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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 17:56

Par Daniel Iriarte (revue de presse: ABC – 17/12/11) *

ABC s’est entretenu avec des Libyens liés à l’ex djihadiste Belhadj qui se sont rendus en Syrie pour « évaluer » les moyens de soutenir l’insurrection.

Le milicien Brahim est soucieux, « Il y a un contrôle de l’armée à l’entrée de l’autoroute », lui dit la paysanne, ce qui signifie que les routes pour sortir de Djebel Zawi sont fermées. Nous craignions quelque chose de ce genre, parce que les très rares journalistes étrangers que nous sommes, avons décidé de quitter la Syrie pour éviter de rester coincés. Mais il parait que nous arrivons un peu tard. Finalement, à la tombée de la nuit, Brahim trouve une solution. Il mobilise trois voitures qui, en roulant de nuit, s’efforcent de trouver une route alternative. Après trois heures d’attente, ils réussissent à nous faire traverser les lignes « ennemies » par un autre point de passage. Brahim rit, satisfait : « l’Armée Syrienne Libre a trouvé une sortie ! » dit-il.

Le convoi nous emmène dans une ferme où nous attend un autre groupe qui va être évacué avec nous. C’est alors qu’arrive la surprise : ce sont trois Libyens qui, selon leurs propres termes, ne sont pas venus pour combattre mais pour « évaluer les besoins des frères révolutionnaires Syriens ». Les Libyens n’essayent pas de cacher leurs identités. Ce sont des hommes proches d’Abdelhakim Belhadj, actuel gouverneur militaire de Tripoli et ancien djihadiste lié autrefois à al-Qaïda.

L’un d’entre eux s’avère être une vieille connaissance des journalistes qui ont couvert la guerre en Libye : Mehdi al-Harati, ex commandant de la brigade de Tripoli qui a joué un rôle fondamental dans la prise de la capitale et le chute de Kadhafi. Le deuxième, Adem Kikli, dit travailler pour Belhadj et a passé presque une vingtaine d’années en exil au Royaume Uni. Le troisième, Fouad, semble être un garde du corps. « Nous sommes ici de notre propre initiative et à titre personnel, pas sur ordre de qui que ce soit », assure Adem. Et il souligne que Harati a renoncé publiquement à son poste à Tripoli le 11 octobre dernier. Adem affirme en outre qu’il était avec d’autres Libyens, « quelques dizaines », qui sont venus en Libye de leur propre chef pour aider les insurgés.

Harati est, sans aucun doute, un homme d’action. Ce personnage est entré en lice en participant à la Flottille pour Gaza au printemps 2010. « J’ai été blessé pendant l’assaut contre le Mavi Marmara et je suis resté neuf jours dans une prison de Tel Aviv » nous dit-il. En février, Harati, qui réside à Dublin et possède un passeport irlandais, a laissé femme et enfants et, avec d’autres exilés Libyens en Irlande, s’est rendu en Libye. Là-bas, il a créé la brigade de Tripoli, un groupe de combattants d’élite, entraîné par ces conseillers Qataris, qui ont combattu avec férocité dans la bataille finale pour la capitale.

ABC a, de plus, constaté son passage récent dans des endroits comme Bahreïn, le Soudan et Ankara, dont on ignore les objectifs. Il y a peu, Harati a été impliqué dans un épisode étrange quand, selon ses propres dires, une bande de voleurs a pénétré à son domicile, s’emparant d’une grande quantité de bijoux et de 200 000£ (environ 238 000€). Harati a déclaré à la police que beaucoup d’argent lui avait été donné par un agent de la CIA pour financer la lutte de son organisation contre Kadhafi. Le combattant avait laissé ces 200 000£ à sa femme au cas où il lui arriverait quelque chose, et avait emporté le reste en Libye.

Pendant notre fuite vers la frontière, les Libyens nous ont donné quelques indications sur leur présence en Syrie. « Si ce n’était que de nous, nous enverrions des armes aux Syriens dès demain. Nous n’en avons plus besoin », explique Harati. « Mais il faudrait les faire passer par la Turquie, et les Turcs ne peuvent pas le permettre parce qu’il n’y a pas de consensus à l’intérieur de l’OTAN », assure-t-il. A l’arrivée à la frontière, les trois Libyens disent qu’ils rentrent dans leur pays. C’est du moins ce qu’ils nous assurent.

