditions spéciales et à des taux d’intérêt préférentiels. S’ajoute à cette manne, le Mémorandum of  Understanding (MOU) de 1975 signé par Kissinger et renouvelé tous les cinq ans qui prévoit que les Etats-Unis maintiendront une réserve stratégique de pétrole pour Israël en cas de crise d’une valeur de 3 milliards de dollars (2002) et ce, même au détriment de l’approvisionnement national. Notons qu’au cours de la guerre froide, les Etats-Unis finançaient l’écart de prix payé par Israël pour le pétrole qu’il importait d’Union soviétique.

 

Obama n’a pas coupé

le flot d’armes livrées à Israël

Israël a toute liberté pour dépenser 26,3% de cette aide à des opérations en tous genres sur son territoire -  extension de colonies par exemple - sans aucun contrôle, et développer une industrie militaire très sophistiquée. Israël est ainsi devenu un des principaux marchand et exportateur d’armes (le 9ème, selon le Congrès) et, en cas de nécessité, vers des pays interdits par le Congrès. On se souvient des remous de l’Irangate dans les années 1980, sous Reagan, quand Israël avait, en pleine guerre Iran-Irak, fourni des armes américaines à Khomeiny en totale violation de son accord de non-réexportation qui ne fut absolument pas sanctionnée par le gouvernement US.

 

Cependant, les Etats-Unis trouvent dans cette architecture un bénéfice indéniable car Israël est contraint d’investir 75% des fonds ainsi alloués à produire, sur le sol américain, des composants militaires afin de maintenir l’emploi dans l’industrie de l’armement américain.

 

Lors du budget 2010, Obama et le Congrès ont approuvé des fonds additionnels, 25% de plus par rapport à l’administration Bush, - une enveloppe de 30 milliards de dollars sur 10 ans depuis 2007 - pour les industries de défense de l’Etat juif notamment, pour le développement de technologies dans le domaine des missiles de défense : le projet Arrow 2 déjà utilisé par l’aviation israélienne et le projet Arrow 3, système d’interception de missiles balistiques du système de défense Iranair, en cours de production, sont le fruit de la coopération de Boeing avec l’IAI (Industrie aéronautique israélienne), financé par les Etats-Unis à hauteur de 80%.

 

Devant cette prodigalité américaine, des stocks d’armes à libre disposition d’Israël, l’accès à des renseignements, refusés aux alliés de l’Otan, ou à de la haute technologie, on est surpris de « l’apathie affichée » des gouvernements US face à la politique d’apartheid d’Israël en Palestine et à son occupation illégale de la Cisjordanie, de Jérusalem Est depuis plus de 42 ans et au  boycott de Gaza. Et pourtant, le Arms Export Control Act (la loi sur le Contrôle de l’Exportation des Armes) de  1976 passé par le Congrès prévoit que les armes américaines ne doivent servir qu’à des fins de sécurité intérieure ou de légitime défense et ne peuvent conduire à la fabrication d’armes de destruction massive ou au terrorisme!! Bombes à fragmentation, F-16 ou missiles ont servi à tuer des civils ou à assassiner à l’intérieur des frontières de la Palestine ou de Gaza des leaders des mouvements de libération, Cheikh Salah Shahada ou Cheikh Yassine, etc… Obama n’est pas en reste qui n’a pas coupé le flot d’armes en direction d’Israël même après le rapport d’Amnesty International sur les crimes de guerre de ce pays lors de l’agression contre la bande de Gaza en 2007-2008.

 

150 têtes nucléaires

Fermer les yeux semble être le moteur de cette alliance stratégique pour laisser à Israël le champ libre en matière nucléaire afin de préserver l’hégémonie israélienne en ce domaine au Moyen-Orient  ou le droit de les utiliser en premier. D’où le bombardement du réacteur Osirak en Irak en 1982.

