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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Le fuel irakien et le mazout iranien bientôt au Liban

Publié par Gilles Munier sur 10 Septembre 2021, 07:36am

Catégories : #Liban

Par Scarlett Haddad (revue de presse : L’Orient-Le Jour – 9/9/21)*

Les regards des Libanais se tournent désormais vers l’Est, plus précisément vers la frontière avec la Syrie et vers l’Irak. Le mazout iranien et le fuel irakien devraient arriver au cours des prochains jours, vers la fin de cette semaine ou au début de la semaine prochaine, et chacun se demande lequel se concrétisera en premier.

Jusqu’à présent, aucune date précise n’a été avancée dans les deux cas, mais, selon ceux qui suivent ces dossiers, les premières cargaisons devraient arriver au plus tard la semaine prochaine, le mazout iranien par le biais de citernes syriennes et le fuel irakien par les voies maritimes traditionnelles, à partir du port de Bassora au sud de l’Irak. Le fuel irakien, qui devra être échangé pour un carburant adapté aux centrales électriques, devrait permettre à Électricité du Liban de fournir un plus grand nombre d’heures de courant dans toutes les régions libanaises, alors que le mazout iranien a déjà trouvé ses destinataires.

Les deux projets n’ont rien à voir entre eux, l’un est organisé par le Hezbollah, l’autre dans le cadre d’un accord entre l’État libanais et l’État irakien. Mais pour le Libanais moyen, ce qui compte, c’est que ses conditions de vie puissent s’améliorer.

La première cargaison de fuel irakien devrait être de 85 000 tonnes et elle devrait arriver au Liban très prochainement, à la suite de la signature d’un accord entre le Liban et l’Irak en juillet. Il a fallu du temps pour que le Liban achève les formalités nécessaires à l’importation de ce pétrole que l’État ne devrait payer que dans un an. Si tout se passe bien, d’autres cargaisons devraient suivre, car la transaction totale porte sur un million de tonnes. Le carburant irakien ne peut en effet pas être utilisé par les centrales libanaises en raison de sa trop forte teneur en soufre, d’où le choix des autorités de mettre en place ce système d’échange. C’est l’émirati ENOC qui doit donc recevoir la première cargaison du fuel irakien, soit 85 000 tonnes, et donner à EDL en contrepartie 30 000 tonnes de fuel oil grade B et 33 000 tonnes de gasoil.Concernant le mazout iranien, le Hezbollah a préparé des listes pour assurer l’approvisionnement de ceux qu’il considère le plus dans le besoin. Les responsables du parti dans la Békaa ont déjà dressé un état des lieux des besoins dans cette région et ils se sont adressés aux différentes municipalités dans la région de Baalbeck-Hermel pour recenser les plus nécessiteux. La priorité a été accordée aux hôpitaux et aux dispensaires médicaux. Mais les dirigeants régionaux du Hezbollah ont aussi interrogé les agriculteurs qui ont besoin de mazout pour faire fonctionner les pompes destinées à l’irrigation en cette période de récolte ainsi que les propriétaires des générateurs privés qui sont désormais devenus indispensables à la vie quotidienne pour pallier le rationnement sévère du courant public. De même, les responsables du Hezbollah ont demandé à ceux qui souhaitent se procurer du mazout iranien d’inscrire leurs noms sur des listes spéciales.

Selon les informations recueillies, la distribution du mazout iranien devrait se faire sous la supervision du Hezbollah, mais à part les hôpitaux et les dispensaires médicaux, toutes les autres parties qui veulent obtenir ce produit devraient payer le prix selon les tarifs officiels. Toujours selon ceux qui suivent ce dossier, les responsables locaux du Hezbollah auraient expliqué à leurs interlocuteurs qu’il ne s’agit pas pour le parti d’une transaction commerciale et que celui-ci ne cherche pas à faire des profits. C’est par le biais d’hommes d’affaires libanais établis en Iran que le Hezbollah a acheté ce mazout et il compte le revendre au prix de revient, en monnaie libanaise, pour aider la population qui subit les affres de la pénurie de cette matière essentielle.

Selon des sources proches du Hezbollah, la cargaison de mazout iranien serait de 29 millions de litres et le bateau parti du port iranien de Bandar Abbas est déjà arrivé au port syrien de Banias. C’est là qu’il devrait être amarré en attendant que sa cargaison soit transportée au Liban, à travers plusieurs convois successifs de citernes syriennes. Les sources précitées ajoutent que le mazout iranien sera confié à la société al-Amana, proche du Hezbollah, qui se chargera de la distribution, selon les priorités établies par le parti et selon les listes déjà dressées, sachant que l’hiver approche dans les montagnes. Par conséquent, les localités situées à plus de 1 000 mètres seront privilégiées, en matière d’approvisionnement en mazout, par rapport aux autres.

Toujours selon les sources précitées, jusqu’à présent, c’est la seule cargaison de mazout iranien prévue, les deux autres bateaux qui ont déjà pris la mer étant chargés d’essence. Mais si les besoins s’en font sentir, de nouvelles cargaisons de mazout pourraient être envoyées au Liban.

En principe donc, au cours des prochains jours, le Liban devrait être approvisionné en mazout et en fuel. Ce qui devrait augmenter le nombre d’heures de distribution de courant électrique. De plus, les ministres libanais, syrien, jordanien et égyptien de l’Énergie, réunis hier à Amman au sujet de l’acheminement du gaz égyptien vers le Liban, se sont mis d’accord sur un « plan de travail » concernant la préparation des infrastructures nécessaires à ce projet et la révision d’accords nécessaires à sa mise en place. Il est possible que ce plan se concrétise à partir d’octobre, selon certaines sources.Certes, il s’agit de processus totalement indépendants, mais le fait que ces nouvelles arrivent presque simultanément ne suscite pas la curiosité des Libanais. Ce qui compte pour eux, c’est de sortir ne serait-ce qu’un peu de ce cauchemar qu’ils vivent depuis des mois. D’ailleurs, l’expérience, ces derniers temps, leur a appris qu’à peine une crise est-elle (temporairement) résolue qu’une autre commence...

*Source : L’Orient-Le Jour

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