Traduit de l’espagnol par Djazaïri

*http://mounadil.wordpress.com/2011/12/18/un-journaliste-rencontre-des-rebelles-libyens-en-syrie/

Source : Islamistas libios se desplazan a Siria para «ayudar» a la revolución

http://www.abc.es/20111217/internacional/abcp-islamistas-libios-desplazan-siria-20111217.html

Commentaire du traducteur

Daniel Iriarte, envoyé spécial du journal espagnol ABC en Syrie, a fait une curieuse rencontre : des Libyens venus se rendre compte des besoins des forces qui s’opposent au régime baathiste. Ce ne sont pas exactement n’importe quels Libyens, mais des cadres « rebelles ». C’est-à-dire des agents dûment stipendiés par les services secrets américains et britanniques et qui n’agissent que dans les limites que leur fixent leurs maîtres. Ils sont pourtant venus de leur propre chef sans avoir reçu d’ordre de qui que ce soit !

Les trois Libyens rencontrés par le journaliste d’ABC ne sont pas venus pour combattre. Ce qui n’est sans doute pas le cas de dizaines d’autres qui sont, selon eux, présents actuellement en Syrie. (Djazaïri)

 

Par Gilles Munier
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 08:41

Revue de presse : Blackstarnews – éditorial – 16/12/11 (extrait)

   Luis Moreno Ocampo, procureur général argentin de la Cour Pénale internationale, « a eu une conduite déplorable pendant la crise en Libye et ne devrait plus jamais être autorisé à mettre le pied en Afrique.

   1. Quand les rebelles affiliés à l’Otan ont lynché de prétendus partisans de Kadhafi dans les rue de Benghazi, dès le début de février, dont des ouvriers d’autres pays africains, Ocampo n’a pas ouvert la bouche alors que les tueurs plaçaient sur Youtube les vidéos de leurs atrocités acclamés par les foules.

   2. Quand ces mêmes rebelles ont décapité des ouvriers migrants africains, il n’a toujours pas soufflé mot, trop occupé qu’il était avec ses histoires honteuses, mensongères de viols au viagra sur CNN et le New York Times, qu’il a depuis démenties (1).

   3. Quand toujours ces mêmes rebelles ont, par l’intermédiaire d’une brigade du nom de « Brigade pour purger les esclaves et la peau noire »  procédé à un nettoyage ethnique de la population libyenne noire de Misrata, comme cela fut reporté dans le Wall Street Journal du 21 juin 2011(2), il n’a pas bronché.

   4. Et ce fut la même chose lorsque ces rebelles alliés de l’Otan ont nettoyé ethniquement la ville de Tawargha de ses 35 000 libyens d’origine africaine noire, brûlant leurs maisons sur lesquelles étaient peints les mots de « esclaves » et « nègres », selon l’article du Wall Street Journal du 13 septembre 2011(3), Ocampo n’a rien dit.

   5. Quand les dits rebelles, suivant l’exemple de l’Otan et de sa campagne de bombardements indiscriminés 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pendant des mois, ont rasé la ville de Syrte, de la même manière, et ensuite exécuté des douzaines de prisonniers, les mains liées dans le dos, le prétendu « procureur » n’a  rien dit.

   6. Quand enfin Kadhafi a été traîné dans les rues, sodomisé et lynché, pas un mot n’est sorti de la bouche d’Ocampo.

   7. Quand le journal britannique The Independent (4), a récemment mis en évidence que le nouveau régime pro-Otan de la Libye poursuivait ses crimes de guerre dont l’emprisonnement de femmes noires et d’enfants présentés  « comme des ennemis de l’Etat », Ocampo est resté muet, alors qu’il se trouvait à Tripoli lors de la parution du quotidien. »

   Et maintenant, Ocampo demande au CNT (Conseil National de Transition), d’« investiguer tous ces crimes »… C’est comme si on demandait à un Parrain d’enquêter sur les crimes de la Mafia.

