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France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

France-Irak Actualité : actualités du Golfe à l'Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak et du Golfe à l'Atlantique. Traduction d'articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne.


Une des raisons pour laquelle Ankara a abattu le SU-24 russe

Publié par Gilles Munier sur 25 Novembre 2015, 12:46pm

Catégories : #Syrie

Une des raisons pour laquelle Ankara a abattu le SU-24 russe

Par Gilles Munier/

Le Sukhoï Su-24 abattu par les F-16 turcs survolait très certainement le territoire de la Turquie, comme d’autres avant lui en dépit des avertissements turcs. A plus de 1 000km/h, difficile de bombarder au raz de la frontière sans mordre parfois sur le pays voisin.

L’Etat-major russe, du haut de l’arrogance propre aux grandes puissances, a eu tort de ne pas prendre au sérieux les récriminations de Recep Tayyip Erdogan – soutenues par l’OTAN - qui attendait l’occasion de répliquer aux bombardements russes sur une région syrienne peuplée en grande partie de Turkmènes.

Les Turkmènes de Syrie, comme ceux d’Irak, étaient présents au Proche-Orient bien avant la conquête de Constantinople par les Turcs ottomans. Les régimes baasistes au pouvoir à Bagdad et à Damas ont tenté en vain de les arabiser.

Après l’invasion américaine de l’Irak en 2003, les Turkmènes d’Irak se sont retrouvés sous la coupe des Kurdes de Massoud Barzani. Recep Tayyip Erdogan, considérant ce dernier comme un allié objectif dans son combat contre le PKK, leur a conseillé la modération au lieu de les armer. Résultat : en juin 2014, sur la route de Mossoul, l’Etat islamique en Irak et en Syrie – son nom à l’époque - a pris la ville turkmène de Tell Afar sans coup férir.

Fadel al-Hiyali, dit Abou Muslim al-Turkmeni, un des principaux adjoints d’Abou Bakr al-Baghdadi, né à Tell Afar, était un ancien officier turkmène de l’armée irakienne. Il a été tué en août dernier dans un bombardement américain.

A Amerli, autre ville turkmène d’Irak, convoitée à la fois par l’EI et les Kurdes de Barzani, les Turkmènes chiites n’ont dû leur salut qu’en appelant à l’aide la milice de Moqtada al-Sadr, la Brigade Badr de Hadi al-Amiri… et le général Qasem Soleimani, chef des Forces Al-Quds des Gardiens de la Révolution iranienne.

L'accès à la mer du Grand Kurdistan

En Syrie, les Turkmènes stigmatisés à nouveau après la rupture entre Bachar al-Assad et Recep Tayyip Erdogan, se sont rangés du côté de l’Armée syrienne libre, du Front al-Nusra ou de l’Etat islamique. Ils combattent le régime syrien et les Kurdes du PYD et du PKK qui cherchent à les expulser de leur région pour en faire l’accès à la Méditerranée du Grand Kurdistan.

N’en doutons pas, les bombardements russes intensifs faisaient des victimes « collatérales » dans des familles turkmènes dont les tribus s’étendent de part et d’autres de la frontière. Il fallait s’attendre à ce que la Turquie réplique un jour ou l’autre.

Photo : Drapeau turkmène

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