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F.B.I

Entretiens

avec Saddam Hussein

« détenu

de haute valeur n°1 »

20 interviews et 5 conversations

ordinaires déclassifiées


Traduction intégrale

Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /2010 08:13

« Tuez Saddam Hussein ! »  

Les plans secrets du Mossad

(Afrique Asie – juin 2010)

 Pendant la Première guerre du Golfe, Saddam Hussein ayant fait tiré des missiles SCUD sur Israël, Yitzhak Shamir, Premier ministre, attendait son heure pour se venger. En juillet 1992, il chargea le Mossad et l’Unité secrète 262 de tuer le Président irakien. Nom de l’opération : Bramble Bush (Ronce) Elle fut implémentée par Ehud Barak, alors chef d’Etat major, ancien officier de la 262, planificateur de nombreux assassinats, dont celui du leader palestinien Abou Jihad à Tunis, en avril 1988.

Massacre dans un cimetière

Le 2 octobre 1992, le Mossad apprit que les jours de Khairallah Tulfah, oncle maternel et beau père de Saddam, étaient comptés. Barak fit construire dans le désert du Negev, sur la base de Tze’elim, une réplique du cimetière d’Al-Ouja, où il serait inhumé. Le commando qui s’y entraînait devait être déposé à proximité de Tikrit, avec des jeeps, par deux hélicoptères volant à faible altitude pour ne pas être repéré par les radars jordaniens et irakiens. Des éclaireurs s’approcheraient du lieu et confirmeraient au reste du commando, en position à 13km, la présence de Saddam aux funérailles. A leur signal, deux missiles anti-chars, guidés électroniquement, seraient tirés sur le cortège. Le commando rejoindrait les hélicoptères et quitterait l’Irak. En cas de capture, ils devaient se suicider.

Le 5 novembre – deux jours avant l’opération -  Barak invita des responsables militaires à assister à une répétition. Des membres du commando arboraient des uniformes irakiens, l’un d’eux jouait le rôle de Saddam, d’autres simulaient la foule. Mais le missile tiré n’était pas chargé à blanc… Bilan : cinq militaires tués, plusieurs blessés. Seul survivant : le faux Saddam !

L’opération fut annulée. Le capitaine Doron Kampel qui avait donné l’ordre de tirer, condamné à trois mois de prison avec sursis, dépité, émigra aux Etats-Unis. La censure militaire obligea les médias israéliens à relayer la version officielle : un accident d’entraînement regrettable, prélude à une opération visant Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah. Selon Shimon Peres, alors ministre des Affaires étrangères, le succès de Bramble Bush aurait déclenché une guerre mondiale si l’Irak s’était vengé avec des armes biologiques.

Opération Bramble Bush II

En 1998, le Premier ministre Benyamin Netanyahou, lui aussi ancien de l’Unité 262, avait besoin d’un coup spectaculaire pour faire oublier qu’en septembre de l’année précédente, il n’avait pas pu empoisonner Khaled Mechaal, représentant du Hamas à Amman. Deux membres du Mossad qui lui avaient injecté un poison, avaient été arrêtés et Israël, contraint, par le roi Hussein de livrer une antidote, sinon les espions seraient pendus.

Pour aider Netanyahou à remonter dans les sondages, le général Levine, nouveau n°2 du Mossad, son supérieur hiérarchique dans la 262, lui proposa un remake de Bramble Bush. Cette fois, un Hercules C 130, avec 40 commandos, empruntant un corridor échappant aux radars irakiens, se poserait sur un site près de Tikrit où, selon le Mossad, Saddam se rendrait. Des éclaireurs, postés aux abords, préviendraient l’équipe embusquée à distance de tirer leurs missiles dès qu’ils le verraient.

Bramble Bush II fut annulée suite aux 72 h eures de bombardement intensif de l’Irak de l’opération américano-britannique Renard du Désert, en décembre 1998. Question : après le meurtre de Mahmoud al-Mahbouh à Dubaï, qui seront les prochaines victimes du duo Netanyahou-Barak et des tueurs du Mossad ?

Lien vers Afrique Asie : /images_articles//AA55/Irak.pdf

* Mise à jour après parution de l'article: A la question de savoir qui seront les prochaines victimes du duo Netanyahou-Barak, la réponse ne s'est pas faite attendre: les militants humanitaires de la Flottille de la paix.