 

C’est ainsi qu’au cours d’une conférence de presse, en février 2008, Obama, à une question sur l’existence au Moyen-Orient d’un pays nucléarisé, avait évité de répondre alors que l’ancien Président Jimmy Carter avait confirmé, le 25 mai 2008, qu’Israël détenait 150 têtes nucléaires. Le stock doit certainement inclure des têtes pour les missiles Jéricho 1 et 2 ainsi que des bombes pour l’aviation et d’autres armes tactiques nucléaires. Tous les documents américains sont encore classés top-secrets alors que  cette qualification d’Etat nucléaire n’est plus qu’un secret de polichinelle.

 

Kissinger était le fervent partisan et défenseur de la détention par Israël d’armes nucléaires dès 1969. Les Américains avaient, en 1958, opéré des vols de reconnaissance sur Dimona et savaient ce qui s’y tramait. La visite de la CIA de Dimona, à la veille de la guerre dite des Six Jours, en 1967, confirmait qu’il ne fallait que six semaines à Israël pour assembler une bombe. Mais, ce rapport présenté par le Directeur de la CIA, Richard Helms, fut tenu secret par le Président Johnson pour permettre la signature du Traité de Non-Prolifération en juillet 1968 par 65 nations, et plus dans les deux années qui suivirent. Or, Israël n’a pas signé le Traité de Non-Prolifération et pour cause. « (Il) n’est plus un problème de prolifération ; il est déjà proliféré » avant même le Traité, concluait Seymour Hersh dans son livre « L’Option Samson ».

 

L’idée selon laquelle Israël ne recourrait pas à l’option nucléaire en cas de conflit est balayée par la réalité : en 1967, Eshkol, Premier ministre, avait ordonné à l’armée israélienne d’armer les deux bombes disponibles et en 1973, craignant la défaite, les Israéliens avaient assemblé treize bombes atomiques de 20 kilotonnes.

 

Non seulement rien en n’a été fait pour interrompre le programme nucléaire israélien, mais l’ambassadeur US en Israël de 1961 à 1973, Walford Barbour  pensait que sa mission était de protéger le Président des Etats-Unis de constatations qui l’obligeraient à agir sur cette question du programme nucléaire d’Israël. « Il ne veut pas qu’on lui apprenne de mauvaises nouvelles ». Et pourtant, des moyens existaient en la forme de l’Amendement Symongton de 1976 : cet amendement interdit de fournir toute  aide militaire et financière à un pays dont il est prouvé qu’il s’équipe en technologies ou équipements pour l’enrichissement de l’uranium en dehors d’un cadre international. La loi permet, cependant, au Président de passer outre à cette interdiction s’il estime que l’arrêt de ces aides mettrait en danger la sécurité nationale des Etats-Unis. C’est ainsi que le Pakistan, avait, par deux fois, essuyé des sanctions de la part des Etats-Unis pour ne pas avoir respecté ces obligations et lancé son programme nucléaire.

 

Ceci exposé, on est en droit de s’interroger sur l’absence de réactions des gouvernements US face aux continuelles violations du droit américain et du droit international par Israël, indépendamment de l’existence du puissant lobby pro-israélien, AIPAC, aux Etats-Unis. Faut-il chercher ailleurs, dans d’autres champs, l’origine de la puissance d’Israël sur l’establishment US ?

 

On ne peut alors que protester avec  véhémence des « accusations » portées contre  à la Syrie de vouloir fournir des missiles au Hezbollah pour sa défense et celle du Liban, quand Israël ploie sous le poids des armes et de la technologie américaines mises à sa portée.

 

(1) Le lobby israélien et la politique étrangère américaine, par J. J. Mearsheimer et S. M. Walt, mars 2006. 

http://www.huffingtonpost.com/josh-ruebner

 

Par Gilles Munier
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /2010 08:04

L’omerta médiatique

par Gilles Munier

(Afrique Asie – mai 2010)

 

Le 7 mars, les bureaux de vote à peine ouverts, les agences de presse annonçaient que les Irakiens bravaient le terrorisme pour mettre leur bulletin dans l’urne. Depuis deux mois, le bilan de Nouri al-Maliki en matière de sécurité était présenté comme positif. Autrement dit, on avait l’impression que ne restait dans la clandestinité que l’ « Etat islamique d’Irak », dont fait partie Al-Qaïda au Pays des deux fleuves, accusé des attentats aveugles à Bagdad (25 janvier - 37 morts), à Baqouba (3 mars - 33 morts) et à Nadjaf (6 mars - 3 morts) ; et soupçonné de ceux du 26 janvier, du 1 février et du 6 mars à Bagdad (respectivement 54, 22 et 36 morts). Telle n’était évidemment pas la situation.

