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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Explosions du port de Beyrouth : Circulez, il n’y a rien à voir !

Publié par Gilles Munier sur 13 Avril 2021, 10:12am

Catégories : #Liban

Revue de presse : Articles parus dans le quotidien L’Orient-Le Jour :

  1. « La demande de Nehmé d’exclure la piste terroriste suscite une polémique », par Zeina Antonios (OLJ - 12 avril 2021)

Plusieurs proches des victimes ont fait part de leur intention de porter plainte contre le ministre sortant de l’Économie.

Depuis qu’a été rendue publique, ces derniers jours, une lettre envoyée au juge d’instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, par le ministre sortant de l’Économie Raoul Nehmé, ce dernier est au cœur d’une polémique. Dans cette missive datée du jeudi 8 avril, M. Nehmé demande au juge en charge de l’enquête sur les explosions du port de Beyrouth de publier un « rapport officiel » excluant que des « actions terroristes ou belliqueuses » puissent être à l’origine du drame du 4 août, ce qui permettrait de débloquer le versement de compensations financières par les compagnies d’assurances. En conséquence de quoi le ministre est accusé par certains d’« ingérence » dans le processus judiciaire. Même si, face la polémique suscitée par sa missive, M. Nehmé s’est dit prêt à reformuler sa demande, les proches des victimes du port ont annoncé leur intention de vouloir porter plainte contre lui. « Certains responsables politiques veulent clore le dossier, nous n’accepterons pas qu’ils interfèrent dans le processus judiciaire. Nous allons porter plainte contre le ministre de l’Économie », confirme à L’Orient-Le Jour Youssef Mawla, dont le fils Kassem, employé du port de Beyrouth, a péri le 4 août dernier alors qu’il se trouvait sur son lieu de travail.

Une délégation formée de proches des victimes avait manifesté samedi devant la demeure de M. Nehmé à Achrafieh, l’accusant de « s’autonommer juge ». Dans sa lettre, qui porte l’en-tête de la Commission de contrôle des assurances, un organisme dépendant du ministère de l’Économie, M. Nehmé demande au juge de « publier un rapport officiel excluant que des actions terroristes ou belliqueuses puissent être la cause ayant mené à l’explosion du 4 août ». Et ce afin de lui permettre de « donner ses instructions aux compagnies d’assurances libanaises pour qu’elles versent des compensations financières, dans le respect des droits des citoyens assurés ». Dans son texte, le ministre rappelle que la majorité des compagnies d’assurances ne couvrent pas les dégâts dus à des actes de guerre ou terroristes.

Les proches des victimes montent au créneau

« Ils peuvent bien essayer de clore ce dossier, leurs tentatives n’aboutiront pas. Nous ne nous sentons pas concernés par leurs manœuvres », assure pour sa part Rima Zahed dont le frère Amine, un père de famille de 42 ans, avait été retrouvé dans la mer 30 heures après les explosions. Il avait succombé à ses blessures une fois à l’hôpital. « Nous sommes vigilants, nous ne permettrons à personne d’interférer dans l’enquête. Nous allons porter plainte contre Raoul Nehmé », affirme-t-elle, elle aussi, à L’OLJ. Le ministre sortant de l’Économie n’était pas disponible hier pour répondre aux questions de L’OLJ. Il a néanmoins publié, samedi, un communiqué dans lequel il assure que sa missive « ne vise pas du tout à s’ingérer dans la procédure judiciaire ». Le ministre se dit également prêt à la retirer et la reformuler. Il souligne que la lettre envoyée en son nom visait principalement à « insister sur l’importance que le rapport sur les causes de la déflagration soit publié le plus rapidement possible ».

*Source : L’Orient-Le Jour

________________

  1.   Polémique après une lettre de Nehmé au juge Bitar concernant les causes des explosions (OLJ – 10 avril 2021)**

Dans sa missive, le ministre sortant de l'Economie appelle le juge d'instruction à exclure l'éventualité d'un acte terroriste ou belliqueux, afin de permettre de débloquer les compensations par les assurances. 