Traduction et synthèse : Xavière Jardez – Titre: AFI-Flash

Source : On Quathafi Killing, Who Is ICC's Luis Moreno Ocampo Fooling? (Black Star News Editorial -16/12/11)

http://blackstarnews.com/news/135/ARTICLE/7853/2011-12-16.html

(1) UN investigates Gaddafi over mass rape policy  (vidéo : 1’06)

http://www.youtube.com/watch?v=Q3nPxElFZiU

(2) Libya City Torn by Tribal Feud

http://online.wsj.com/article/SB10001424052702304887904576395143328336026.html

(3) Revenge Feeds Instability in Libya

http://online.wsj.com/article/SB10001424053111903532804576564861187966284.html

(4) Leaked UN report reveals torture, lynchings and abuse in post-Gaddafi Libya

http://www.independent.co.uk/news/world/africa/leaked-un-report-reveals-torture-lynchings-and-abuse-in-postgaddafi-libya-6266636.html

Par Gilles Munier
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 17:40

Par la rédaction d'Al-Oufok (18/12/11)

   Les Français, "prisonniers d’une doxa au sujet de l’islam", sont "souvent ceux qui comprennent le moins le monde arabe", déplore, dimanche, le nouveau président tunisien, Moncef Marzouki, pour qui les craintes des Occidentaux à l’égard des islamistes d’Ennahda sont "absurdes". "J’ai très peu apprécié des considérations culturalistes, pour ne pas dire racistes, formulées à Paris par certains, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine qui se demande si l’Occident doit exporter sa démocratie. Comme si la démocratie était propre aux pays occidentaux", fustige Moncef Marzouki dans un entretien au Journal du dimanche. "L’esprit colonial, c’est terminé. La révolution de janvier 2011 nous a donné la démocratie, la République et finalement l’indépendance", ajoute-t-il.

  L’ancien opposant de gauche et défenseur des droits de l’homme, longtemps exilé en France, estime : "Les craintes à l’égard d’Ennahda sont absurdes. Notre société recèle une partie conservatrice et une autre moderne. L’expression politique du conservatisme, c’est l’islamisme. Vous avez des partis démocrates-chrétiens en Europe, nous avons un parti démocrate islamiste." Moncef Marzouki défend "le bon contrat de gouvernement" conclu avec les islamistes, qui, "pour la première fois, acceptent la démocratie et les droits de l’homme".
   "J’ai aidé à rapprocher les islamistes de la démocratie et des droits de l’homme ; eux m’ont influencé en me persuadant que vous ne pouvez pas réformer ce pays sans prendre en considération la religion et l’histoire", assure-t-il. Moncef Marzouki a nommé officiellement mercredi l’islamiste Hamadi Jebali, numéro deux du parti Ennahda, au poste de chef de gouvernement.

Source : Moncef Marzouki : "L’esprit colonial, c’est terminé" (Al-Oufok – 18/12/11)

http://www.aloufok.net/spip.php?article6166

Par Gilles Munier
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 11:38

Par Gilles Munier

  Le 11 décembre dernier, le « général » Khalifa Hifter est tombé dans une embuscade montée par la milice berbère de Zenten sur la route de l’aéroport international de Tripoli. Le coup ayant échoué, les agresseurs se sont dédouanés en déclarant qu’ils croyaient que le convoi militaire voulait les déloger de l’aéroport.

   Le 15, à Tripoli : nouvelle « méprise » ! Saddam, un des fils du « général », a été pris pour cible par la même milice. Un de ses gardes du corps a été tué. Lui, blessé de quatre balles dans les jambes, a été arrêté et hospitalisé. Le doute n’était plus permis : « on » en voulait à la vie du nouveau chef d’Etat major libyen.

   Les miliciens de Zenten s’attendaient-ils à ce que le « général » accoure au chevet de Saddam ? Le lendemain, 16 septembre, Belkacem, un de ses autres fils, est tombé dans une embuscade tendue sur le chemin de l’hôpital. Blessé dans la fusillade, il a été emmené au QG de la milice, près de l’aéroport.