Et maintenant, à qui le tour?

Par Gilles Munier
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /2010 18:26

BREVE :

Le drapeau kurde bientôt hissé

le long des Champs-Elysées ?

Massoud Barzani, Président de la Région autonome du Kurdistan irakien, sera bientôt à Paris en visite officielle. Les Irakiens se demandent si Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner oseront faire hisser le drapeau kurde pour impressionner leur visiteur et engranger des contrats.

   Ces derniers jours, en Turquie, le chef kurde a fait retirer les drapeaux irakiens prévus sur son passage ou lors de ses entretiens officiels. Il exigeait qu’on les remplace par le drapeau kurde. Pour ne pas déplaire aux Irakiens, les Turcs ont préféré ne pas mettre de drapeau du tout.

   La position de Barzani est connue. Il a déclaré à Al-Taakhiquotidien du PDK, le parti qu’il dirige - qu’à moins « qu'un nouveau drapeau ne soit conçu pour l'Irak, qu'il adopte le nouveau, le drapeau de l'époque monarchique ou celui de la République du 14 Juillet, ou tout autre drapeau qui contienne un symbole indiquant que les communautés arabe et kurde sont les deux principaux groupes ethniques de l'Irak, l'actuel drapeau ne sera pas hissé au Kurdistan ». Pour lui, le drapeau irakien, même s’il a été modifié en janvier 2008, est celui du « régime de Saddam Hussein ».

Par Gilles Munier
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 11:38

Mettre en échec

le lobby pro-israélien

Comme l’avaient prévu les militants humanitaires en route vers Gaza, Israël a attaqué la « Flottille de la paix ». La décision avait été prise avant la visite qu’a effectuée Benjamin Netanyahou en France, fin mai. Nicolas Sarkozy - qui en avait été informé - n’a pas mis en cause la légitimité de l’opération. Il s’en est tenu à une simple dénonciation de « l’usage disproportionné de la force » par les Israéliens. Il est vrai que, comme le déclarait Dominique de Villepin, à l’émission Mots Croisés, le 2 juin, ce gouvernement est le gouvernement le plus favorable à Israël depuis la IVème République (1).

   Le bilan de l’intervention est tragique : neuf morts de nationalité turque, vingt-cinq disparus, de nombreux blessés. A Istanbul, la presse affirme que le commando israélien disposait d’une liste de personnalités à abattre. Le quotidien britannique The Guardian, qui a eu accès aux rapports d’autopsie des victimes,  a révélé que leurs corps étaient criblés de balles (2).

Spirale da la violence

   Benjamin Netanyahou (Likoud) et Ehoud Barak (Travailliste)anciens officiers des forces spéciales de l’Unité secrète 262 – voulaient  terroriser les militants qui cherchent à briser le blocus de Gaza, et au-delà, ceux qui réclament la restitution aux Palestiniens des terres colonisées et le jugement des criminels de guerre israéliens : c’est raté ! D’autres convois humanitaires auront lieu, soutenus par un nombre grandissant de personnalités d’horizons différents. Mais, si le tollé est international, des bémols apparaissent dès qu’est évoquée la possibilité de véritables sanctions. Les gouvernements occidentaux n’ont jamais osé contraindre Israël à appliquer les résolutions des Nations unies (35 depuis 1948) et les dirigeants de l’Etat hébreu se moquent de la dégradation de leur image. L’enquête sur cet acte de piraterie subira-t-elle le même sort que le rapport Goldstone de l’ONU sur les crimes de guerre commis par l’armée israélienne – plus de 1 600 tués - lors de l’opération Plomb durci à Gaza, fin 2008 (3) ? Il est aux oubliettes. Une agression de la Syrie et du Liban, ou le bombardement d’un site nucléaire iranien, étoufferont-ils l’émotion et la colère suscitées par le massacre des militants humanitaires ; comme l’attaque de la « Flottille de la paix » a occulté le refus d’Israël de déclarer ses missiles nucléaires ?

Pas de Français

dans l’armée israélienne !