 

Entre le 1 janvier et le 7 mars, heyetnet.org, l’agence de presse du Front du Djihad et du Changement, un des principaux regroupement résistant, a rendu compte d’une trentaine d’opérations conduites par les Brigades de la Révolution de 1920, Ansar al-Sunna, l’Armée des moudjahidine, l’Armée al-Rashidin, l’Armée Tabi’in et la Ligue al’Iraq al-Jihadiya, à Bagdad, Bassora, Tikrit, Taji, Kirkouk, Baqouba… c'est-à-dire pratiquement dans tout le pays. Qui en a entendu parlé* ? Il s’agissait d’attaques au mortier de la Zone verte, de quartiers généraux des forces américaines, des ambassades américaine et britannique, d’aéroports. Des véhicules blindés ont été détruits, des G.I’s et des auxiliaires irakiens tués.

 

Pas de solution sans la résistance

Les journalistes occidentaux n’ont aucune excuse pour expliquer ce silence. A la différence des autres fronts de la résistance, tous aussi actifs, mais qui méprisent les médias ou communiquent mal, le Front du Djihad et du Changement alimente régulièrement son site d’information en anglais sur Internet. Harith al-Dari, son porte parole, secrétaire général de l’Association des Oulémas musulmans, réagit rapidement aux événements. Par exemple, il n’a pas hésité à condamner en janvier l’assassinat d’un cheikh de la tribu Obeid à Abou Ghraib, puis l’attentat visant des pèlerins chiites à Kerbala le 4 février (40 morts). Il a commenté les résultats des élections législatives, mais ses analyses ne retiennent pas l’attention de la presse occidentale. Pourtant, tout le monde sait qu’aucune solution n’est possible en Irak sans un dialogue avec la résistance.

 

En revanche, la moindre déclaration de Omar al-Baghdadi, improbable dirigeant de l’Etat islamique d’Irak, tué pour la énième fois mi-avril, était rapportée avec célérité. Question d’attaché de presse, sans doute ! C’est, en effet, SITE Intelligence Group qui transmet ses communiqués aux médias. Cette société basée à Houston (Texas), dirigée par Rita Katz, juive d’origine irakienne, diplômée de l’université de Tel-Aviv, surveille les activités des organisations islamiques radicales sur Internet pour le compte de Pentagone et du FBI.

 

Pour que l’omerta sur les activités de la résistance irakienne cesse, les médias devront attendre le feu vert du Pentagone. Cela n’en prend pas le chemin. Depuis le 7 avril, parallèlement aux attentats attribués à grand bruit à Al-Qaïda - alors que Téhéran serait impliqué - la résistance a revendiqué une à deux opérations par jour sans que la presse en rende compte. Tant que 50 000 GI’s seront basés en Irak et que l’Iran manipulera ses agents locaux, la résistance ne déposera pas les armes. Eric Olson, commandant l’U.S. Special Operations Command, le sait. Au lendemain des législatives, il a annoncé que le « retrait » d’Irak ne concernerait pas 4 500 membres des Forces spéciales.

Lien avec Afrique Asie:

/images_articles//AA54/Irak.pdf

* Pour info:

 

Opérations signalées

par le Front du Djihad

et du Changement

en avril 2010

1 avril

11h12 : Explosion d’un  IED (Engin explosif improvisé) au passage d’une patrouille américaine à Diwaniya (sud de l’Irak).

