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France-Irak Actualité

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Analyses, informations et revue de presse. La situation en Irak, au Proche-Orient et du Golfe à l'Atlantique.


David Petraeus : «La Syrie est devenue un Tchernobyl géopolitique»

Publié par Gilles Munier sur 22 Octobre 2015, 15:04pm

Catégories : #Syrie

David Petraeus : «La Syrie est devenue un Tchernobyl géopolitique»

Revue de presse : El Watan – Algérie (22/10/15)*

«L’aviation russe ne vise pas les djihadistes de l’Etat islamique, mais l’opposition modérée et les combattants armés par Washington.» Telle est la conviction de David Petraeus, ancien commandant en chef des forces américaines en Irak. Pour cet ancien directeur de la CIA, «la Syrie est devenue un véritable Tchernobyl géopolitique».

Ancien commandant des troupes américaines en Irak après l’invasion de ce pays en 2003 puis directeur de la CIA de 2011 à 2012, le général David Petraeus a qualifié de «bonne» la décision prise par Barack Obama de prolonger le séjour des militaires US en Afghanistan jusqu’en 2017. Cependant, dans un entretien exclusif à France24, il a qualifié la situation qui prévaut en Syrie de «Tchernobyl géopolitique».

David Petraeus a estimé que l’Afghanistan reste une mission très importante pour les USA et que Barack Obama a pris une «bonne décision» en prolongeant la mission des 9000 militaires US dans ce pays : «C’est de là (Afghanistan, ndlr) que les attaques de Septembre 2001 ont été préparées et les attaquants formés. Nous ne voulons pas que l’Afghanistan redevienne un sanctuaire pour Al Qaîda et pour l’Etat islamique (EI).» Et d’ajouter : «Certes les forces américaines ont été réduites drastiquement de 100 000 soldats à 9000 aujourd’hui, mais chaque soldat américain sait ce qu’il doit faire avec l’aide des soldats afghans qui ont déployé beaucoup d’efforts pour sécuriser leur pays, au prix de nombreux sacrifices.»

S’agissant de la situation en Syrie, l’ancien commandant des forces américaines, devenu aujourd’hui investisseur et homme d’affaires, ne sait pas si ce pays vit un «tournant» ou pas après l’intervention des forces russes. «Mais ce qu’on voit, a-t-il expliqué sur France24, c’est qu’il y a une inversion de dynamique sur le terrain. Pourquoi les russes sont entrés dans cette guerre ? Pourquoi les Iraniens et le Hezbollah en font plus ?

Eh bien c’est parce que Bachar Al Assad, lentement mais sûrement, perdait du terrain.» «Si la Russie voulait garder sa seule base en Méditerranée à Tartous, il fallait donc quelle entre sur ce terrain pour renforcer le régime Al Assad de telle façon qu’il puisse mener une offensive», a analysé M. Petraeus. Il a ajouté que «contrairement à ce qu’a dit M. Poutine, les forces russes ne se battent pas contre les djihadistes de l’EI, mais 90% de leurs frappes visent l’opposition modérée sunnite et les éléments soutenus par les Etats-Unis».

Il faut inclure les sunnites en Irak

Pour l’ancien patron de la CIA, la Syrie est un problème extraordinaire et l’implication de la Russie rend la situation encore plus compliquée. «C’était déjà une guerre civile et ethnique, elle (la Syrie, ndlr) est devenue un Tchernobyl géopolitique ces dernières années. Il y a avait de la violence et de l’instabilité et maintenant on voit des millions de réfugiés qui fuient cette région et arrivent en l’Europe et dans le monde entier.»

Que faudrait-il faire pour mettre fin à cette crise ? «Il y a de nouvelles initiatives qu’il faut poursuivre pour arriver à un règlement négocié», répond M. Petraeus, qui se dit «très inquiet sur les perspectives de ce règlement». «Bien entendu, il n’y a pas de solution militaire au problème de la Syrie. Faire en sorte que Bachar Al Assad se sente plus fort et sur l’offensive ne va pas le pousser à faire des concessions.»

M. Petraeus s’est ensuite interrogé : «Qui va négocier au nom de l’opposition modérée et au nom des sunnites et des autres groupes terroristes ?»

A la question de savoir si le groupe Etat islamique peut être vaincu en Irak, l’ancien militaire américain a répondu «oui», mais à condition que Baghdad mette en place une politique inclusive de toutes les franges de la société. «Tant que les sunnites ne sont pas revenus dans le tissu de la société irakienne, l’armée de ce pays ne pourra pas faire reculer l’EI», a conclu M. Petraeus en guise d’avertissement.

Photo : David Petraeus, ancien directeur de la CIA

* http://www.elwatan.com//international/la-syrie-est-devenue-un-tchernobyl-geopolitique-22-10-2015-306012_112.php (El Watan - 22/10/15)

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