   Certes, les proclamations militantes, les meetings et les manifestations sont nécessaires pour mobiliser l’opinion publique contre le blocus de Gaza et la colonisation de la Palestine, mais pas suffisants pour enrayer les activités du lobby pro-israélien en France. Que faire ? En dehors du boycott des produits israéliens (4), ou de rassemblements devant l’ambassade d’Israël,  il serait bon que le plus possible de Français écrivent :

1 – à leur député et à leur sénateur pour qu’ils demandent au gouvernement d’abroger le décret autorisant les extrémistes juifs à faire leur service militaire en Israël (5),

2 - au Président de la République et au Premier ministre, pour qu’ils ordonnent l’ouverture d’une enquête sur les pro-israéliens qui, sous couvert de double nationalité - française et israélienne - s’engagent comme mercenaires en Irak et en Afghanistan, ou servent de supplétifs au Mossad dans notre pays.

   Ces prises de position sont à la portée de tous. Elles seront efficaces, même si elles n’aboutissent - dans un premier temps - qu’à ouvrir le débat sur l’implication de Français dans les activités criminelles d’Israël.

 

(1) La Russie a qualifié l’opération de « violation grossière du droit  international », en clair d’acte de piraterie. En France, Dominique de Villepin, invité à un débat télévisé, a déclaré que « Rien ne saurait justifier une politique de force qui bafoue le droit international, qui bafoue la justice et qui bafoue les espoirs de paix ». Concernant le blocus de Gaza, il a ajouté que « rien ne saurait justifier que l’on prenne en otages des populations civiles ».

Vidéo : Dominique de Villepin condamne le blocus de Gaza et l’opération israélienne contre la « Flottille de la paix »:

http://2villepin.free.fr/index.php/2010/06/02/1516-dominique-de-villepin-invite-de-mots-croises-gaza-l-assaut-de-trop

(2) Gaza flotilla activists were shot in head at close range, par Robert Booth

http://www.guardian.co.uk/world/2010/jun/04/gaza-flotilla-activists-autopsy-results

(3) L’enquête décidée par les Etats-Unis à la suite de la mort d’un Américain d’origine turque aboutira-t-elle ? En France, la Brigade de la répression de la délinquance astucieuse (BRDA) enquête toujours sur les passeports français utilisés par le Mossad pour assassiner Mahmoud al-Mabhouh à Dubaï…

(4) Boycott d’Israël. Pourquoi ? Comment ? Edité par CAPJP0-EuroPalestine -3 euros (http://www.librairie-resistances.com)

Lire : Le boycott d'Israël commence à porter ses fruits, par Xavière Jardez (AFI-Flash – 2/6/09).

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Xaviere_Jardez.010609.htm

 (5) Les Français d’origine algérienne peuvent effectuer leur service militaire en Algérie, mais ce pays n’est pas en guerre permanente avec ses voisins.

 

Par Gilles Munier
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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /2010 21:38

Israël s’incruste en Irak

par Gilles Munier

(Afrique Asie – juin 2010)

Israël s’est vite rendu compte que les Etats-Unis perdraient la guerre d’Irak, et que les projets d’établissement de relations diplomatiques et de réouverture du pipeline Kirkouk- Haïfa promis par Ahmed Chalabi, étaient illusoires. Ariel Sharon a alors décidé, selon le journaliste d’investigation Seymour Hersh, de renforcer la présence israélienne au Kurdistan irakien afin que le Mossad puisse mettre en place des réseaux qui perdureraient dans le reste du pays et le Kurdistan des pays voisins, quelle que soit l’issue des combats.

Programme d’assassinats

   La participation israélienne à la coalition occidentale ayant envahi l’Irak est loin d’être négligeable, mais demeure quasiment secrète. Les Etats-Unis ne tiennent pas à ce que les médias en parlent, de peur de gêner leurs alliés arabes et de crédibiliser leurs opposants qui dénoncent le "complot américano-sioniste" au Proche-Orient.