Une polémique a éclaté en fin de semaine au Liban suite à l'envoi, par le ministre sortant de l'Economie Raoul Nehmé, d'une lettre au juge d’instruction près la Cour de justice Tarek Bitar, lui demandant de publier un "rapport officiel" excluant que des "actions terroristes ou belliqueuses" sont à l'origine de la double explosion du 4 août, ce qui permettrait de débloquer le versement de compensations financières par les compagnies d'assurance. L'envoi de cette lettre a été dénoncé par plusieurs parties comme une "ingérence" dans le processus judiciaire, ce qui a poussé le ministre à publier un communiqué dans lequel il se défend de toute ingérence et se dit prêt à reformuler sa demande. 

La lettre initiale, envoyée le jeudi 8 avril et qui porte l'en-tête de la Commission de contrôle des assurances, un organisme dépendant du ministère de l'Economie, est adressée au juge Bitar, "par l'intermédiaire de la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm". Dans cette missive, M. Nehmé demande au juge de "publier un communiqué officiel qui exclut les actes de terrorisme et de guerre comme causes ayant mené à l'explosion du 4 août". Cela afin de lui permettre de "donner ses instructions aux compagnies d'assurance libanaises afin qu'elles versent des compensations financières, dans le respect des droits des citoyens assurés". Dans son texte, le ministre rappelle que la majorité des compagnies d'assurance ne couvrent pas les dégâts dus à des actes belliqueux ou terroristes.

"Ingérence flagrante"

"Nous voulons faire savoir au ministre Raoul Nehmé que sa lettre adressée au juge d'instruction près la cour de justice constitue un délit, qui est sanctionné par une peine de prison pouvant aller jusqu'à trois ans et une amende", selon l'article 419 du code pénal, a twitté samedi matin l'avocat Nizar Saghieh, directeur de l’ONG Legal Agenda. Dans un second tweet, le juriste précise que l'article 419 renforce la peine pour les personnes exerçant une fonction publique, l'ingérence du ministre dans cette affaire pourrait être sanctionnée d'une peine de quatre ans et demi de prison et non trois. 

Pour sa part, le comité des proches de victimes de l'explosion a critiqué la demande du ministre, l'accusant de "s'auto-nommer juge" et de poser un "jugement anticipé qui innocente le terrorisme et l'ennemi sioniste (Israël, ndlr) du crime de l'explosion du port, sur un prétexte infondé". "Il ne s'agit pas seulement d'une ingérence flagrante et inacceptable dans les résultats de l'enquête, mais aussi d'un coup de poignard porté à notre cause nationale et nous ne pouvons pas nous taire", a ajouté l'association dans un communiqué.  Des familles des victimes ont également tenu un sit-in dans l'après-midi devant le domicile du ministre, au cours duquel elles ont annoncé leur intention de porter plainte contre M. Nehmé.

En réaction, ce dernier a affirmé que sa missive "ne visait pas du tout à s'ingérer dans la procédure judiciaire" et qu'il était prêt à la retirer et la reformuler. Il a souligné que la lettre envoyée en son nom par la Commission de contrôle des assurances voulait principalement "insister sur l'importance que le rapport sur les causes de la déflagration soit publié le plus rapidement possible". La ministre sortante de la Justice, Marie-Claude Najm, a pour sa part indiqué dans un communiqué qu'aucune lettre provenant du ministre Nehmé n'était parvenue à son ministère.

Les explosions dans le port de Beyrouth ont été provoquées par un incendie qui s'est déclenché dans le hangar 12, dans lequel étaient stockés, depuis des années, 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium. Elles ont tué plus de 200 personnes, fait plus de 6.000 blessés et ont détruit des quartiers entiers de la capitale libanaise. Quelques jours après la déflagration, le président libanais, Michel Aoun, avait évoqué la possibilité que ce drame ait été provoqué par une "intervention extérieure", parlant d'un éventuel missile ou d'une bombe. La France avait, elle, estimé que "suffisamment d'éléments objectifs" étaient réunis pour penser que la double explosion était d'origine "accidentelle". Quelques heures à peine après la catastrophe Tel Aviv avait de son côté démenti toute responsabilité. 

Le juge Tarek Bitar, qui est chargé de l'enquête sur la double explosion, a interrogé ces dernières semaines les 25 personnes actuellement en détention dans cette affaire et devrait statuer à partir de lundi sur leur libération. Il avait promis aux familles des victimes, après sa nomination le 20 février, de donner les conclusions de son instruction dans les trois semaines, un délai toutefois dépassé. 

Source** : L’Orient-Lejour

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