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France-Irak Actualité

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Analyses, informations et revue de presse. La situation en Irak, au Proche-Orient et du Golfe à l'Atlantique.


Crimes de guerre US et saoudiens au Yémen

Publié par Gilles Munier sur 11 Septembre 2015, 15:16pm

Catégories : #Yémen

Crimes de guerre US et saoudiens au Yémen

Par William Boardman (revue de presse : Investig’Action - 10 septembre 2015)

Les forces terrestres saoudiennes ont envahi le Yémen pour la première fois durant cette guerre le 27 août. Officiellement, le gouvernement saoudien désigne cette invasion comme une incursion qui sera limitée et temporaire. Le gouvernement saoudien a défini de la même façon les bombardements terroristes qui ont débuté le 26 mars et se sont poursuivis jusqu'à présent de manière quasi quotidienne. D'autres troupes étrangères ont envahi le sud du Yémen en soutien au gouvernement yéménite démis.

Parallèlement à l’invasion saoudienne, le gouvernement yéménite démis pousse maintenant des coups de gueule sous la protection de Riyad. Il affirme qu’il ne se prêtera à aucune négociation de paix jusqu’à ce que l’adversaire, qui ne dispose ni de force aérienne ni de force navale, rende les armes et se retire du territoire disputé. Cette "exigence" est conforme à la résolution du Conseil de Sécurité corrompu des Nations-Unies, passée en avril avec le soutien des Etats-Unis et des autres pays engagés dans la guerre au Yémen.

L’agression saoudienne contre le Yémen a été catastrophique pour ce pays, le plus pauvre de la région et pratiquement sans défense. Soutenue par huit autre régimes arabes dictatoriaux ainsi que par les Etats-Unis, l’alliance saoudienne a commis d’innombrables crimes de guerre et crimes contre l’humanité. L’assaut a coûté la vie à plus de 4.300 personnes (principalement des civils), a brutalement soumis la moitié de la population yéménite à la famine et à la pénurie d’eau et a démoli des sites du patrimoine mondial parmi les plus anciens du monde.

Le blocus naval mené par les Etats-Unis constitue un acte de guerre qui a coupé les importations de vivres en direction du Yémen, alors que ce pays n’a pas la capacité de cultiver suffisamment pour nourrir sa population. Le responsable du programme alimentaire de l’ONU a signalé le 19 août que le Yémen est au bord de la famine, ce qui fait du blocus naval étasunien un crime potentiel contre l’humanité. Le responsable humanitaire de l’ONU a rapporté au Conseil de Sécurité des Nations-Unies que "le niveau de souffrance humaine est presque incompréhensible". Ainsi que l’a rapporté ABC News :"Il a dit avoir été choqué par ce qu’il a vu : quatre Yéménites sur cinq ont besoin d’aide humanitaire, presque un million et demi de personnes sont déplacées dans le pays et les gens utilisaient des cartons en guise de matelas dans un hôpital où les lumières tremblotaient, la banque de sang était fermée et il n’y avait plus de gants en latex."

Comme la plupart des médias officiels, ABC News diffuse cette souffrance avec une certaine complaisance sans narrer franchement l’histoire de la guerre, ayant recours à des euphémismes évasifs tels que : "au moins 1.916 civils sont morts dans le conflit au Yémen, depuis son escalade du 26 mars" (avec emphase). C’est tout simplement malhonnête. Le 25 mars, le "conflit au Yémen" était en premier lieu une guerre civile (avec l’Etat Islamique et Al Qaïda en tant que parties prenantes).

Les Etats-Unis cultivent une nouvelle génération de criminels de guerre

Le 26 mars, l’alliance saoudienne soutenue par les Etats-Unis a transformé le "conflit" en une guerre internationale illégale, entreprenant un bombardement de saturation sur des populations sans défense en coordination avec le blocus naval censé affamer les rebelles jusqu’à leur reddition. Le "conflit" n’a pas, comme l’a écrit ABC, escaladé de lui-même : les Etats-Unis et la coalition saoudienne ont entamé une nouvelle guerre criminelle non-déclarée, vis-à-vis de laquelle les principaux criminels de guerre de huit pays (à commencer par le président Obama) ne devront probablement jamais rendre de comptes, pas plus qu’Obama n’a voulu tenir pour responsables Bush, Cheney et les autres criminels de guerre en Irak.

Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres observateurs des droits de l’homme ont rapporté des crimes de guerre dans le chef des différentes factions.

Un représentant d’Amnesty a déclaré : "Toutes les parties de ce conflit ont fait preuve d’un mépris impitoyable et indécent pour la sécurité des civils". "Toutes les parties" inclut les rebelles et le gouvernement yéménite en exil en Arabie saoudite, bien sûr. Mais il inclut aussi les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, l’Egypte, le Maroc, Bahreïn, le Qatar, la Jordanie, le Sénégal, le Pakistan et la Somalie. Si l’un de ces pays possède un mouvement pour la paix, il n’en montre guère les preuves.

La sponsorisation étasunienne de la guerre criminelle au Yémen comprend aussi une provision de bombes à fragmentation américaines, qui ont été déclarées illégales par la plupart des nations civilisées à travers le monde. Plus de cent pays ont signé le traité international d’interdiction des bombes à fragmentation mais les Etats-Unis, tout comme la Chine, la Corée du Nord, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Iran et Israël, ne sont pas signataires. Les Etats-Unis n’ont pas du tout pris part aux négociations sur ce traité. La principale utilité des bombes à fragmentation est qu’elles tuent des civils et continuent à en tuer bien après la fin de la guerre dans des endroits comme le Cambodge, l’Afghanistan, le Kosovo et l’Irak.

Human Rights Watch a, le 26 mars, appelé les bombardiers de la coalition saoudienne soutenue par les Etats-Unis, à cesser d’utiliser des bombes à fragmentation au Yémen. Un chercheur des droits de l’homme a déclaré : "Les munitions à fragmentation ajoutent au terrible coût civil dans le conflit yéménite. Les forces de la coalition devraient cesser immédiatement d’utiliser ces armes et adhérer au traité qui les interdit."

La réalité de la souffrance excède de loin la réalité des crimes de guerre Etats-Uniens

Les combats des cinq parties en présence au Yémen se poursuivent sans trêve et la couverture par les médias se nourrit de la souffrance (peut-être selon le credo : "plus ça saigne, plus ça attire", bien que le Yémen soit rarement en tête des nouvelles). Le reportage sur le terrain est entravé par une prohibition virtuelle…. (la suite sur Investig’action)

Photo: Un bombardement de Sanaa par la coalition américano- saoudite

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