   Des Israéliens ne sont pas seulement présents sous uniforme étasunien, sous couvert de double nationalité, ils interviennent dès 2003 comme spécialistes de la guérilla urbaine à Fort Bragg, en Caroline du Nord, centre des Forces spéciales. C’est là que fut mise sur pied la fameuse Task Force 121 qui, avec des peshmergas de l’UPK (Talabani), arrêta le Président Saddam Hussein. Son chef, le général Boykin se voyait en croisé combattant contre l’islam, « religion satanique ». C’était l’époque où Benyamin Netanyahou se réunissait à l’hôtel King David à Jérusalem avec des fanatiques chrétiens sionistes pour déclarer l’Irak : « Terre de mission »... En décembre 2003, un agent de renseignement américain, cité par The Guardian, craignait que la "coopération approfondie" avec Israël dérape, notamment avec le " programme d’assassinats en voie de conceptualisation ", autrement dit la formation de commandos de la mort. Il ne fallut d’ailleurs pas attendre longtemps pour que le premier scandale éclate. En mars 2004, le bruit courut que des Israéliens torturaient les prisonniers d’Abou Ghraib, y mettant en pratique leur expérience du retournement de résistants acquise en Palestine. Sur la BBC, le général Janis Karpinski, directrice de la prison révoquée, coupa court aux dénégations officielles en confirmant leur présence dans l’établissement pénitentiaire.

   La coopération israélo-américaine ne se développa pas seulement sur le terrain extra-judiciaire avec la liquidation de 310 scientifiques irakiens entre avril 2003 et octobre 2004, mais également en Israël où, tirant les leçons des batailles de Fallujah, le Corps des ingénieurs de l’armée étasunienne a construit, dans le Néguev, un centre d’entraînement pour les Marines en partance pour l’Irak et l’Afghanistan. Ce camp, appelé Baladia City, situé près de la base secrète de Tze’elim, est la réplique grandeur nature d’une ville proche-orientale, avec des soldats israéliens parlant arabe jouant les civils et les combattants ennemis. D’après Marines Corps Time, elle ressemble à Beit Jbeil, haut lieu de la résistance du Hezbollah à l’armée israélienne en 2006…

Les « hommes d’affaire » du Mossad

   En août 2003, l’Institut israélien pour l’exportation a organisé, à Tel-Aviv, une conférence pour conseiller aux hommes d’affaires d’intervenir comme sous-traitants de sociétés jordaniennes ou turques ayant l’aval du Conseil de gouvernement irakien. Très rapidement sont apparus en Irak des produits sous de faux labels d’origine. L’attaque par Ansar al-Islam, en mars 2004, de la société d’import-export Al-Rafidayn, couverture du Mossad à Kirkouk, a convaincu les « hommes d’affaires » israéliens qu’il valait mieux recruter de nouveaux agents sans sortir du Kurdistan, mais elle n’a pas empêché les échanges économiques israélo-irakiens de progresser. En juin 2004, le quotidien économique israélien Globes évaluait à 2 millions de dollars les exportations vers l’Irak cette année là. En 2008, le site Internet Roads to Iraq décomptait 210 entreprises israéliennes intervenant masquées sur le marché irakien. Leur nombre s’est accru en 2009 après la suppression, par le gouvernement de Nouri al-Maliki, du document de boycott d’Israël exigé des entreprises étrangères commerçant en Irak, véritable aubaine pour les agents recruteurs du Mossad.

 

 

Par Gilles Munier
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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /2010 19:21

Feuilleton post-électoral

à Bagdad

 

La Haute commission électorale indépendante (HCEI) a transmis à la Cour suprême, pour validation, les résultats des élections législatives du 7 mars, après avoir rejeté les recours déposés par les candidats et les partis floués.

   Après confirmation, la Cour suprême annoncera officiellement les résultats du scrutin et demandera au Président de la République – le chef kurde Jalal Talabani -  de réunir le Parlement, qui aura  15 jours pour élire son nouveau Président et 30 jours pour choisir le nouveau Président de la République. Après quoi, ce dernier aura 15 jours pour demander au groupe parlementaire majoritaire au Parlement de désigner un Premier ministre chargé de former un gouvernement.

   Toutes ces étapes sous-entendent des négociations entre blocs électoraux et entre les partis qui les composent. Elles sont assorties de marchandages, de chantages, de menaces de mort et d’assassinats, le dernier en date (24 mai) étant celui Bachar Hamid al-Agaydi, député de Mossoul élu sur la liste Iraqiya de Iyad Allaoui.

