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France-Irak Actualité

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Analyses, informations et revue de presse. La situation en Irak, au Proche-Orient et du Golfe à l'Atlantique.


« A la disparition de l’Etat islamique, l’Irak devrait être divisé en trois Etats »

Publié par Gilles Munier sur 4 Juillet 2016, 07:15am

Catégories : #Kurdistan

Masrour Barzani
Masrour Barzani

Revue de presse : Agence Reuters – 16/6/16*

Tels sont les propos de Masrour Barzani, dirigeant du Conseil de Sécurité du Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK) et fils du président Massoud Barzani qui précise que l’Etat islamique défait, cette division de l’Irak entre des entités bien distinctes chiite, sunnite et kurde devrait intervenir afin de prévenir les bains de sang confessionnels.

Les troupes irakiennes ont repris à l’Etat islamique les villes importantes qu’il avait occupées en 2014 et s’avancent sur Mossoul, la plus grande ville sous contrôle islamique, et cette reconquête marquerait la fin du califat auto-proclamé par le groupe.

Mais, même si l’Etat islamique était éliminé, l’Irak resterait profondément divisé. La violence sectaire s’est poursuivie pendant des années et un accord de partage du pouvoir ne pourrait que conduire à l’insatisfaction, à la corruption et une impasse. Le degré de méfiance est tel qu’ils ne peuvent plus rester « sous le même toit ».

« Le fédéralisme n’a pas fonctionné, et, donc, on doit s’orienter vers une confédération ou une séparation » a plaidé Barzani au cours d’un entretien avec l’Agence Reuters, le 22 juin, dans la capitale kurde d’Erbil. « Si nous sommes trois états confédérés, nous aurons trois capitales à titre égal, et pas une au-dessus d’une autre ».

Les Kurdes ont déjà pris des mesures pour que leur vieux rêve d’indépendance puisse se réaliser : ils gèrent leurs propres affaires dans le nord et disposent de leurs propres forces armées, les Peshmerga, qui ont combattu les militants de l’Etat islamique aidés en cela par une coalition conduite par les Etats-Unis.

« Les sunnites devraient pouvoir opter pour un processus similaire dans les provinces où ils sont majoritaires dans le nord et l’ouest de l’Irak, » précise Barzani. « Ce que nous offrons est la solution. Cela ne signifie pas qu’ils vivent sous le même toit, mais ils peuvent être de bons voisins. Quand ils seront assurés d’avoir un avenir brillant et sûr, ils peuvent commencer à coopérer entre eux ».

Son père a appelé à un référendum sur l’indépendance du Kurdistan, cette année, en raison des désaccords financiers et territoriaux avec le gouvernement central. Bagdad a interrompu le versement des allocations du budget général au GRK afin d’obliger les Kurdes à vendre leur production de pétrole par l’intermédiaire de la compagnie pétrolière d’Etat et non par leur propre truchement. Les Kurdes prétendent aussi que la région pétrolifère du Kurdistan dans le nord de l’Irak fait partie de leur territoire.

Barzani pense que le sentiment de marginalisation des sunnites par le gouvernement chiite a facilité la capture de leurs territoires par l’Etat islamique. De plus, l’Irak a enduré des mois de querelles et de chaos après un changement de gouvernement supposé mettre fin à la corruption. En mai, la frustration engendrée par les délais a donné lieu à l’irruption sans précédent des protestataires dans la Zone verte qui abrite les résidences des parlementaires, des bureaux du gouvernement et des ambassades.

Avant la bataille pour Mossoul, Barzani est d’avis que les différentes communautés devraient se mettre d’accord sur la manière d’appréhender l’après-Mossoul. Mossoul comptait deux millions d’habitants, en majorité sunnites mais avec des minorités ethniques et religieuses de chrétiens, chiites, yézidis, kurdes et turkmènes.

La plupart des non-sunnites a fui la ville à l’entrée de l’Etat islamique avec des centaines de milliers de sunnites qui ne pouvaient vivre sous la férule de cet Etat ou ne pouvaient supporter le blocus financier de Bagdad sur les régions détenues par cette entité.

« Je pense que ce qui est le plus important est de savoir comment gérer Mossoul après la défaite de Daech, se référant au nom arabe de l’Etat islamique. Nous ne voulons pas voir l’étape de la libération et ensuite le vide qui, probablement, tournerait au chaos ».

Le premier ministre irakien, Haidar al-Abadi avait exprimé, à la fin de l’année dernière, l’espoir que 2016 verrait la « victoire finale » sur l’Etat islamique avec la capture de Mossoul.

*Source: Post-Islamic State Iraq should be split in three: top Kurdish official (By Maher Chmaytelli and Isabel Coles)

Traduction et Synthèse : Xavière Jardez

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