11h26 : Tir d’un missile C5K sur une base américaine à l’ouest de Bagdad par Jaish al Tabi’in (Armée des Croyants).

16h33 : Attaque d’une patrouille américaine près de la mosquée al-Kabeer, à Tikrit.

2 avril 

16h09 : Explosion d’un IED au passage d’une patrouille américaine à Tikrit.

16h33 : Deux mercenaires étrangers (contractors) tués à l’ouest de Bagdad, lors de l’explosion d’une bombe au passage de leur convoi.

3 avril

23h42 : Tirs de mortiers sur la Zone verte à Bagdad.

5 avril

18h06 : Mort d’un soldat américain à Bagdad, répertoriée comme « accident ».

7 avril

10h04 : Destruction d’un véhicule blindé, au centre de Kirkouk.

11 avril

10h32 : Attaque d’une base américaine à la roquette Katyusha, à Al Musayyeh (nord de Babylone)

10h38 : L’Armée Rashedeen attaque un véhicule blindé à Abou Graib, tuant ou blessant des membres de son équipage.

10h43 : Explosion d’un IED au passage d’une patrouille américaine à l’est de Baquba.

10h49 : L’Armée Rashedeen diffuse la vidéo du tir de deux missiles Grad sur une base américaine située près de l’aéroport de Bagdad.

11h18 : Attaque d’une patrouille américaine à Mossoul, alors que les troupes d’occupation ont soi-disant quitté les villes : un Hummer endommagé, des militaires tués ou blessés.

11h22 : Attaque de base aérienne américaine Al-Huriya à Kirkouk avec des roquettes Katyusha.

11h56 : Attaque de plusieurs patrouilles américaines à Al Dabs (ouest de Kirkouk), à l’occasion du 7ème anniversaire de l’occupation de l’Irak : tirs d’obus de mortiers et de missiles C5K, explosions d’IED.

12 avril 

12h49 : Explosion, à  Bagdad, d’une bombe au passage d’une patrouille américaine et de militaires gouvernementaux.

14 avril

7h31 : Explosion d’un IED au nord de Ramadi au passage d’un véhicule de police.

15 avril

7h36 : Un policier irakien tué à Mossoul par un tireur qui parvient à s’échapper.

7h41 : Cinq soldats du régime de Bagdad blessés par une bombe, à Jalawlaa (sud-ouest de Qanaqin).

20 avril

9h03 : Tir de 2 rochets sur Camp Echo, à l’ouest de Diwaniya.

21 avril

7h58 : Explosion d’un IED au passage d’un convoi américain, à Wassit.

8h06 : Destruction d’un Hummer de l’armée irakienne, au nord de Hilla (province de Babylone).

22 avril

7h35 : Cinq policiers gouvernementaux blessés par l’explosion d’IED, au sud-est de Baquba.

26 avril

19h38 : Explosion d’une bombe au passage d’une patrouille de policiers gouvernementaux, au sud-ouest de Kirkouk.

19h52 : Explosion d’un IED lors du passage d’une patrouille, à Diwaniya.

Par Gilles Munier
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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /2010 16:17

La chute - Interrogatoires

de Saddam Hussein par le FBI

Une traduction française tendancieuse

 

Pour ceux qui ont lu, en anglais, le rapport de George Piro sur ses entretiens avec Saddam Hussein, de février à mars 2004, la version française publiée par les Editions Inculte* pose le problème de la fidélité due à un document historique. En effet, l’étonnement du lecteur bilingue va grandissant à mesure qu’il découvre les modifications apportées au témoignage, les passages tronqués… Pourquoi, par exemple, avoir sauté le paragraphe sur l’opération militaire simulée informatiquement, organisée début 1990 par le général Norman Schwarzkopf, qui annonçait la Première guerre du Golfe ?