Talabani et Maliki

s’accrochent au pouvoir

   Jalal Talabani, malade et âgé de 77 ans, fait tout son possible pour demeurer en place. Oublié le temps où il déclarait à un ami qu’il avait « décidé de rester actif dans la vie politique jusqu'à 65 ans. Après, même si la nation me supplie, je me retirerai" (1). Non seulement personne ne le supplie, mais son pouvoir est contesté jusque dans son propre parti. Pour empêcher sa réélection, le Gorran (Changement), scission de l’UPK (Union patriotique du Kurdistan),  ne serait pas hostile à ce qu’un Arabe soit Président d’Irak, pourvu qu’un Kurde prenne la tête du Parlement, fonction autrement plus influente que la Présidence de la République.

   Nouri al-Maliki veut, lui aussi, se maintenir au pouvoir, envers et contre tous à commencer par ceux qui, dans le camp chiite pro-iranien, lui demandent de laisser la place à un candidat plus consensuel. La formation – à la demande de l’Iran - d’un groupe parlementaire comprenant les deux blocs chiites (Etat de droit – Sol-  et Alliance nationale Irakienne -INA), ne signifie pas qu’il est leur candidat naturel. Moqtada al-Sadr (majoritaire au sein de l’INA) a fait aussitôt savoir que Maliki ne représente que son propre parti Al-Dawa et que la commission chargée de désigner un Premier ministre n’est pas encore formée, les organisations politiques concernées ne s’entendant pas sur sa composition.

Dernières manoeuvres d’Al-Maliki

   Après avoir échoué à modifier les résultats de Bagdad en faisant recompter les bulletins de vote et invalider des candidats, Nouri al-Maliki aurait manigancé l’attentat qui a coûté la vie au député de Mossoul, afin de rogner l’avance de d’Iyad Allaoui (deux députés de plus). Enfin, et bien que la HCEI ait transmis le résultat définitif des élections à la Cour suprême, le Premier ministre - en sursis -  réclame maintenant l’invalidation d’un député de Bassora - Furat Muhsin Saeed – élu sur la liste de son allié l’INA, sous prétexte qu’étant policier il n’avait pas le droit de se présenter aux élections (2). L’intéressé a rétorqué qu’il avait préalablement démissionné. Mais, si la plainte est retenue, le député invalidé fera appel, et l’annonce officielle des résultats des législatives sera encore reportée. Ceux de la province seront recalculés en faveur d’Al-Maliki et au détriment de Moqtada al-Sadr, avec à la clé d’une nouvelle crise grave.

Kurdes et sadristes en position de force

   Ahmed Chalabi, à l’origine de l’invalidation de plus de 500 candidats et partis accusés de liens avec le parti Baas clandestin, se place dans la perspective d’un effacement de Nouri al-Maliki. Il s'imagine en candidat du camp pro-iranien  - par défaut -  s'il parvient à marginaliser le joker de ce dernier - Jaafar al-Sadr, fils  de l’ayatollah Muhammad Baqir al-Sadr, qui manque d'expérience - et l'ancien Premier ministre Ibrahim al-Jaafari.

   Iyad Allaoui, chef de la coalition Al-Iraqiya arrivée en tête du scrutin, joue la légalité électorale. Il réclame la stricte application de la constitution, c'est-à-dire l’obligation faite au futur Président de la République de le désigner pour former le nouveau gouvernement. Si c’est le cas, il s’estime en mesure de diriger le pays avec le soutien du bloc kurde (Barzani+Talabani), des députés indépendants du Gorran, voire même avec des membres du courant sadriste. Ayant l’embarras du choix, entre Nouri al-Maliki, un candidat pro-iranien plus consensuel et le pro-américain Iyad Allaoui, les partis d’appoint s’entendront avec le plus offrant. Du moins pour un temps, car les promesses électorales sont rarement tenues dans leur totalité.

 

(1) Lettre de Haval Kwestani à Mam Jajal (Oncle Jalal, surnom de Talabani) -  (KurdishMedia.com – 20/3/09) http ://www.kurdmedia.com/article.aspx?id=15556

(2) Iraq vote results face another possible delay, par Muhanad Mohammed et Waleed Ibrahim (Reuters)

http://news.yahoo.com/s/nm/20100527/ts_nm/us_iraq_election

Par Gilles Munier
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Présentation

Profil

  • Auteur du "Guide de l'Irak" (Ed. Picollec - 2000) et de "Les espions de l'or noir" (Ed.Koutoubia - 2009) A dirigé la traduction de "Zabiba et le roi", de Saddam Hussein (Ed.du Rocher)

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