   La nomination, en novembre dernier, du « général » Hifter au poste de chef d'état-major libyen a du mal à passer. Elle n’a toujours pas été confirmée officiellement, sans doute parce qu’on le soupçonne - depuis l’assassinat du général Abdel Fattah Younès auquel il serait mêlé, avec Mustapha Abdeljalil - de vouloir s’emparer du pouvoir. Son insistance pour obtenir le désarmement des miliciens -  estimés à 50 000 –  et son refus de les intégrer dans l’armée – sous prétexte qu’ils sont indisciplinés -  est troublante. Craint-il que les thowars de Zenten et de Misrata lui barrent la route ? A ceux qui l’interrogent sur ses projets, le « général » répond qu’il n’a d’autre souci que de servir son pays. Quant à ses relations avec la CIA, motus et bouche cousue: Khalifa Hifter n’a, bien sûr, aucun contact avec des services secrets étrangers. A d’autres…

Sur le même sujet, lire aussi :

Le « général » pro-CIA Hifter mitraillé par un commando berbère

http://0z.fr/0MTvp

La CIA aux commandes de l’armée libyenne

http://0z.fr/vl6u6

Actualisation:  20/12/11

A la différence du Djebel Nefousa, peuplé majoritairement de Berbères (Imazighen), la ville de Zenten (Vieux château, en amazigh), est habitée par des Berbères et des Arabes (ou des Berbères arabisés, comme il existe au Kurdistan irakien des tribus arabes kurdisées). Les rebelles arabes de Zenten ont rejoint ceux – berbères – de Yefren et de Jadu, deux mois après le début du soulèvement. A noter que les Zenten entretiennent de bonnes relations avec les Warfala – principale tribu libyenne - de Bani Walid  (pro-Khadafi) !

Par Gilles Munier
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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 07:26

Par Gilles Munier

La semaine dernière l’Algérie a refusé de laisser des drones français et américains survoler son territoire, arguant que les siens sont suffisants pour surveiller ses régions frontalières.  Selon le quotidien algérien Al-Khabar, les avions de reconnaissance occidentaux, sans pilote, partent d’une base secrète située dans le désert libyen, au sud de Katroune. Ils ont pour mission de signaler les déplacements d’éventuelles unités du Front de Libération de la Libye (pro-Khadafi) (1) et de traquer les djihadistes de l’Aqmi, mais aussi de lutter contre le trafic d’armes et d’explosifs dans une zone comprenant le nord du Niger et la région Araq al-Chass, sur la frontière de la Mauritanie et du Mali.

La chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya a diffusé une vidéo en arabe (2), rappelant que les drones utilisés par la France sont de fabrication israélienne. Il s’agit d’Eagle One, rebaptisés SIDM (système intérimaire de drone moyenne altitude longue endurance), suite à un accord de coopération avec EADS. Il vole à  7500 m d’altitude et transmet des images – jour et nuit - en temps réel.

Un autre drone, l’EuroMale d’EADS, ressemblant à l’Eagle Two d’Israel Aircraft Industries, vole à 13 000 m d’altitude. 

La coopération militaire franco-israélienne en matière de drone date de 1995, époque où François Léotard était ministre de la Défense.

(1) Le Front de Libération de la Libye s’organise dans le Sahel, par Franklin Lamb

http://www.france-irak-actualite.com/article-le-front-de-liberation-de-la-libye-s-organise-dans-le-sahel-88489719.html

 (2) Vidéo d’Al-Arabiya (11/12/11) – 1’53

http://www.algeria-isp.com/actualites/politique-libye/201112-A7555/libye-une-base-militaire-secrete-americaine-francaise-libye-katroune-video-voir-decembre-2011.html

Par Gilles Munier
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  • Ecrivain, journaliste indépendant, collaborateur du magazine Afrique Asie. Ouvrages: "Guide de l'Irak", "Les espions de l'or noir". A dirigé la traduction de "Zabiba et le roi", roman de Saddam Hussein.

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