 

Présenter l’ouvrage comme des "Interrogatoires" plutôt que des "Entretiens" annonce la couleur. Pour le FBI et pour Saddam qui en avait fait une condition, il s'agissait d'un dialogue. Certes, la traductrice rend plus fluide la lecture d'un texte original austère. Les lourdeurs et les répétitions inhérentes à tout rapport de police - le contenu primant sur la forme - il allait de soi de les gommer. Mais, elle met sa probité intellectuelle en question en plaçant dans la bouche de Saddam des expressions comme « guerre du Kippour» », au lieu de « guerre d’Octobre ou du Ramadan », et « Golfe persique » au lieu de « Golfe arabe ». Là, on ne peut plus parler de traduction, mais d’adaptation tendancieuse…

 

Jean-Pierre Luizard, chercheur au CNRS, n’a sans doute pas lu le texte qu’il a préfacé, à moins qu'il ne faille mettre son aveuglement sur le compte de son tropisme pro-iranien ! On est en tout cas en droit de se demander si le but de cette version orientée n’est pas de justifier la diabolisation de Saddam Hussein et, a posteriori, l’agression américaine. Titrer le livre : « La chute », référence au film sur les derniers jours de Hitler, n’est évidemment pas innocent.

                                                                          G.M

 

 * La chute - Interrogatoires de Saddam Hussein par le FBI – Ed. Inculte – 17 euros

Paru dans Afrique Asie – avril 2010

Lire sur le même sujet (Afrique Asie – Janvier 2010) :

- Introduction : Saddam Hussein face à l’Histoire

- Qui est « Mr George » ?

http://www.france-irak-actualite.com/article-entretiens-fbi-saddam-hussein-introduction--42995117.html

- Les interrogatoires de Saddam Hussein par le FBI, traduits par Xavière Jardez – notes de Gilles Munier, sur France-Irak Actualité.

Par Gilles Munier
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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /2010 09:45

Saddam

Les secrets d’une mise à mort

par Khalil al-Douleïmi *

 

Khalil al-Doulaïmi avait promis à Saddam Hussein, dont il était le principal avocat, de rendre public ce qu’il lui révélait, notamment sur ses derniers combats : prise de Bagdad, débuts de la résistance, clandestinité, arrestation, rôle de l’Iran dans le guerre, détention, procès, plan d’évasion. L’auteur n’ayant pas assisté au face à face courageux du Président irakien avec la mort, a recueilli la relation faite par un témoin. En annexe, des documents apportent des éclairages inédits dont la presse internationale s’est bien gardée de rendre compte, comme la lettre de Moqtada al-Sadr remerciant Saddam pour les condoléances qu’il lui avait présenté après l’assassinat de son père, attribué aux Iraniens. De quoi s’interroger sur les mystères de Bagdad, quand on sait que le chef de l’Armée du Mahdi l’aurait accueilli d’un « Comment vas-tu tyran ! » le jour de l’exécution, et sans doute fait partie de ses bourreaux.

 

Saddam – Les secrets d’une mise à mort est le témoignage d’un patriote passionné, pour qui « les faits sont têtus » et toute vérité bonne à dire. C’est un document historique de première main, qu’il faut lire - et faire lire -  pour contrebalancer, ne serait-ce qu’un peu, la propagande véhiculée par les centaines de livres et les milliers d’articles diabolisant le président irakien et noircissant le régime baasiste. Comme l’écrit Geneviève Moll, ancienne rédactrice en chef des « Quatre vérités » sur Antenne 2, dans sa préface, l’ouvrage «explique la rancœur de la rue arabe à l’égard de l’Occident et pourquoi Saddam Hussein, depuis son exécution montrée d’une manière indécente sur toutes les télévision du monde, est devenu un martyr musulman ». 

                                                                      G.M

* Saddam, les secrets d’une mise à mort, par Khalil al-Doulaïmi - éditions Sand, 288 p.- 14 euros .

Paru dans Afrique Asie – mai 2010

Par Gilles Munier
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Présentation

Profil

  • Auteur du "Guide de l'Irak" (Ed. Picollec - 2000) et de "Les espions de l'or noir" (Ed.Koutoubia - 2009) A dirigé la traduction de "Zabiba et le roi", de Saddam Hussein (Ed.du Rocher)

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